LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2313626

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2313626

lundi 29 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2313626
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2023, Mme C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 décembre 2023 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative et de lui délivrer pendant la durée de cet examen une autorisation provisoire de séjour.

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Mme C doit être considérée comme soutenant que :

- le refus d'admission au séjour :

* est entachée d'un défaut de motivation ;

* a été prise en méconnaissance de l'article L. 424-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* viole l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire :

* est entachée d'un défaut de motivation ;

* a été prise en méconnaissance de l'article L. 424-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* viole l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de destination :

* méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2024, le préfet de police de Paris, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme C n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive n° 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 relative à des procédures communes pour l'octroi et le retrait de la protection internationale (refonte) ;

- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Girard-Ratrenaharimanga, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'inexistence matérielle du refus de séjour au titre de l'asile ;

- les observations de Me Henry-Weissgerber, représentant Mme C, assistée de Mme B D qui a accepté de prêter son concours en langue turque qu'elle maîtrise, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens et soutient, en outre, l'erreur manifeste d'appréciation à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français et l'erreur d'appréciation à l'encontre de la décision fixant le pays de destination ;

- Mme C, assistée de Mme B D qui a accepté de prêter son concours en langue turque qu'elle maîtrise, qui reconnaît ne pas pouvoir prouver que la famille de son époux la harcèle. Elle indique que son époux travaille en France, certes irrégulièrement. Elle ne veut pas être séparée de ses enfants.

Le préfet de police de Paris n'était ni présent ni représenté.

Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 10h45.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, ressortissante turque d'origine kurde, née le 8 juillet 1996 à Sirncek (République de Turquie), entrée en France le 1er août 2022 selon les déclarations de l'intéressée. Il ressort du relevé des informations de la base de données " TelemOfpra " produit en défense, que Mme C a sollicité l'asile qui lui a été refusé par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) le 27 février 2023 contre laquelle les conclusions en annulation ont été rejetées par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 28 septembre 2023. Par arrêté du 4 décembre 2023, le préfet de police de Paris l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en application du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office. Mme C demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 4 décembre 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus d'admission au séjour au titre de l'asile :

2. Il ressort de la lecture de l'arrêté attaqué et notamment de son dispositif qu'aucun refus de séjour n'a été opposé à Mme C en sorte que, dès lors, les conclusions dirigées contre cette décision inexistante sont irrecevables et les moyens y afférant inopérants.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. Aux termes de l'article L. 611-1 de ce code prévoit que " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; (). ". Le premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".

4. Il ressort des pièces du dossier et des débats à l'audience que Mme C est en France avec son époux et ses enfants. Toutefois, l'ensemble de la fratrie est de nationalité turque et son époux est également en situation irrégulière. Dans ces conditions, le préfet de police de Paris n'a entaché sa décision d'aucune erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

5. Aux termes de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français (). ". Le dernier alinéa de l'article L. 721-4 du même code prévoit qu'" Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées (). ".

6. Si les fondements sur lequel la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) et le tribunal administratif sont amenés à statuer concernant les risques encourus dans un pays déterminé ne sont pas les mêmes, la Cour se fondant sur la Convention de Genève ou les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relative à la protection subsidiaire et le tribunal administratif sur l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou le moyen tiré de l'erreur d'appréciation sur les risques encourus, il ressort de l'esprit de ces différents textes et fondements une communauté de vue et d'analyse en sorte notamment que le juge du pays de destination peut s'approprier tout élément lui permettant de se forger son opinion quant aux risques encourus et notamment des décisions de la Cour sur l'état de la situation sécuritaire dans le pays de destination de l'étranger requérant.

7. Mme C fait valoir qu'elle, ainsi que ses deux enfants, craignent d'être exposés à des persécutions ou à une atteinte grave par les membres de sa famille et de sa belle-famille, en raison de leur opposition à son mariage inter-ethnique, sans pouvoir bénéficier de la protection effective des autorités. Il ressort de la lecture de la décision de la CNDA n° 23022649 du 258 septembre 2023, présentée à l'audience et mise au contradictoire par le magistrat désigné, n'a nullement fait mention de l'existence des enfants de Mme C alors même que la notification de cette décision par la Cour concerne explicitement la requérante ainsi que ses deux enfants. Dans ces conditions, c'est avec raison que Mme C est fondée à soutenir que la décision fixant le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office, et alors que le préfet de police de Paris ne conteste aucunement ni les risques encourus pour les enfants en cas de retour dans leur pays d'origine ni que la requérante contribue à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des risques encourus.

8. Il résulte de ce qui précède, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la seule décision du 4 décembre 2023 par laquelle le préfet de police de Paris a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office en tant qu'elle fixe la République de Turquie mais pas celle de la même date de la même autorité l'obligeant à quitter le territoire français.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 4 décembre 2023 par laquelle le préfet de police de Paris a fixé le pays à destination duquel Mme A C pourra être éloignée d'office est annulée en tant qu'elle fixe la République de Turquie, sans que Mme A C soit dispensée de son obligation de quitter le territoire français.

Article 2 : Le surplus de la requête de Mme A C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : G. Girard-Ratrenaharimanga

La greffière,

Signé : N. Riellant

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N. Riellant

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions