Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2400890

vendredi 30 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2400890
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la demande de M. A, ressortissant gabonais, qui sollicitait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation provisoire de séjour pour fin d'étude et recherche d'emploi. Le juge des référés rappelle qu'il n'a pas compétence pour ordonner la délivrance d'un titre de séjour, cette mesure ne présentant pas un caractère provisoire. Il constate en outre que le silence gardé par l'administration pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la requête est rejetée comme mal fondée, M. A étant invité à contester cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir et, le cas échéant, par un référé-suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des productions de pièces complémentaires, enregistrées le 24 et le 31 janvier ainsi que le 4 mars 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation provisoire de séjour pour fin d'étude et recherche d'emploi, prise par le service des étrangers le

28 juillet 2023.

Il soutient que :

- il a obtenu le 26 septembre 2023 un Master auprès de l'Université Paris I Panthéon Sorbonne et a saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne d'une demande d'attestation provisoire de séjour pour fin d'étude et recherche d'emploi, alors que sa carte de séjour pluriannuelle mention " étudiant " est arrivée à expiration le 9 septembre 2023 ;

- il a téléversé son attestation de réussite au Master sur le site internet de la préfecture " Démarches simplifiées " sous le numéro de référence 13540496 ;

- il conteste la durée anormale de traitement de sa demande de délivrance d'une attestation provisoire de séjour pour fin d'étude et recherche d'emploi, alors qu'il remplit toutes les conditions pour l'obtenir ;

- la mesure sollicitée est utile, au regard des nombreuses démarches accomplies en vain, et ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

4. M. A, ressortissant gabonais né le 1er octobre 1993 à Libreville (Gabon), titulaire en dernier lieu d'une carte de séjour pluriannuelle mention " étudiant " valable du

10 septembre 2020 au 9 septembre 2023, a saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne le 28 juillet 2023 d'une demande d'autorisation provisoire de séjour pour fin d'études et recherche d'emploi. M. A demande qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer cette autorisation. Toutefois, d'une part, il ne relève pas du juge des référés, dont les décisions présentent un caractère provisoire, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de délivrer un titre de séjour. D'autre part, il ressort des dispositions précitées des articles

R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'à la date de la présente ordonnance, la demande présentée par M. A le 28 juillet 2023 auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet, née de son silence gardé pendant quatre mois. Il appartient à M. A, s'il s'y croit fondé, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir, et de former en parallèle une requête tendant à la suspension de l'exécution de cette décision, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,