mardi 26 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2312871 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | NESSAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2023, M. C B demande au tribunal :
1) d'annuler les décisions du 1er décembre 2023 par lesquelles le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre à l'administration d'annuler le signalement aux fins de non admission du fichier du système d'information Schengen.
Le requérant soutient que :
- les décisions contestées sont entachées d'un vice d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit ;
- le préfet a violé la convention de Genève ;
- elles méconnaissent le principe du contradictoire ;
- elles méconnaissent les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Meyrignac, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties de la date de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les observations de Me Claude, représentant M. B présent, qui maintient ses conclusions et moyens, et fait valoir qu'il est arrivé en France à l'âge de 8 mois, qu'il est l'aîné d'une fratrie, que l'intégralité de sa vie est en France où il a été scolarisé, qu'il réside chez sa mère, qu'il n'a pas d'attaches en Algérie et que sa fiancée est probablement enceinte.
Le préfet du Val-d'Oise n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 22 janvier 1979, a été placé en garde à vue le 30 novembre 2023 pour des menaces de mort proférées à l'encontre de sa sœur. Par arrêté du
1er décembre suivant, le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par la requête précitée, l'intéressé demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, par un arrêté n° 23-064 du 14 novembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour de la préfecture du Val-d'Oise,
Mme A D, cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté qui manque en fait doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté qui comporte l'énoncé des considérations de fait, notamment relatives à la situation personnelle et familiale de l'intéressé, et de droit sur lesquelles il est fondé, est suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé à un examen réel, sérieux et approfondi de la situation de M. B, au regard des éléments dont il avait connaissance.
5. En quatrième lieu, le droit d'être entendu préalablement à toute décision qui affecte sensiblement et défavorablement les intérêts de son destinataire constitue l'une des composantes du droit de la défense, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, et fait partie des principes généraux du droit de l'Union européenne ayant la même valeur que les traités. Il garantit à toute personne la possibilité de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours de la procédure administrative, afin que l'autorité compétente soit mise à même de tenir compte de l'ensemble des éléments pertinents pour fonder sa décision. Ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition du 30 novembre 2023 que M. B a été interrogé sur sa situation administrative et personnelle et sur les menaces de mort qui lui ont été reprochées. Il n'établit pas qu'il aurait été privé du droit d'être entendu, ni ne précise les motifs qui auraient pu influer sur le sens de l'arrêté. Dès lors, le moyen tiré de l'atteinte au principe du contradictoire ne peut qu'être écarté.
7. En cinquième lieu, si le requérant soutient que le préfet du Val-d'Oise a violé la convention de Genève, il n'assortit pas ce moyen des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé.
8. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Le requérant soutient que s'il est né en Algérie, il a rejoint la France alors qu'il était âgé de huit mois et y effectué toute sa scolarité, qu'il dispose en France de toute sa famille, que sa fiancée est enceinte, qu'il suit un traitement à base de méthadone depuis treize ans et qu'il effectue un stage en mécanique. Toutefois, il est célibataire et sans enfant, les déclarations selon lesquelles sa fiancée serait enceinte de quatre mois n'étant pas justifiées, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, et ne justifie pas de liens privés et familiaux sur le territoire national inscrits dans la durée et la stabilité par la présence de ses parents et de ses frères et sœurs alors qu'il est désormais âgé de quarante-quatre ans. Par ailleurs, eu égard à la gravité des faits non contestés pour lesquels il a fait l'objet de signalements qui apparaissent sur l'arrêté du préfet de l'Essonne du 2 juillet 2021 et de condamnations à une peine de trois mois d'emprisonnement pour vol aggravé en récidive par un jugement du tribunal correctionnel de Bobigny du 8 novembre 2017 et à une peine de deux ans d'emprisonnement pour violences aggravées par un jugement du tribunal correctionnel de Paris du 27 avril 2021, sa présence en France constitue une menace à l'ordre public. Enfin, s'il fait état de sa présence en France depuis 1979, il ne produit à l'appui de cette allégation qu'un certificat de scolarité pour les années 1988 à 1991 et une attestation d'hébergement, alors qu'il ressort, en outre, des déclarations de l'intéressé dans le cadre du procès-verbal d'audition du 30 novembre 2023 qu'il aurait récemment quitté la France pour aller en Espagne avant de revenir. Ainsi et compte tenu de la durée et des conditions de son séjour sur le territoire national, l'arrêté contesté n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Cet arrêté n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, il n'est pas entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
10. En sixième lieu, si le requérant invoque une " erreur de droit ", il n'apporte aucune précision sur la nature de cette erreur.
11. En septième lieu, si le requérant invoque la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, il n'assortit pas ces moyens des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé, alors notamment qu'il n'a jamais déposé de demande d'asile et qu'il n'a pas d'enfant.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions contenues dans l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 1er décembre 2023 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Val-d'Oise.
Lu en audience publique le 26 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : P. MeyrignacLa greffière,
Signé : O. Dusautois
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026