LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2311560

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2311560

jeudi 9 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2311560
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationRéférés
Avocat requérantSCP ARVIS & KOMLY-NALLIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er novembre 2023, M. D E A, représenté par Me Arvis, demande au tribunal, statuant par application de l'article L. 779-1 du code de justice administrative :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a mis en demeure les occupants illégalement installés sur le parking appartenant à la société Paris Air Catering situé 15 rue de la Grande Borne au Mesnil-Amelot de quitter les lieux à l'issue d'un délai de quarante-huit heures ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur ;

- il méconnaît le principe général des droits de la défense ainsi que les dispositions des articles L. 120-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'aucune pièce sur laquelle s'est fondé le préfet ne lui a été communiquée et que l'arrêté n'a pas été notifié à chacun des occupants sans titre du terrain en question ;

- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que ni le propriétaire dudit terrain, en l'absence d'identification, ni le maire de la commune du Mesnil-Amelot, n'ont saisi le préfet dans les conditions fixées par l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000, un dépôt de plainte ne pouvant être regardé comme valant saisine au sens de ces dispositions ;

- le maire du Mesnil-Amelot n'était en tout état de cause pas compétent pour effectuer cette saisine dès lors que la commune s'est dessaisie des compétences en matière d'urbanisme et d'accueil des gens du voyage au profit de la communauté d'agglomération Roissy Pays de France ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000, dès lors qu'aucun arrêté n'interdit le stationnement des résidences mobiles des gens du voyage sur le territoire de la commune du Mesnil-Amelot, inscrite au schéma départemental d'accueil et d'habitat des gens du voyage ;

- il est entaché d'une erreur de qualification juridique des faits dès lors que le stationnement n'est pas en l'espèce de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques ; en effet : le portail condamnant l'accès au terrain en cause n'était pas cadenassé, les résidences mobiles sont dotées de toilettes ainsi que de systèmes individuels d'assainissement des eaux, les déchets sont quotidiennement déposés à la déchetterie par les occupants, les branchements électriques temporaires extérieurs ont été réalisés selon des garanties de sécurité, le terrain en cause n'est pas situé près d'un grand axe routier et est protégé par un grillage et le préjudice économique d'une entreprise privée, laquelle n'a, au demeurant, pas engagé de procédure judicaire d'expulsion, ne constitue pas un trouble à l'ordre public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la procédure, entièrement régie par les dispositions de la loi du 5 juillet 2000, ne prévoit nullement de procédure contradictoire ;

- le signataire de l'arrêté attaqué bénéficiait d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- le maire du Mesnil-Amelot demeurait bien compétent en matière de police spéciale des gens du voyage et pouvait ainsi régulièrement le saisir ;

- cette commune comptant moins de 5 000 habitants et n'étant pas inscrite au schéma départemental d'accueil et d'habitat des gens du voyage, n'est ni assujettie à l'obligation de réaliser des aires d'accueil des gens du voyage ni n'entre dans l'un des cas mentionnés aux 1° à 6° du I et aux 1° à 5° du I bis de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 et entre ainsi dans le champ de l'article 9-1 de cette même loi, lequel ne prévoit pas que la mise en demeure de quitter les lieux adressée au préfet soit précédée d'un arrêté d'interdiction de stationnement hors des aires d'accueil des gens du voyage édicté par le maire ou le président de l'agglomération ;

- quarante-cinq emplacements, pouvant accueillir jusqu'à trois caravanes, étaient disponibles à la date du 27 octobre 2023 sur l'ensemble des aires du département ;

- l'atteinte à l'ordre, la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publics est caractérisée au regard du rapport de police nationale et du courrier du président directeur général de la société Paris Air Catering pour Servair et les allégations contraires du requérant ne sont pas établies.

La procédure a été communiquée à la commune du Mesnil-Amelot qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°2000-614 du 5 juillet 2000 ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Billandon, vice-présidente, pour statuer en application des articles L. 779-1 et R. 779-1 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Do Novo, greffière d'audience, Mme Billandon a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Lemoine pour M. A qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et soutient en outre que la délégation de signature produite par le préfet ne fait pas mention de ce que le signataire de la décision attaquée avait compétence pour édicter l'arrêté attaqué, l'arrêté préfectoral du 25 avril 2023 sur le fondement duquel cette délégation a été consentie n'étant lui-même pas produit ; de même l'article 2 de cet arrêté ne mentionne pas expressément la compétence du signataire en matière d'expulsion d'installations des gens du voyage ; le sous-préfet de Meaux n'avait pas non plus compétence pour signer le mémoire en défense ; le propriétaire de la parcelle occupée n'est pas identifié parmi les trois entreprises mentionnées par le préfet ; le courrier du maire du Mesnil-Amelot s'opposant au transfert de compétence au profit de l'agglomération Roissy Pays de France en matière de police spéciale des gens du voyage n'est pas produit ; les tableaux produits par le préfet concernant le taux de remplissage des aires d'accueil des gens du voyage établissent qu'il n'y avait pas de place disponible dans la communauté d'agglomération Roissy Pays de France ;

- les observations de M. B, sous-préfet de Meaux, pour le préfet de Seine-et-Marne, qui produit à la barre l'arrêté du 21 janvier 2021 du président de l'agglomération Roissy Pays de France portant renonciation au transfert de pouvoirs de police spéciale, lequel est remis en main propre à Me Lemoine, persiste dans ses conclusions et fait valoir en outre que : les difficultés urbanistiques de M. A à Mitry-Mory sont inopérantes ; les aires d'accueil étaient en nombre suffisant dans le département même s'il n'y en avait pas spécifiquement sur le territoire de la commune du Mesnil-Amelot ; il était bien compétent pour édicter l'arrêté attaqué en vertu de l'arrêté préfectoral du 25 avril 2023 ; il produit en défense la lettre du groupe Servair établissant que cette société est bien propriétaire de la parcelle occupée ; il ressort du procès-verbal de police que le cadenas condamnant l'accès à cette parcelle a été forcé ; en tout état de cause, ce rapport démontre le caractère illicite de l'installation ; l'ordre public, et notamment la salubrité et la sécurité publiques, commandait d'intervenir, compte des problèmes d'hygiène constatés (déjections au sol, absence d'assainissement) et des branchement électriques illégaux non contrôlés ni sécurisés en l'absence d'attestation d'une entreprise agréée.

La clôture de l'instruction a été différée le 6 novembre 2023 à 14h00.

Le préfet de Seine-et-Marne a produit une pièce, le 6 novembre 2023 à 11h03, qui a été communiquée.

M. A a produit un mémoire en réplique par Me Lemoine, enregistré le 6 novembre 2023 à 11h26, par lequel il persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens.

Il soutient en outre que le mémoire en défense doit être écarté des débats en l'absence de délégation du préfet de Seine-et-Marne permettant au sous-préfet de Meaux de le signer.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 30 octobre 2023, le préfet de Seine-et-Marne a mis en demeure les occupants illégalement installés sur le parking appartenant à la société Paris Air Catering situé 15 rue de la Grande Borne au Mesnil-Amelot de quitter les lieux à l'issue d'un délai de quarante-huit heures. M. A, membre de la communauté des gens du voyage destinataire de cette mise en demeure, demande au tribunal, statuant par application de l'article L. 779-1 du code de justice administrative, d'annuler cet arrêté.

Sur la recevabilité du mémoire en défense :

2. La circonstance que le sous-préfet de Meaux n'aurait pas reçu délégation du préfet de Seine-et-Marne à l'effet de signer le mémoire en défense, lequel se borne en l'espèce à conclure au rejet de la requête, est sans influence sur la solution du litige. Il n'y a dès lors pas lieu d'écarter ce mémoire en défense des débats contradictoires.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de 1er de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage : " () II. - Dans chaque département, au vu d'une évaluation préalable des besoins et de l'offre existante, notamment de la fréquence et de la durée des séjours des gens du voyage, de l'évolution de leurs modes de vie et de leur ancrage, des possibilités de scolarisation des enfants, d'accès aux soins et d'exercice des activités économiques, un schéma départemental prévoit les secteurs géographiques d'implantation et les communes où doivent être réalisés (). Les communes de plus de 5 000 habitants figurent obligatoirement au schéma départemental. Celui-ci définit la nature des actions à caractère social destinées aux gens du voyage. () ". Aux termes de l'article 9 de cette même loi : " I.-Le maire d'une commune membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage et des terrains familiaux locatifs définis aux 1° à 3° du II de l'article 1er peut, par arrêté, interdire en dehors de ces aires et terrains le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées au même article 1er, dès lors que l'une des conditions suivantes est remplie : () / I bis.-Le maire d'une commune qui n'est pas membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage et des terrains familiaux locatifs définis aux 1° à 3° du II de l'article 1er peut, par arrêté, interdire en dehors de ces aires et terrains le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées au même article 1er, dès lors que l'une des conditions suivantes est remplie : () / II.-En cas de stationnement effectué en violation de l'arrêté prévu au I ou au I bis, le maire, le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain occupé peut demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux. / La mise en demeure ne peut intervenir que si le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques. / La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d'affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée au propriétaire ou titulaire du droit d'usage du terrain. / Cette mise en demeure reste applicable lorsque la résidence mobile se retrouve à nouveau, dans un délai de sept jours à compter de sa notification aux occupants, en situation de stationnement illicite sur le territoire de la commune ou de tout ou partie du territoire de l'intercommunalité concernée en violation du même arrêté du maire ou, s'il est compétent, du président de l'établissement public de coopération intercommunale prévu au I et de nature à porter la même atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques. / Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n'a pas été suivie d'effets dans le délai fixé et n'a pas fait l'objet d'un recours dans les conditions fixées au II bis, le préfet peut procéder à l'évacuation forcée des résidences mobiles, sauf opposition du propriétaire ou du titulaire du droit d'usage du terrain dans le délai fixé pour l'exécution de la mise en demeure. / Lorsque le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain fait obstacle à l'exécution de la mise en demeure, le préfet peut lui demander de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser l'atteinte à la salubrité, à la sécurité ou la tranquillité publiques dans un délai qu'il fixe. / () / II bis.-Les personnes destinataires de la décision de mise en demeure prévue au II, ainsi que le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain peuvent, dans le délai fixé par celle-ci, demander son annulation au tribunal administratif. Le recours suspend l'exécution de la décision du préfet à leur égard. Le président du tribunal ou son délégué statue dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa saisine. () ". Aux termes de l'article 9-1 de cette même loi : " Dans les communes non inscrites au schéma départemental et non mentionnées à l'article 9, le préfet peut mettre en oeuvre la procédure de mise en demeure et d'évacuation prévue au II du même article, à la demande du maire, du propriétaire ou du titulaire du droit d'usage du terrain, en vue de mettre fin au stationnement non autorisé de résidences mobiles de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques. / Les personnes objets de la décision de mise en demeure bénéficient des voies de recours mentionnées au II bis du même article. " Et aux termes de l'article L. 779-1 du code de justice administrative : " Les requêtes dirigées contre les décisions de mise en demeure de quitter les lieux mentionnés au II bis de l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage sont présentées, instruites et jugées dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. ".

4. En premier lieu, il ressort de l'arrêté n°23/BC/124 donnant délégation de signature à Monsieur C B sous-préfet de l'arrondissement de Meaux, régulièrement publié, que le préfet de Seine-et-Marne a conféré à ce dernier délégation à l'effet de signer notamment tous arrêtés se rapportant aux matières relevant de ses attributions telles que définies dans l'arrêté préfectoral n° SGCD-2023-1 du 25 avril 2023 portant organisation des services de la préfecture et des sous-préfectures, sous certaines exceptions parmi lesquelles ne figurent pas les arrêtés de mise en demeure se rapportant à l'évacuation des installations mobiles de gens du voyage édictés sur le fondement de la loi du 5 juillet 2000. Il ressort de cet arrêté préfectoral du 25 avril 2023 que figure parmi les attributions du sous-préfet de Meaux " l'ordre public ". Il s'ensuit que le sous-préfet de Meaux était compétent pour signer l'arrêté attaqué lequel vise à faire cesser une atteinte portée par les installations mobiles illicites à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques. Le moyen tiré de l'incompétence manque ainsi en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées de la loi du 5 juillet 2000, que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles est soumise la décision par laquelle l'autorité administrative met en demeure les occupants illicites qu'elle vise de quitter les lieux. Par suite, le requérant ne saurait utilement invoquer les dispositions des articles L. 120-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration ni la méconnaissance du principe général des droits de la défense à l'encontre de l'arrêté attaqué.

6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la commune du Mesnil-Amelot, comprenant moins de 5 000 habitants, n'est par voie de conséquence pas soumise à l'obligation de figurer au schéma départemental d'accueil et d'habitat des gens du voyage telle que fixée par le II de l'article 1er de la loi du 5 juillet 2000. Le préfet pouvait ainsi légalement se fonder sur les dispositions de l'article 9-1 de la loi du 5 juillet 2000, lesquelles ne prévoient pas l'édiction préalable de l'arrêté visé aux I et I bis de l'article 9 de cette même loi. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit ainsi être écarté.

7. En quatrième lieu, il résulte des constatations opérées au point 6 qu'est inopérant le moyen tiré de l'incompétence du maire du Mesnil-Amelot en matière de police spéciale des gens du voyage.

8. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet a été saisi par le maire de la commune du Mesnil-Amelot par courrier du 27 octobre 2023, conformément aux dispositions précitées de l'article 9-1 de la loi du 5 juillet 2000. Par suite, est sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué la circonstance que le propriétaire de la parcelle en cause ne serait pas clairement identifié. Le moyen tiré du vice de procédure doit dès lors être écarté en toutes ses branches.

9. En sixième et dernier lieu, pour édicter l'arrêté attaqué, le préfet s'est fondé sur le rapport de police établi le 26 octobre 2023 par le commissaire central de la circonscription d'agglomération de Villeparisis, lequel constate que le cadenas et la chaîne condamnant l'accès à la parcelle occupée ont été forcés et ne sont plus sur le site, que des branchements électriques illégaux ont été réalisés sur une borne de recharge de véhicule électrique située sur le parking du terrain en cause, dégradée lors de la précédente installation de caravanes de la communauté des gens du voyage, qui est couchée sur l'herbe et dispose de câbles à l'air libre, accessibles à tous, présentant un risque accru d'électrocution notamment au vu des conditions météorologiques pluvieuses à cette date, que de nombreux câbles électriques desservent les caravanes implantées, lesquels câbles, rampants et non protégés, sont à même de provoquer une électrocution des personnes qui se déplacent sur le parking et le long des voies où l'acheminement d'électricité est opéré, que le site ne comprend aucune toilette ou dispositif d'évacuation des eaux usées et se trouve à proximité d'un axe de circulation très important. Ces constatations sont corroborées par la production de clichés photographiques montrant les branchements électriques sauvages précités ainsi que le portail non cadenassé, datés du 26 octobre 2023. Si le requérant soutient que ces branchements ont été réalisés dans les règles de l'art, il ne produit aucune certification d'un organisme agréé pour contrôler la conformité de telles installations. Il ne démontre pas davantage par les clichés qu'il produit, non datés, que le cadenas condamnant l'accès au terrain n'aurait pas été forcé, le cliché produit à ce titre étant partiellement tronqué, ni que, à supposer les caravanes pourvues de toilettes individuelles, celles-ci seraient reliées à un dispositif d'assainissement propre à assurer une hygiène suffisante des lieux, ni encore que tous les déchets du campement illicite seraient effectivement collectés et évacués par le service d'enlèvement des ordures ménagères, le cliché produit à cet effet ne montrant que des bacs à couvercle jaune destinés à recueillir les emballages et papiers et non les ordures ménagères les plus propices à porter une atteinte à la salubrité. Ainsi, à supposer même que le terrain illicitement occupé soit ceinturé sur tout son périmètre d'une barrière protégeant ses occupants, et parmi eux les plus jeunes, de l'axe routier situé à proximité et à supposer même également que cet axe routier ne connaisse pas une fréquentation telle que son caractère dangereux pour lesdits occupants ne soit pas avéré, il résulte des constatations opérées précédemment que le campement illicite porte atteinte à la salubrité et à la sécurité publiques et il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant seulement sur ces deux motifs. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de qualification juridique des faits doit être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 30 octobre 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a mis en demeure les occupants illégalement installés sur le parking appartenant à la société Paris Air Catering situé 15 rue de la Grande Borne au Mesnil-Amelot de quitter les lieux à l'issue d'un délai de quarante-huit heures.

Sur les frais de l'instance :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme qu'il réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D E A et au préfet de Seine-et-Marne.

Fait à Melun, le 9 novembre 2023.

La magistrate désignée,

Signé : I. BillandonLa greffière,

Signé : M. Do Novo

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions