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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2312850

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2312850

mardi 9 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2312850
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSTOYANOVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 novembre 2023, M. B A D, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a prononcé son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2023, le préfet de Seine-et-Marne, conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné Mme Félicie Bouchet, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la juridiction est susceptible de prononcer d'office une mesure d'injonction, assortie le cas échéant d'une astreinte, tendant, en cas d'annulation, à enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer l'attestation de demande d'asile afférente prévue par l'article R. 521-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'imprimé mentionné à l'article R. 531-3 du même code lui permettant de saisir l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

- et les observations de Me Stoyanova, avocate de M. A D, absent, qui soutient, que l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 3 du règlement n° 604/2013 en ce que l'Italie connaît des défaillances systémiques dans sa procédure d'asile et dans les conditions d'accueil des demandeurs.

Le préfet de Seine-et-Marne n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 14h45.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D, ressortissant ivoirien, a déposé une demande d'asile. À l'issue de la procédure de détermination de l'État membre responsable de cette demande d'asile, par un arrêté du 14 novembre 2023 dont M. A D demande au tribunal l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a prononcé son transfert aux autorités italiennes.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre État qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013,

il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du

titre II. / () Le présent article ne fait pas obstacle au droit souverain de l'État d'accorder l'asile à toute personne dont l'examen de la demande relève de la compétence d'un autre État ". Selon l'article L. 572-1 de ce code : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre État peut faire l'objet d'un transfert vers l'État responsable de cet examen. () ".

3. D'autre part, aux termes du paragraphe 2 de l'article 3 du règlement n° 604/2013 : " Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable ".

4. L'Italie est un Etat membre de l'Union européenne et partie tant à la Convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en sorte qu'il doit être présumé, en l'absence de défaillances systémiques, que la demande d'asile de M. A D sera traitée par les autorités italiennes dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Si le requérant soutient qu'il existe des défaillances systémiques en Italie, notamment qu'il y est quasiment impossible pour un demandeur d'asile d'obtenir un hébergement, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il existerait de raisons sérieuses de croire à l'existence des défaillances alléguées. Par suite, M. A D n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant la mesure de transfert en litige, le préfet de Seine-et-Marne a méconnu les dispositions précitées de l'article 3 du règlement

n° 604/2013 du 26 juin 2013.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A D doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A D et au préfet de

Seine-et-Marne.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 9 janvier 2024.

La magistrate désignée,

Signé : F. CLa greffière,

Signé : O. Dusautois

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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