lundi 19 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2313526 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GONIDEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2023, Mme D A, représentée par Me Gonidec et Me David-Bellouard, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 14 septembre 2023 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a classé sans suite sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, d'enregistrer cette demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui remettre, pour la durée de l'instruction de cette même demande, un récépissé l'autorisant à exercer une activité professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, dès lors qu'en la maintenant en situation irrégulière au regard du droit au séjour, la décision en litige a pour effet de la priver du bénéfice d'aides qui lui permettraient d'accéder aux soins que nécessite l'état de santé de son fils et de l'empêcher d'exercer une activité professionnelle qui lui procurerait des ressources pour subvenir à ses besoins et à ceux de son fils ;
-il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige qui est fondée sur un motif entaché, d'une part, d'une erreur de fait, dès lors que l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français n'est pas exécutoire, d'autre part, d'une erreur de droit, dès lors que l'intervention d'une telle décision d'éloignement n'est pas de nature à justifier légalement le refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour.
La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
-la requête n° 2309858 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Au cours de cette audience, tenue le 8 janvier 2024 à 10h00 en présence de Mme Do Novo, greffière d'audience, ont été entendus :
-le rapport de M. Zanella, juge des référés ;
-et les observations de Me David, représentant Mme A, présente, qui a conclu aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens, en précisant, en ce qui concerne la condition d'urgence, que, sans ressources, la requérante ne peut subvenir aux besoins de son fils.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
2. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 15 novembre 1986, a déposé, le
12 septembre 2023, une demande d'autorisation provisoire de séjour au titre de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison de l'état de santé de son enfant mineur, B C, né le 17 mars 2023 et de même nationalité qu'elle. Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, de la décision du 14 septembre 2023 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a classé sans suite cette demande.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. D'une part, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Mme A fait notamment valoir, sans être contredite, le préfet de Seine-et-Marne s'étant abstenu de produire un mémoire en défense, qu'étant privée du bénéfice des prestations auxquelles elle aurait droit si elle était en situation régulière au regard du droit au séjour, elle ne dispose d'aucune ressource pour subvenir aux besoins de son enfant mineur dont l'état de santé de nécessite par ailleurs un suivi médical et des soins en raison de sa naissance prématurée. Elle justifie ainsi se trouver dans une situation qui, dans les circonstances particulières de l'espèce, doit être regardée comme permettant de regarder la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative comme remplie.
5. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. ".
6. La décision en litige est fondée sur la circonstance qu'à la date à laquelle elle a été prise, Mme A faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire. En l'état de l'instruction, dont il résulte que l'intéressée a saisi le tribunal, sous le n° 2309645, d'une requête en annulation de cette mesure d'éloignement sur laquelle il n'a pas encore été statué, le moyen tiré de ce que le motif ainsi retenu serait matériellement inexact est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de ladite décision.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen visé ci-dessus, qu'il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du préfet de Seine-et-Marne en date du 14 septembre 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. D'une part, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire []. ".
9. Dans le cas où les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, le juge des référés peut non seulement suspendre l'exécution d'une décision administrative, même de rejet, mais aussi assortir cette suspension d'une injonction ou de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration. Toutefois, les mesures qu'il prescrit ainsi, alors qu'il se borne à relever l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, doivent présenter un caractère provisoire. Il suit de là que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut, sans excéder sa compétence, ordonner une mesure qui aurait des effets en tous points identiques à ceux qui résulteraient de l'exécution par l'autorité administrative d'un jugement annulant la décision administrative contestée.
10. D'autre part, aux termes de l'article L. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La détention d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, d'une attestation de demande d'asile ou d'une autorisation provisoire de séjour autorise la présence de l'étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour. Sous réserve des exceptions prévues par la loi ou les règlements, ces documents n'autorisent pas leurs titulaires à exercer une activité professionnelle. ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de disposition législative ou réglementaire prévoyant le contraire, y compris, notamment, à l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le récépissé qui, en vertu de l'article
R. 431-12 de ce code, doit être remis en cas de souscription d'une demande complète de première délivrance de l'autorisation provisoire de séjour prévue à l'article L. 425-10 du même code pour autoriser la présence de son titulaire sur le territoire français durant l'instruction de cette demande ne permet pas l'exercice d'une activité professionnelle.
11. Eu égard à ce qui dit au deux points précédents, il y a lieu, dans les circonstances, de l'espèce, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne non pas d'enregistrer la demande de titre de séjour déposée le 12 septembre 2023 par Mme A mais de la réexaminer dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et, dans l'attente, de munir la requérante d'un récépissé autorisant sa présence sur le territoire français sans toutefois lui permettre d'y exercer une activité professionnelle. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
13. En application de ces dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er :L'exécution de la décision du préfet de Seine-et-Marne en date du 14 septembre 2023 est suspendue.
Article 2 :Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer la demande de titre de séjour déposée le 12 septembre 2023 par Mme A dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et, dans l'attente de ce réexamen, de munir l'intéressée d'un récépissé de cette demande autorisant sa présence sur le territoire français.
Article 3 : L'État versera à Mme A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Les conclusions de la requête de Mme A sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet de Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 19 février 2024.
Le juge des référés :
Signé : P. ZanellaLa greffière :
Signé : M. Do Novo
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026