lundi 22 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2400134 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | STOYANOVA |
Vu la procédure suivante :
I. Par une première requête, enregistrée le 2 janvier 2024 sous le n° 2400023, Mme C A, retenue au centre de rétention n° 2 du Mesnil-Amelot sis 2 rue de Paris au Mesnil-Amelot (77990), demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés notifiés le 1er janvier 2024 par lequel le préfet de police de Paris :
- l'a obligée à quitter le territoire français ;
- lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- a fixé le pays de destination ;
- et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois ;
- l'a inscrite dans le système d'information Schengen (SIS) ;
2°) d'être assistée d'un avocat commis d'office et d'un interprète en langue sorani ;
3°) d'ordonner au préfet, en application du III de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la communication de son entier dossier sur la base duquel l'arrêté litigieux a été pris.
Mme A soutient que :
- la compétence du signataire de l'arrêté litigieux n'est pas établie ;
- les décisions querellées sont entachées d'insuffisance de motivation ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit ;
- le préfet a méconnu le principe du contradictoire garanti à l'article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'arrêté litigieux viole l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car, ressortissante kurde, elle a fui son pays car elle avait des craintes pour sa vie ;
- il viole l'article 8 de la même convention.
II. Par une seconde requête, enregistrée le 5 janvier 2024 sous le n° 2400134, Mme A, toujours retenue au centre de rétention du Mesnil-Amelot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté notifié le 5 janvier 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a maintenue en rétention ;
2°) d'enjoindre à l'autorité administrative de lui délivrer sans délai une attestation de demande d'asile au titre de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) et de lui fournir les droits prévus par la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013, à savoir un lieu susceptible de l'accueillir et une allocation journalière ;
3°) d'être assistée d'un avocat commis d'office et d'un interprète en langue sorani ;
4°) d'ordonner au préfet, en application du III de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la communication de son entier dossier sur la base duquel l'arrêté litigieux a été pris.
Mme A soutient que :
- l'arrêté de maintien en rétention est entaché d'incompétence de son auteur ;
- il est entaché d'un défaut de motivation et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il viole le respect du principe du contradictoire en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il viole son droit à un recours effectif en ce qu'elle souhaite saisir la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) ;
- il méconnait les dispositions de l'article R. 521-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- les arrêtés litigieux du préfet de police de Paris en date du 1er janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français ;
- l'arrêté litigieux du préfet de police de Paris du 5 janvier 2024 portant maintien en rétention ;
- les pièces, enregistrées le 19 janvier 2024, produites par le préfet de police de Paris ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Freydefont pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 22 janvier 2024 en présence de Mme Riellant, greffière d'audience :
- M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport et informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la mesure d'inscription de la requérante dans le système d'information Schengen ;
- les observations de Me Stoyanova, représentant Mme A, requérante présente car sous escorte policière et qui est assistée de Mme B, interprète en langue sorani, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, qu'elle a subi de mauvais traitements dans son pays d'origine de la part de son époux, un homme jaloux et violent et qui souhaite se venger sur elle de l'agression qu'a subie sa sœur ; son mari l'a enfermée et frappée à de nombreuses reprises, ainsi qu'en témoignent les traces de coups et les blessures qu'elle porte aux poignets et à la cheville ; elle a bien tenté de déposer plainte à la police pour ces faits mais c'est son époux qui a tous les droits car le droit irakien ne protège pas les femmes victimes de violences conjugales ; elle a donc dû retourner vivre chez son époux avec la peur d'être victime de nouvelles violences ; c'est la raison pour laquelle elle a choisi de fuir son foyer et son pays et de venir en Europe pour déposer une demande de protection ; elle ne peut absolument pas retourner en Irak où son époux la maltraitera voire la tuera ; elle a de la famille en Allemagne, à savoir ses filles dont une majeure ; si sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA, elle est encore dans les délais pour déposer un recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) ; par suite, le préfet méconnaît son droit à un recours effectif en ce qu'elle souhaite saisir CNDA ;
- les observations de Me Zerad, représentant le préfet de police de Paris qui conclut au rejet de la requête dirigée contre les arrêtés du 1er janvier 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et l'interdisant de retour sur le territoire français en faisant valoir qu'elle est entrée en France avec un faux visa, ce qui constitue un motif de droit et de fait pour l'obliger à quitter le territoire français sans délai ; de plus, aucune atteinte n'est portée au respect de la vie privée et familiale de la requérante en France puisque celle-ci y est dépourvue de tout lien familial ; enfin, les craintes de mauvais traitements allégués en cas de retour en Irak ne sont étayées sur aucun élément probant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". Aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. " Aux termes de l'article L. 614-6 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. " Enfin, aux termes de l'article L. 614-8 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 ou une décision de placement en rétention prise en application de l'article L. 741-1, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures. "
2. Par un premier arrêté en date du 1er janvier 2024 notifié le même jour à 12 heures 36, le préfet de police de Paris a, sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé Mme C A, ressortissante irakienne née le 27 janvier 1971 à Inc, à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a placée en rétention. Par un deuxième arrêté du même jour notifié à 12 heures 38, la même autorité administrative l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. Par la première requête susvisée, enregistrée le 2 janvier 2024 à 17 heures 17, Mme A demande l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, du refus de délai de départ volontaire, de la décision fixant le pays de destination, de l'interdiction de retour sur le territoire français et de son signalement dans le fichier du système d'information Schengen (SIS).
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger placé ou maintenu en rétention présente une demande d'asile, l'autorité administrative peut procéder, pendant la rétention, à la détermination de l'État responsable de l'examen de cette demande conformément à l'article L. 571-1 et, le cas échéant, à l'exécution d'office du transfert dans les conditions prévues à l'article L. 751-13. " Aux termes de l'article L. 754-3 du même code : " Si la France est l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et si l'autorité administrative estime, sur le fondement de critères objectifs, que cette demande est présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement, elle peut prendre une décision de maintien en rétention de l'étranger pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et, en cas de décision de rejet ou d'irrecevabilité de celle-ci, dans l'attente de son départ. "
4. Par un troisième arrêté du 5 janvier 2024 notifié le même jour à 15 heures 10, le préfet de police de Paris a décidé du maintien en rétention de Mme A en application de l'article L. 754-3 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une seconde requête enregistrée le 5 janvier à 15 heures 46, Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision de maintien en rétention.
Sur le jugement unique pour les deux requêtes :
5. Il est statué sur les requêtes n° 2400023 et 2400134 par une seule décision en application du troisième alinéa du L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel " Si l'étranger a formé un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 614-8 et que le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cette fin n'a pas encore statué sur ce premier recours, il statue sur les deux requêtes par une seule décision. ".
Sur la communication du dossier administratif de la requérante :
6. Aux termes de l'article L. 614-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat désigné à cette fin () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. " L'affaire est en état d'être jugée, le principe du contradictoire a été respecté et il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'entier dossier de Mme A détenu par l'administration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le signalement dans fichier du système d'information Schengen :
7. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". Il résulte de ces dispositions que l'inscription au fichier SIS présente le caractère de mesure d'information portée à la connaissance de l'étranger concerné. Cette mesure ne fait en conséquence pas grief à la requérante. Par suite, ses conclusions tendant à son annulation sont irrecevables et doivent, dans cette mesure, être rejetées.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français sans délai, la décision fixant le pays de destination et l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Or, les arrêtés attaqués ont été a été signés par M. D E, attaché d'administration de l'Etat et adjoint à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature du préfet de police consentie par un arrêté n° 2023-01047 du 11 septembre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des actes manque en fait.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-12 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. " ; aux termes de aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. " ; aux termes de l'article L. 613-2 dudit code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. "
10. D'une part, il ressort des termes du premier arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de l'obligation faite à Mme A de quitter le territoire français puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et le 1° de l'article L. 611-1 précité et mentionne que la requérante est entrée en France sous couvert d'un document de voyage non revêtu d'un visa. L'arrêté indique également qu'il n'est porté aucune atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée de mener une vie privée et familiale normale dans la mesure où elle se déclare mariée avec quatre enfants sans en apporter la preuve. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément à l'obligation prévue à l'article L. 613-1 précité.
11. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " ; aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () "
12. Il ressort des termes du premier arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de la décision de refus de délai de départ volontaire opposée à Mme A puisqu'en plus de ce qui a été développé au point 6, l'arrêté vise les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressée a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document de voyage ou fait usage de tels documents et qu'elle ne justifie pas d'une résidence effective et permanente. Il résulte de ce qui précède que le refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivé en droit comme en fait.
13. De plus, il ressort des termes du premier arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de la décision fixant le pays de destination puisqu'il vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité de Mme A, en l'espèce irakienne, et indique en son dernier considérant que la décision qui lui est opposée ne contrevient pas aux stipulations de cet article 3. Ces considérations suffisent à établir une décision fixant le pays de destination motivée en droit comme en fait.
14. Enfin, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " ; aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. "
15. Il résulte des dispositions précitées que, si une décision d'interdiction de retour doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'étranger, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger ; elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
16. Il résulte des termes du second arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait fondement de l'interdiction faite à Mme A de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 612-6 et suivants du code, indique la date d'entrée sur le territoire français de la requérante, à savoir le 23 décembre 2023, et rappelle sa situation familiale telle que mentionnée au point 6. Si la requérante fait plus particulièrement valoir que le préfet n'a pas motivé son interdiction de retour au regard des quatre critères énoncés à l'article L. 612-10 précité du code, en n'indiquant pas si elle s'est soustraite à une précédente mesure d'éloignement ou si son comportement constitue une menace pour l'ordre public, cette prise en compte n'est pas obligatoire ainsi qu'il a été dit au point précédent. Par suite, l'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée conformément aux dispositions de l'article L. 613-2.
17. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au respect de la vie privée et familiale : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () " Mme A soulève la violation de ces stipulations ; toutefois, il n'est pas contesté que sa date d'entrée sur le territoire français est toute récente puisqu'elle a déclaré être arrivée en France le 23 décembre 2023. De plus, si elle déclare être mariée et être mère de quatre enfants, elle ne l'établit pas, pas plus qu'elle n'établit la présence régulière de sa famille en France. Au contraire, la requérante a affirmé lors de l'audience publique avoir de la famille, à savoir deux de ses filles dont une majeure, mais en Allemagne, et non en France. Enfin, Mme A n'établit pas être isolée dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 52 ans et où réside son époux, selon ses propres déclarations. Il résulte de ce qui précède que le préfet de police n'a porté aucune atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale et que, par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme infondé.
18. Pour les mêmes raisons que celles qui viennent d'être développées, la requérante n'est pas davantage fondée à soutenir que les décisions contenues dans les arrêtés litigieux seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs conséquences sur sa situation personnelle.
19. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : () 3° Aux décisions pour lesquelles des dispositions législatives ont instauré une procédure contradictoire particulière () "
20. Mme A soutient que l'arrêté litigieux méconnaît le principe du respect des droits de la défense ; elle doit par un tel argumentaire être entendue comme se prévalant de son droit d'être entendue et du caractère contradictoire de la procédure garanti par l'article 41-2 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Or, d'une part, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non pas aux États membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de sa méconnaissance par une autorité d'un État membre est inopérant.
21. D'autre part, il ressort des dispositions du titre Ier du livre V du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des obligations de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme inopérant.
22. Enfin, et en tout état de cause, si le droit d'être entendu en tant qu'il fait partie intégrante du respect des droits de la défense, lequel constitue un principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, un tel droit ne saurait toutefois être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente serait tenue, dans tous les cas, d'entendre de façon spécifique l'intéressé. Notamment, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier, pas plus que de la situation personnelle, familiale et professionnelle de Mme A décrite au point 17, qu'à supposer que celle-ci ait détenu des informations relatives à sa situation personnelle, de telles informations, si elles avaient pu être communiquées à l'autorité préfectorale avant que ne soit pris l'arrêté litigieux, auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction des décisions qu'il contient. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté comme infondé. En tout état de cause, il ressort des pièces produites en défense le 19 janvier 2024 que Mme A a été entendue sur sa situation personnelle, familiale et administrative le 31 décembre 2023 et a été à même de présenter des observations une fois informée qu'elle pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement ; par suite, ce moyen sera également écarté comme manquant en fait.
23. En cinquième lieu, il résulte tant de la situation personnelle et familiale de Mme A rappelée ci-dessus que de la motivation des arrêtés litigieux décrite aux points 9 à 16 que le préfet de police a suffisamment examiné la situation de l'intéressée avant de prendre à son encontre les décisions querellées.
24. En sixième lieu, si la requérante soulève une erreur de droit, elle n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant au magistrat désigné d'en apprécier le bien-fondé.
25. En septième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui a repris les dispositions de l'article L. 513-2 du même code dans sa nomenclature antérieure au 1er mai 2021 : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " ; aux termes de cet article 3 : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " Mme A soulève la violation de ces dispositions et stipulations en faisant valoir qu'elle est d'origine kurde et qu'elle à dû fuir son pays car elle avait des craintes pour sa vie. Toutefois, elle ne démontre pas de manière probante qu'elle serait directement et personnellement exposée à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour forcé dans son pays d'origine, soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée. Elle fait plus particulièrement valoir qu'elle a subi de mauvais traitements dans son pays d'origine de la part de son époux, un homme jaloux et violent et qui souhaite se venger sur elle de l'agression qu'a subie sa sœur ; son mari l'a enfermée et frappée à de nombreuses reprises, ainsi qu'en témoignent les traces de coups et les blessures qu'elle porte aux poignets et à la cheville ; elle a bien tenté de déposer plainte à la police pour ces faits mais c'est son époux qui a tous les droits car le droit irakien ne protège pas les femmes victimes de violences conjugales ; elle a donc dû retourner vivre chez son époux avec la peur d'être victime de nouvelles violences ; c'est la raison pour laquelle elle a choisi de fuir son foyer et son pays et de venir en Europe pour déposer une demande de protection ; elle ne peut absolument pas retourner en Irak où son époux la maltraitera voire la tuera. Toutefois, elle n'assortit toutes ces allégations d'aucun élément probant. Ainsi, la consistance des menaces qui pèseraient sur elle en cas de retour en Irak n'est nullement étayée.
26. Pour les mêmes raisons, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation des risques encourus en cas de retour forcé dans son pays.
En ce qui concerne la décision de maintien en rétention :
27. En premier lieu, l'arrêté de maintien en rétention a été signé par M. D E, attaché d'administration de l'Etat et adjoint à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature du préfet de police consentie par un arrêté n° 2023-01047 du 11 septembre 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Paris du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cette décision manque en fait.
28. En deuxième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 751-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de maintien en rétention est écrite et motivée. " Or, il ressort des termes de l'arrêté préfectoral du 5 janvier 2024 comporte les considérations de droit et de fait fondements de la décision de maintien en rétention de Mme A puisqu'elle vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 754-1 et suivants et R. 751-1 à R. 751-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que la demande d'asile présentée par la requérante postérieurement à son placement en rétention doit être considérée comme dilatoire puisqu'elle n'a été déposée que dans le seul but de faire obstacle à son éloignement. Par suite, la décision de maintien en rétention est suffisamment motivée en droit comme en fait.
29. En troisième lieu, la circonstance que Mme A n'aurait pas été de nouveau entendue, préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué la maintenant en rétention le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile ne permet pas de regarder l'intéressée comme ayant été privée du droit d'être entendue qu'elle tient du principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, en sorte que, en tout état de cause, le principe du contradictoire n'a pas davantage été méconnu.
30. En quatrième lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 754-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, lorsque les conditions du maintien en rétention sont réunies, la demande d'asile est examinée selon la procédure accélérée prévue au 3° de l'article L. 531-24 du même code. La circonstance qu'en pareil cas le recours exercé devant la Cour nationale du droit d'asile à l'encontre de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, lorsqu'il rejette la demande d'asile présentée devant lui, ne présente pas un caractère suspensif, ne porte pas en elle-même atteinte au droit au recours des demandeurs d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à un recours effectif doit en tout état de cause être écarté.
31. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 521-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est remis au demandeur d'asile un document d'information sur la procédure de demande d'asile, sur ses droits et sur les obligations qu'il doit respecter au cours de la procédure, sur les conséquences que pourrait avoir le non-respect de ses obligations ou le refus de coopérer avec les autorités et sur les moyens dont il dispose pour l'aider à introduire sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. / Ce document l'informe également sur ses droits et sur les obligations au regard des conditions d'accueil, ainsi que sur les organisations qui assurent une assistance aux demandeurs d'asile. / Cette information se fait dans une langue que le demandeur d'asile comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend. " L'article R. 754-2 de ce code dispose que : " L'étranger placé ou maintenu en rétention administrative qui souhaite demander l'asile est informé, sans délai, de la procédure de demande d'asile, de ses droits et de ses obligations au cours de cette procédure, des conséquences que pourrait avoir le non-respect de ces obligations ou le refus de coopérer avec les autorités et des moyens dont il dispose pour l'aider à présenter sa demande. / Cette information lui est communiquée dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend. "
32. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, qui a signé sans réserve le 1er janvier 2024 un document faisant état de la notification de ses droits en rétention et lui indiquant notamment qu'elle dispose d'un délai de cinq jours à compter de la présente notification pour demander l'asile, a déposé une demande d'asile dans les formes prescrites. Si la requérante soutient que le guide du demandeur d'asile prévu à l'article R. 521-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui aurait pas été remis, ni ces dispositions, ni les dispositions précitées de l'article R. 754-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prévoient expressément la remise de ce document aux étrangers sollicitant l'asile après leur placement en rétention. Par suite, le moyen doit être écarté.
33. En dernier lieu, compte tenu des faits de l'espèce, et notamment de ce que la requérante n'a présenté une demande d'asile qu'une fois placée en rétention en exécution de la mesure d'éloignement du 1er janvier 2024 dont elle fait l'objet, et de ce qu'elle a déclaré vouloir rejoindre ses proches en Allemagne, c'est à bon droit que le préfet de police a estimé, sur la base de ces faits objectifs, que la demande d'asile que Mme A a présentée au centre de rétention administrative l'a été dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet au sens de l'article L. 754-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet de police de Paris n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
34. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés préfectoraux des 1er et 5 janvier 2024 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet de police de Paris.
Lu en audience publique le 22 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : N. Riellant
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2400023 ; 2400134
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026