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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2313353

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2313353

mercredi 15 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2313353
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantWANTOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris et le 13 décembre 2023 au greffe du présent tribunal, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 24 septembre 2023 par lequel le préfet de police de Paris lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de un an.

Il soutient qu'il est marié avec une ressortissante française depuis le 2 septembre 2023.

La requête a été communiquée le 14 décembre 2023 au préfet de police de Paris qui n'a présenté aucun mémoire en défense

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-l'ordonnance du président du tribunal administratif de Paris du 11 décembre 2023 transmettant au tribunal administratif de Melun la requête de M. B au motif de la résidence déclarée de l'intéressé à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 12 mars 2024, tenue en présence de Mme Adelon, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de Me Wantou, représentant M. B, requérant, présent, qui rappelle qu'il est entré en France en 2014 et qu'il est marié depuis mars 2023 avec une ressortissante française.

Le préfet de police de Paris, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.

Le 20 mars 2024, M. A B, représenté par Me Wantou, a présenté une note en délibéré.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant malien né le 3 mai 1991 à Yaguine (Région de Kayes), entré en France selon ses dires en mars 2014, a fait l'objet d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français prononcée le 9 décembre 2019 par le préfet du Val-de-Marne, dont la légalité a été confirmée par un jugement du présent tribunal du 10 juin 2021. M. B n'a pas exécuté cette décision. Le 24 septembre 2023, il a fait l'objet d'un contrôle dans les transports publics à Paris et le préfet de police de Paris a prononcé à son encontre une nouvelle obligation de quitter le territoire français, cette fois sans délai, ainsi qu'une interdiction de retour pour une durée de douze mois. Par une requête enregistrée le 29 septembre 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris, il a demandé l'annulation de cette décision. Sa requête a été transmise au présent tribunal au motif de la résidence déclarée de l'intéressé à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), 1 allée Albert Camus. Dans le cadre de sa requête, il a fait valoir un mariage intervenu le 2 septembre 2023 dans cette ville avec une ressortissante française.

2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes de l'article L. 612-1 du même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;() ; ".

3. Aux termes de l'article L. 614-6 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. (). ". Dans le cas où une requête est adressée à une juridiction de l'ordre administratif par un autre moyen que l'application " Télérecours ", sa recevabilité s'apprécie à la date à laquelle cette lettre a été enregistrée au greffe de la juridiction.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, portant mention des voies et délais de recours, a été notifié à M. B le 24 septembre 2023 à 18 heures 55. M. B avait donc jusqu'au 26 septembre 2023 à la même heure pour déposer sa requête. Or, son recours n'a été enregistré au greffe du tribunal administratif de Paris que le 29 septembre 2023. En application des dispositions précitées qui prévoient un délai de recours de 48 heures suivant la notification de l'obligation de quitter le territoire français, la requête est tardive et ne pourra qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B, au préfet de police de Paris et à la préfète du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : M. Aymard

La greffière,

Signé : MD. Adelon

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris et à la préfète du Val-de-Marne en ce qui les concernent ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

MD. Adelon

2313353

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