vendredi 22 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2312750 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GOZLAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 novembre 2023 eu greffe du tribunal administratif de Montreuil et le 29 novembre 2023 au greffe du présent tribunal, complétée le 7 décembre 2023, M. D C, représenté par Me Gozlan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 23 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1.500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision en cause méconnait son droit à une vie privée et familiale normale car il a déposé en juin 2023 une demande de rendez-vous en vue de solliciter une admission exceptionnelle au séjour et qu'elle est donc entachée d'une erreur d'appréciation et que le risque de fuite n'est pas avéré.
Par un mémoire en défense enregistrée le 12 février 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 13 février 2024, tenue en présence de Mme Riellant, greffière d'audience, présenté son rapport en l'absence du requérant et du préfet de la Seine-Saint-Denis, ou de leurs représentants, dûment convoqués.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant ivoirien né le 9 octobre 1998 à Man, entré en France selon ses dires le 3 septembre 2016 pour y solliciter l'asile, a vu sa demande rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 12 décembre 2017. Le préfet de police de Paris a prononcé à son encontre le 1er février 2018 une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours dont la légalité a été confirmée par la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Melun dans un jugement du 19 mars 2018. Il n'a pas déféré à cette obligation. Il a sollicité de la préfète du Val-de-Marne, le 16 juin 2023, un rendez-vous en vue de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour par le travail. L'entreprise où il travaille sous contrat à durée indéterminée à temps plein depuis le 25 février 2023 comme cuisinier, la société " 100 % Crousti Original " de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a déposé à son profit une demande d'autorisation de travail et n'a reçu aucune réponse. Il a été interpellé le 23 novembre 2023 et placé en retenue administrative où il a déclaré résider à Saint-Denis, 19 rue de l'Amiral Guillard, être célibataire et sans enfant, ne pas avoir de documents et préférer être reconduit en Italie, n'ayant plus de famille en Côte d'Ivoire. Il a fait l'objet, le même jour, par le préfet de la Seine-Saint-Denis, d'une obligation de quitter sans délai le territoire français assortie d'une interdiction de retour pour une durée de deux ans. Par une requête enregistrée le 24 novembre 2023 au greffe du tribunal administratif de Montreuil, il a demandé l'annulation de cette décision. Sa requête a été transmise au présent tribunal au motif de son adresse déclarée à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) ,79 boulevard de Stalingrad, chez Madame A.
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. () ". Aux termes de l'article L. 612-1 du même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; (); ".
3. En premier lieu, il est constant que M. C, entré irrégulièrement en France le 3 septembre 2016 selon ses dires, s'est maintenu sur le territoire malgré une obligation de le quitter prononcée à son encontre par le préfet de police de Paris le 1er février 2018, y compris après le jugement du présent tribunal du 19 mars 2018. Par suite c'est sans erreur de droit que le préfet de la Seine-Saint-Denis a considéré qu'il remplissait les conditions pour prononcer une nouvelle obligation de quitter le territoire, cette fois sans délai, assortie d'une interdiction de retour la circonstance qu'il aurait sollicité son admission exceptionnelle au séjour étant sans incidence, aucun dossier en ce sens n'ayant été enregistré par l'administration à la date du 23 novembre 2023.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter tout élément permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
5. Si le requérant soutient que la décision contestée méconnaîtrait ces dispositions car il serait en France depuis 2016 et que sa tante, de nationalité française, y résiderait également, il est toutefois constant qu'il est célibataire et sans enfant, que sa durée de présence sur le territoire ne résulte que de sa volonté de ne pas respecter la précédente obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre, y compris après le jugement du 19 mars 2018. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont seraient entachées la décision contestée au regard des stipulations rappelées au point précédent ne pourra qu'être écarté.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. C ne pourra qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, au préfet de la Seine-Saint-Denis et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mars 2024.
Le magistrat désigné, La greffière,
B : M. Aymard B : N. Riellant
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N. Riellant
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026