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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2312704

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2312704

mercredi 3 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2312704
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCP SAIDJI & MOREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 novembre 2023, M. A B représenté par Me Amougou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 novembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a refusé l'entrée sur le territoire français et la décision du même jour le plaçant en zone d'attente ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision lui refusant l'entrée sur le territoire français est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il produit une réservation d'hôtel et une attestation d'hébergement de son frère ; il justifie du programme de son séjour ; il produit une carte de crédit et des moyens de subsistance dont 2 800 euros en numéraire ;

-la décision de placement en zone d'attente est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus d'entrée sur le territoire ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête ;

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

- les conclusions dirigées contre la décision de placement en zone d'attente sont irrecevables dès lors qu'elle a cessé de produire ses effets puisque le juge des libertés et de la détention y a autorisé son maintien pour une durée de huit jours ;

- la décision de refus d'entrée litigieuse est motivée en droit et en fait : il n'avait pas de moyens de subsistance suffisants ; sa réservation d'hôtel ne couvre pas l'intégralité de son séjour ; les modalités de son séjour n'étaient pas clairement déterminées, le congrès en radiothérapie étant prévu du 29 novembre au 1er décembre et son séjour étant prévu jusqu'au 24 décembre ;

- elle n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation : elle est fondée sur des critères objectifs ; pour un séjour de trente-jours, il aurait dû disposer de 3 600 euros.

Vu :

- les décisions du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 26 novembre 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Guillou, premier conseiller honoraire, inscrit sur la liste prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative, pour statuer sur les recours dont le présent tribunal est saisi en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 24 avril 2024 en présence de, greffière d'audience :

- le rapport de M. Guillou, magistrat désigné ;

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant congolais, né le 8 octobre 1988 à Brazzaville (République du Congo), a demandé à entrer en France pour assister notamment à un congrès de radiothérapie le 26 novembre 2023. Par deux décisions du 26 novembre 2023 le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a refusé l'entrée sur le territoire français au motif de moyens de subsistance insuffisants et a décidé son placement en zone d'attente à l'aéroport d'Orly. M. B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier en particulier de la pièce 27 " décision de réacheminement " que l'intéressé a quitté le territoire français par un vol à destination de Casablanca (Maroc) le 30 novembre 2023 ; dès lors les décisions contestées ayant été entièrement exécutées, la requête de M. B est sans objet : il n'y a plus lieu de statuer.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. B.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 03 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : J-R GuillouLa greffière,

Signé : MD. Adelon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

MD. Adelon

N°2312704

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