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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2400238

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400238

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2400238
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantNIANG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 janvier 2024, M. D A B, représenté par Me Niang, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er décembre 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de le prendre en charge ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental du Val-de-Marne de réexaminer sa demande dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du département du Val-de-Marne la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la lettre du 26 janvier 2024 adressée par le greffe du tribunal à M. A B l'invitant à transmettre la décision par laquelle le président du conseil départemental a statué sur son recours administratif préalable obligatoire ou la preuve du dépôt d'un tel recours ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de tribunal administratif peuvent statuer par ordonnance pour rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 221-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions suivantes : 1° Apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur famille ou à tout détenteur de l'autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social, qu'aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre ; () ". Aux termes de l'article L. 222-1 du même code : " Sans préjudice des pouvoirs reconnus à l'autorité judiciaire, les prestations d'aide sociale à l'enfance mentionnées au présent chapitre sont accordées par décision du président du conseil départemental du département où la demande est présentée ". Aux termes de l'article L. 222-5 du même code : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : 1° Les mineurs qui ne peuvent demeurer provisoirement dans leur milieu de vie habituel et dont la situation requiert un accueil à temps complet ou partiel (). ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 134-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le contentieux relevant du présent chapitre comprend les litiges relatifs aux décisions du président du conseil départemental et du représentant de l'Etat dans le département en matière de prestations légales d'aide sociale prévues par le présent code ". Enfin, en vertu du premier alinéa de l'article L. 134-2 du même code, les recours contentieux formés contre les décisions mentionnées à l'article L. 134-1 sont précédés d'un recours administratif préalable exercé devant l'auteur de la décision contestée. L'institution par ces dispositions d'un recours administratif préalable obligatoire à la saisine du juge a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours préalable est seule susceptible d'être déférée au juge en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.

4. Il ressort des pièces du dossier que la requête de M. A B est dirigée contre la décision du 1er décembre 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Val-de-Marne a refusé de le prendre en charge au titre de la protection de l'enfance. Toutefois, contrairement aux dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles, la requête de M. A B n'est pas accompagnée de la preuve du recours administratif préalable obligatoire formé par le requérant avant de saisir le juge d'une requête à fin d'annulation de la décision attaquée. Invité, par un courrier du 26 janvier 2024 adressée à son conseil, par l'intermédiaire de l'application " Télérecours ", dont il a accusé réception le même jour, à régulariser sa requête en produisant un justificatif du recours préalable obligatoire qu'il devait présenter, M. A B a produit la preuve de l'envoi postal de son recours administratif préalable. Il résulte de ce document que le recours administratif préalable formé le 27 janvier 2024 est postérieur à l'enregistrement de la requête et ne saurait, par conséquent, la régulariser. Par suite, les conclusions de la requête M. A B sont manifestement irrecevables. Il y a lieu de les rejeter en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Copie en sera adressée au département du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 29 octobre 2024.

La présidente

Signé : C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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