mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2313408 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CASTELLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 décembre 2023, Mme C H, M. A D, M. F J et Mme K G épouse J, représentés par Me Castellon, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'arrêté du 14 septembre 2023 par lequel le maire de la commune de Bry-sur-Marne a accordé un permis de construire comprenant des démolitions à M. et Mme E sur la parcelle cadastrée section 1 n° 166 sise 41 avenue de Rigny ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bry-sur-Marne le versement d'une somme de 1 500 euros à chacun des requérants, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que plusieurs murs de clôture sont mitoyens entre les parcelles appartenant respectivement aux pétitionnaires et à M. et Mme J ;
- un mur intérieur de la propriété de Mme H et de M. D, soutenant la toiture de leur dépendance, appartient à M. et Mme E, ainsi qu'il ressort des procès-verbaux de rétablissement des limites en date du 5 décembre 2023 ;
- M. et Mme E ont fait débuter les travaux de démolition le 8 novembre 2023 sans mesure préventive des dommages qui pourraient être causés à la maison de Mme H et de M. D, et s'ils ont dû être interrompus le lendemain, ces travaux sont susceptibles de reprendre dès la délivrance d'une autorisation d'occupation du domaine public ;
- M. et Mme E ont prévu de démolir le mur de clôture séparant leur parcelle de celle appartenant à M. et Mme J, sans rechercher le consentement préalable de ces derniers et alors que les coûts de sa reconstruction ont été estimés à 20 295 euros ;
- la propriété de M. et Mme J comprend un appentis garage, construit au pied de ce mur de clôture, qui supporte une tuyauterie d'écoulement et une gaine électrique et d'arrosage automatique ;
- le plan de localisation de la construction figurant au dossier de la demande de permis de construire n'est pas détaillé ;
- les photographies de l'existant sont incomplètes, faute de comporter une vue verticale en plongée permettant de visualiser l'ensemble du terrain dans son environnement proche ;
- le document intitulé " A démolir A1 - A2 " ne comporte pas de photo de la partie arrière de la maison ;
- le plan de masse ne précise pas si les murs de clôture mitoyens sont inclus dans la démolition, alors que le projet prévoit une construction en limite de propriété, et omet de préciser que l'arbre existant sera supprimé ;
- le document intitulé " Insertion paysagère PCMI 6 " ne permet pas d'apprécier l'insertion de la construction envisagée au regard de sa façade arrière ;
- l'emprise au sol du projet de construction est déclarée de 39,05% mais n'inclut ni la rampe d'accès au sous-sol, ni l'escalier d'accès au jardin en façade arrière, ni l'escalier d'accès à la maison prévu en façade avant du projet, de sorte que ce dernier ne respecte pas l'article 6 du plan local d'urbanisme, qui limite l'emprise au sol à 40% maximum du terrain en secteur UBB ;
- le projet méconnaît l'article 7.2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la façade arrière, qui créera une vue directe sur la maison de Mme H et de M. D, se situe à seulement 3,20 mètres de la limite séparative ;
- l'emplacement d'accès à la toiture-terrasse se situe en bordure de toit alors que selon l'article 9.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme, tout dispositif technique doit être installé avec un retrait minimum de 1,50 mètre de tous les bords du toit.
La requête a été communiquée le 15 décembre 2023 à la commune de Bry-sur-Marne, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 janvier 2024, M. et Mme B et I E doivent être entendus comme concluant au rejet de la requête.
Ils font valoir que :
- ils ont engagé plusieurs actions dans le but de créer un climat positif et bienveillant avec les requérants, avec le dépôt d'une carte annonçant leur acquisition dans leurs boîtes aux lettres en mai 2023, et l'organisation d'un apéritif avec ces voisins le 26 septembre suivant ;
- à l'occasion de cet événement, les requérants ont exprimé des craintes sur l'impact de leur projet immobilier, auxquelles ils ont apporté des solutions dès le lendemain ;
- ils ont défini avec leur constructeur toutes les précautions nécessaires à la construction de leur maison, tout en prenant compte des problématiques liées au mur mitoyen et à la toiture de Mme H et de M. D, et ont pris à leur charge les frais relatifs aux services d'un expert judiciaire ;
- malgré ces démarches, les requérants ont formé un recours gracieux le 28 septembre auprès de la commune ;
- ils ont engagé un financement important pour ce projet, un retard dans la réalisation représentant des conséquences financières lourdes.
Vu :
- la requête enregistrée le 13 décembre 2023 sous le numéro 2313354 par laquelle les requérants ont demandé l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 3 janvier 2024 à 14h00 en présence de Mme Guillemard, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Letort,
- et les observations de Me Castellon, représentant Mme H, M. D et M. et Mme J, qui soutient en outre que la maison de Mme H et de M. D est étroitement imbriquée à celle existant actuellement sur le terrain de M. et Mme E, que la démolition de cette maison a repris, que la partie du mur de clôture appartenant à M. et Mme J risque d'être fragilisée par la destruction de la partie appartenant aux pétitionnaires, que la toiture est commune entre leur propriété et celle de Mme H et de M. D, en conséquence de la division de cette construction, que le sas d'entrée et les toilettes se trouvent à l'intérieur de leur habitation et que la structure de leur maison pourrait être fortement endommagée, alors en outre qu'elle se trouvera éventrée au cœur de l'hiver.
La commune de Bry-sur-Marne et M. et Mme E n'étaient ni présents ni représentés.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne l'urgence :
2. Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par un permis de construire présente un caractère difficilement réversible. Par suite, lorsque la suspension de l'exécution d'un permis de construire est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés, pour apprécier si la condition d'urgence est remplie, de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
4. Il ressort des termes de l'arrêté pris par le maire de Bry-sur-Marne le 14 septembre 2023 que le projet qu'il autorise porte sur la démolition de la maison existante et la construction d'un pavillon individuel sur le terrain appartenant à M. et Mme E, sis 41 avenue de Rigny. Les requérants affirment sans être contredits qu'après avoir été interrompus en l'absence d'autorisation d'occupation temporaire de la voie publique, les travaux de démolition de la maison existante sur la parcelle de M. et Mme E ont repris, alors qu'elle comporte un mur mitoyen avec l'habitation de Mme H et M. D. Dans de telles circonstances, la condition tenant à l'urgence doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 14 septembre 2023 :
5. Aux termes de l'article 9.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bry-sur-Marne : " () Tous les dispositifs techniques tels que les édicules pour ascenseurs, climatisation, cheminées, etc devront être installés avec un retrait minimum de 1,50 m par rapport à tous les bords de toit ".
6. Il résulte de l'instruction que le permis de construire, délivré le 14 septembre 2023 par le maire de Bry-sur-Marne à M. et Mme E pour la démolition de la maison existante et la construction d'une nouvelle habitation, ne respecte pas les prescriptions précitées de l'article 9.1.5 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le toit-terrasse du projet de construction comporte un édicule d'accès destiné à permettre son entretien, situé en bordure de toiture. Si l'article 2 de l'arrêté en litige prescrit aux pétitionnaires de présenter une demande de permis de construire modificatif afin d'obtenir la régularisation de cet accès, il ne résulte pas de l'instruction qu'un tel permis de construire modificatif aurait été délivré, ni même sollicité. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 9.1.5. du règlement du plan local d'urbanisme est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du maire de Bry-sur-Marne du 14 septembre 2023.
7. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier soumis au juge des référés, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner la suspension de l'arrêté en litige.
8. Il résulte de ce qui précède que l'exécution de cet arrêté doit être suspendue.
Sur les frais de justice :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bry-sur-Marne la somme de 500 euros à verser à chacun des quatre requérants, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision de la commune de Bry-sur-Marne du 14 septembre 2023 est suspendue.
Article 2 : La commune de Bry-sur-Marne versera à Mme H, à M. D, à M. J et à Mme J une somme de 500 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C H, à M. A D, à M. et Mme F et K J, à M. et Mme B et I E, ainsi qu'à la commune de Bry-sur-Marne.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
La juge des référés,
C. LETORTLa greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026