vendredi 26 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2311155 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BEN YOUNES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 octobre 2023, complétée le 21 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Ben Younès, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté de la préfète du Val-de-Marne en date du 20 octobre 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination ainsi que portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, en application de l'article L.911-2 du code de justice administrative dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 jours par jours de retard ;
3°) de condamner l'Etat (préfète du Val-de-Marne) à lui verser la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision est entachée d'une insuffisance de motivation car, en indiquant qu'il est célibataire et sans enfants, elle ne prend pas en compte le fait qu'il est marié avec une compatriote en situation régulière avec qui il a eu deux enfants et qu'il travaille, ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée le 23 octobre 2023 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 22 décembre 2023, tenue en présence de Mme Aït Moussa, greffière d'audience, présenté son rapport, et entendu les observations de Me Ben Younès, représentant M. B, requérant, présent, qui maintient que la décision est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation car il est marié et père de deux enfants, il est entré avec un visa et qu'il travaille et qu'il disposait d'un rendez-vous en préfecture pour le 6 novembre 2023 pour le dépôt de sa demande de titre de séjour.
La préfète du Val-de-Marne dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né le 25 août 1985 à Béja, entré dans l'espace Schengen le 13 mars 2020 muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires espagnoles à Tunis, avait épousé le 12 avril 2018 une compatriote, titulaire d'une carte de résident délivrée par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 12 octobre 2024. Le couple a deux enfants nés en mars 2020 et août 2022 à Créteil (Val-de-Marne). Il a d'abord travaillé dans un établissement de restauration de la rue Sarrette à Paris (75014) à compter de janvier 2021, puis dans un autre de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) à compter de novembre 2021 et enfin dans un troisième à Cesson (Seine-et-Marne) à compter de juin 2023. Il a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour en préfecture du Val-de-Marne et un rendez-vous lui a été accordé pour le
6 novembre 2023. Le 20 octobre 2023, il a été interpellé et placé en garde à vue pour conduite sans permis et sans assurance. Par un arrêté du même jour, la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire assortie d'une interdiction de retour pour une durée de trois ans. Par une requête enregistrée le 21 octobre 2023, il a demandé l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation
2. Aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes de l'article L. 612-1 du même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ".
3. Pour motiver l'obligation de quitter sans délai le territoire français prononcée à l'encontre de M. B, la préfète du Val-de-Marne a relevé qu'il ne justifiait pas être entré régulièrement sur le territoire français, qu'il n'avait pas sollicité de titre de séjour et qu'il était célibataire et sans enfants. Or, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé disposait d'un rendez-vous octroyé par les services de la préfecture du Val-de-Marne pour déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour pour le 6 novembre 2023, soit à peine deux semaines après la décision en litige, et qu'il est le conjoint d'une compatriote en situation régulière avec qui il a eu deux enfants.
4. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que la décision du 20 octobre 2023 est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation et à en demander l'annulation en toutes ses dispositions.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes d'une part de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ".
6. Aux termes d'autre part de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
7. Compte tenu du motif d'annulation retenu ci-dessus, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder au réexamen de la situation de M. B et de prendre une nouvelle décision, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu'à ce réexamen.
Sur les frais du litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 800 euros qui sera versée à M. B en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté en date du 20 octobre 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne a fait obligation à M. B de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de la reconduite, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de trois ans est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la situation de M. B, de prendre une nouvelle décision, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour, valant autorisation de travail, valable jusqu'à ce réexamen.
Article 3 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 800 euros à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : M. Aymard
La greffière,
Signé : S. Aït Moussa
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. Aït Moussa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026