lundi 11 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2311965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GARRIGUES BEAULAC ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 novembre 2023, la société Transprima, représentée par Me Messeca, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 13 septembre 2023 par laquelle le maire de Rungis a interdit pour une durée de trois mois la circulation de tout véhicule de transports de personnes lui appartenant jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- l'arrêté litigieux viole plusieurs droits et libertés fondamentales : droits à la défense, droit à un procès équitable, liberté du commerce et de l'industrie, droit au travail ;
- il conduira à un état de cessation de paiement comme l'attestent les pièces qu'elle fournit ; elle emploie quatre salariés et sollicite fréquemment trois auto entrepreneurs qui se trouveront privés de revenus ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- l'arrêté n'a pas respecté la procédure contradictoire préalable en méconnaissance de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ; l'interdiction du préfet de l'Essonne était expirée ;
- il ne se justifie par aucune des dispositions qu'il vise du code général des collectivités territoriales ni par l'article R. 610-5 du code pénal ;
- il semble poursuivre des objectifs politiques ou personnels ;
- la mesure est disproportionnée ;
- l'arrêté est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation :
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2023, la commune de Rungis, représentée par Me Garrigues, conclut au rejet de la requête et au versement par la société requérante d'une somme de 3 500 euros au titre des frais d'instance.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la société requérante ne justifie pas de la condition d'urgence ; l'atteinte à sa situation n'est pas établie : l'atteinte aux libertés fondamentales est abstraite ; la perte du chiffre d'affaires n'est pas démontrée : l'activité des voies des Groux n'est que secondaire, l'établissement principal étant à Avallon ; l'arrêté ne fait que prolonger les conséquences d'une autre décision administrative, celle du préfet de l'Essonne ; concernant les salaires, les contrats des salariés produits ne sont pas signés ; l'activité en litige est irrégulièrement constituée ; la Sarl Paris Voyage n'est pas propriétaire des terrains que la société exploite ; l'exploitation irrégulière de ces terrains porte atteinte à la sécurité et à la salubrité publiques ; l'intérêt public s'oppose à ce que la condition d'urgence soit reconnue ; à la date de l'ordonnance, les effets de l'arrêté seront quasiment épuisés ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- l'urgence autorise une dérogation au principe du contradictoire ;
- l'arrêté est parfaitement motivé ;
- les dispositions du code général des collectivités territoriales visées dans l'arrêté concernent la sécurité et la salubrité publiques ;
- le but poursuivi n'est pas étranger à la police administrative ;
- la mesure n'est pas disproportionnée : elle est limitée dans le temps et ne sont visés que les transports de voyageurs ;
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2311995 par laquelle la Société Transprima demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Guillou, premier conseiller honoraire, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 30 novembre 2023 en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Guillou a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Khal substituant Me Messeca, représentant la Société Transprima qui persiste en tous points dans les termes de sa requête ;
- les observations de Me Garrigues, représentant la commune de Rungis qui persiste en tous points dans les termes de ses écritures en défense ;
A l'issue de cette audience, le juge des référés a clos l'instruction.
Une note en délibéré a été produite par la société Transprima le 4 décembre 2023, dûment communiquée ;
Considérant ce qui suit :
1. La société Transprima exploite un parc de stationnement et une activité de transport de personnes vers l'aéroport international d'Orly sur des terrains sis sur la commune de Wissous. Ces terrains sont mis à sa disposition par une convention d'occupation précaire signée le 11 février 2020 avec la société Paris voyage. Pour rejoindre ou venir de l'aéroport, les transports de la société circulent sur le territoire limitrophe de la commune de Rungis. Par un arrêté du 13 septembre 2023, le maire de Rungis a interdit la circulation de tout véhicule de transports de personnes de cette société pour une durée de trois mois à compter de sa notification. La société Transprima demande au juge des référés la suspension de l'exécution de cette décision du 13 septembre 2023.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " ; enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "
Sur l'urgence :
3. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre ; il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement et tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette pas d'invoquer utilement -ni sérieusement- la notion d'urgence ; il en est plus particulièrement ainsi lorsque la situation d'urgence découle directement de la négligence ou de la carence du requérant, ou de tout autre acte positif qui lui est directement imputable. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
4. Pour caractériser l'existence d'une situation d'urgence, la société Transprima fait valoir que l'arrêté litigieux la conduira à un état de cessation de paiement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, produites par la société requérante elle-même, qu'elle a son siège à Avallon et que par voie de conséquence à défaut d'avoir produit de documents sur ce point, elle ne conteste pas que son établissement à proximité de l'aéroport d'Orly ne gère qu'une activité secondaire. En tout état de cause, quand bien même son activité de transports de voyageurs vers l'aéroport d'Orly cesserait définitivement, il résulte de l'instruction que cette activité s'exerce dans des conditions irrégulières : elle reconnait tout d'abord depuis plusieurs années que les deux parcelles E48 et E289 qu'elle exploite à usage de parking situées sur la commune de Wissous, fondement du support de son activité de transport pour ses clients qui y garent leurs véhicules, ne sont pas la propriété de la société Paris Voyage avec laquelle elle a pourtant signée une convention d'occupation précaire en 2020 ; de plus, il ressort des photographies aériennes produites en défense qu'au fil des années, en limite d'une des parcelles, le bois de Montjean situé à cet endroit sur la commune de Rungis a fait l'objet d'un défrichement pour étendre la superficie du parking exploitée par la société requérante ; il ressort également des pièces produites par la commune en défense que la déclivité du terrain entraine un ruissellement des eaux usées chargées en hydrocarbure sur son territoire et qu'un départ de feu entrainerait des conséquences dommageables pour l'ensemble de la zone et en particulier pour la commune, la sécurité des biens et des personnes n'étant pas assurée aux termes d'une évaluation du 22 novembre 2023 du service départemental d'incendie et de secours. Dans ces conditions, l'intérêt public lié à la sécurité et à la salubrité publique s'oppose à ce l'urgence soit reconnue au sens mentionné au point 2, l'intéressée ayant contribué par son propre comportement à cette situation.
5. En l'état de l'instruction, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le doute sérieux quant à sa légalité, l'une des deux conditions posées par l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative n'étant donc pas remplie, il y a lieu de rejeter les conclusions de la société Transprima aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée.
Sur les conclusions relatives aux frais de l'instance :
6. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.
7. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de la société Transprima dirigées contre la commune de Rungis qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante ; il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Transprima, la somme de 1 500 euros en application desdites dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Transprima est rejetée.
Article 2 : La société Transprima versera à la commune de Rungis, la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Transprima et à la commune de Rungis.
Le juge des référés,
Signé : J-R. Guillou
La greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026