lundi 4 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2312682 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | RAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Desenlis, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 24 novembre 2023 par laquelle l'aide sociale à l'enfance a prononcé la fin de sa prise en charge après le 27 novembre ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne de procéder au réexamen de sa demande de renouvellement de son contrat jeune majeur, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et dans un délai de 48h de lui procurer une solution d'hébergement et une prise en charge de ses besoins alimentaires, sanitaires et médicaux, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- par un courrier du 24 novembre 2023, le conseil départemental de Seine-et-Marne l'a informé de la fin à sa prise en charge à compter du 27 novembre, ce qui le placerait dans une situation de grande précarité, à défaut de disposer d'une place en foyer jeunes travailleurs ou en SIAO ;
- l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles crée un droit à une nouvelle prise en charge pour les jeunes majeurs âgés de 18 à 21 ans qui, ayant été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, se trouvent sans ressources ni soutien familial suffisant ;
- dépourvu d'un contrat de travail et isolé sur le territoire français, il a besoin d'un accompagnement pour les démarches qu'il ne parvient pas à effectuer seul ;
- cette carence dans le respect des obligations de maintien d'une prise en charge d'un jeune majeur constitue une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2023, le département de Seine-et-Marne, représenté par Me Rault, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- M. A ne caractérise pas l'urgence justifiant une intervention du juge des référés dans le délai de 48 heures, alors qu'il a bénéficié de trois contrats jeunes majeur et qu'il a fait le choix de suivre une formation au titre professionnel d'agent de restauration alors qu'il disposait d'une promesse d'embauche pour un contrat à durée indéterminée ;
- le requérant a été accompagné dans le dépôt d'une demande de titre et dispose d'un récépissé ;
- ses services l'ont également accompagné dans la recherche d'un logement social, par le dépôt d'une demande de place en centre d'hébergement d'urgence et d'un dossier Service Intégré d'Accueil et d'Intégration (SIAO) ;
- M. A a été accompagné dans la réalisation de deux stages dans la restauration rapide, puis le suivi d'une formation qualifiante achevée le 27 novembre 2023, lui permettant désormais de s'insérer dans le monde du travail ;
- le requérant n'établit aucune détresse psychique ni sociale ;
- M. A n'est pas dépourvu de soutien familial, au sens de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles puisqu'il est en relation quotidienne avec sa mère ;
- la dernière note d'information en date du 13 novembre 2023 relève que M. A a cessé de se saisir de l'aide qui lui est proposée par les éducateurs, qui ont relevé son absence d'investissement dans son contrat jeune majeur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 1er décembre 2023 à 13h30 en présence de Mme Aubert, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Letort,
- les observations de Me Desenlis, représentant M. A, absent, qui soutient en outre que l'urgence est constituée par la tardiveté de l'annonce du non-renouvellement de son dernier contrat jeune majeur, intervenue trois jours seulement avant son terme, alors qu'il n'a plus de contrat de travail et ne peut dès lors plus accéder à un logement social, et qu'en conséquence il risque d'être mis à la rue en plein hiver et exposé à des risques d'agression ;
- et les observations de Me Geoffroy, substituant Me Rault, qui fait valoir en outre que le terme de ce troisième contrat jeuner majeur était connu du requérant, que M. A a été accompagné jusqu'au terme de sa formation, que la délivrance d'un titre de séjour lui permet de travailler sans difficultés, qu'un dossier SIAO a été instruit et que M. A n'a pas honoré les rendez-vous destinés à préparer une demande de logement en foyer jeunes travailleurs.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur le cadre juridique :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
2. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 511-1, L. 521-2 et
L. 521-4 du code de justice administrative qu'il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 de ce code et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, de prendre les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte. Ces mesures doivent en principe présenter un caractère provisoire, sauf lorsque aucune mesure de cette nature n'est susceptible de sauvegarder l'exercice effectif de la liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 111-2 du code de l'action sociale et des familles : " Les personnes de nationalité étrangère bénéficient dans les conditions propres à chacune de ces prestations : / 1° Des prestations d'aide sociale à l'enfance ; () ". Selon l'article L. 221-1 du même code : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes: 1o Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre () ". Enfin, l'article L. 222-5 de ce code dispose que : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental: () 5o Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans et les mineurs émancipés qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, y compris lorsqu'ils ne bénéficient plus d'aucune prise en charge par l'aide sociale à l'enfance au moment de la décision mentionnée au premier alinéa du présent article ".
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles que, depuis l'entrée en vigueur du I de l'article 10 de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants, qui a modifié cet article sur ce point, les jeunes majeurs de moins de vingt et un ans ayant été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance d'un département avant leur majorité bénéficie d'un droit à une nouvelle prise en charge par ce service, lorsqu'ils ne disposent pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants.
5. Une carence caractérisée dans l'accomplissement par le président du conseil départemental des missions fixées par les dispositions rappelées aux points précédents, notamment dans les modalités de prise en charge des besoins du mineur ou du jeune majeur relevant de l'aide sociale à l'enfance, lorsqu'elle entraîne des conséquences graves pour l'intéressé, est de nature à porter une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
6. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant tunisien né le 26 novembre 2004 à Zarzis (Tunisie), est entré en juin 2022 sur le territoire français, alors qu'il était âgé de dix-sept ans et demi. Pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance du département de Seine-et-Marne à partir du 18 juillet 2022, le requérant a bénéficié de trois contrats jeune majeur renouvelés jusqu'au 27 novembre 2023, date à laquelle prenait fin sa formation en titre professionnel Agent de restauration. Si M. A soutient avoir besoin d'un soutien social et administratif dans la réalisation de ses démarches, il ressort des termes non contestés de la note d'information, établie le 30 novembre 2023 par le référent éducatif du requérant, rattaché au dispositif d'accompagnement et d'interventions sociales de Melun, que depuis la délivrance de son titre de séjour, le comportement de M. A fait preuve de relâchement significatif, marqué par des absences répétées en classe et aux rendez-vous qui lui sont fixés dans le cadre de son accompagnement, faisant ainsi obstacle au dépôt d'un dossier en son nom auprès du foyer jeunes travailleurs C. De plus, le référent éducatif conclut au caractère inadapté d'un nouveau contrat jeune majeur à la problématique actuelle de M. A. Dans de telles circonstances, il ne résulte pas de l'instruction qu'en refusant de renouveler ce contrat pour la quatrième fois, l'action du département de Seine-et-Marne serait constitutive d'une carence caractérisée dans l'accomplissement de sa mission d'accompagnement des jeunes majeurs. Il s'ensuit que les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction assorties d'une astreinte, ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au département de Seine-et-Marne.
La juge des référés, La greffière,
Signé : C. Letort Signé : S. Aubret
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026