lundi 25 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401242 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE SAGALOVITSCH EGLIE-RICHTERS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er février 2024, la Société Française du Radiotéléphone (SFR), représentée par Me Bidault, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 16 octobre 2023 par lequel le maire de la commune d'Alfortville s'est opposé à sa déclaration préalable n° DP 94002 23 C4104 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Alfortville de lui délivrer, à titre principal, la décision de non-opposition à la déclaration préalable objet de la présente instance dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de se prononcer à nouveau sur la déclaration préalable à laquelle il s'est opposé dans un délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Alfortville la somme de 4 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, pour répondre à ses obligations légales de couverture du territoire par son réseau, elle a déposé le 17 juillet 2023 une déclaration préalable en vue de l'installation de plusieurs antennes-relais sur la toiture d'un immeuble situé 41 rue de Seine à Alfortville (Val-de-Marne), que, par une décision du 16 octobre 2023, le maire de la commune s'est opposé à cette déclaration et qu'elle a saisi le tribunal le 14 décembre 2023 d'une demande d'annulation de cette décision.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite en raison de l'intérêt public lié à la couverture du territoire national, à ses obligations en la matière et de l'amélioration du service qui résultera de cette installation, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière, que les travaux projetés ne méconnaissent pas l'article 2.5 des dispositions communes du plan local d'urbanisme de la commune en raison de l'impact visuel limité des antennes, de même que celles de l'article 3.3 des mêmes dispositions communes car la toiture terrasse est accessible et donc ces dispositions ne peuvent s'appliquer, et celles de l'article 3.5 des dispositions du plan local d'urbanisme applicables à la zone UAb, le retrait étant respecté.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 février 2024, la commune d'Alfortville, représentée par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société requérante d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite et que les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire en réplique enregistré le 27 février 2024, la Société Française du Radiotéléphone (SFR), représentée par Me Bidault, conclut aux mêmes fins.
Vu
- la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 14 décembre 2023 sous le numéro 2313394, la Société Française du Radiotéléphone (SFR) a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 27 février 2024, tenue en présence de Mme Keli, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Bidault, représentant la Société Française du Radiotéléphone (SFR), requérante, qui rappelle que la condition d'urgence est satisfaite car elle est liée à ses obligations de déploiement du réseau et de couverture du territoire national, que ses propres cartes de couverture sont plus pertinentes que celles figurant sur son site, qui ne sont qu'estimatives, que, sur l'article 2.5, l'impact visuel a été limité et que cet article n'impose pas de le supprimer et il a été pris soin d'éloigner l'antenne le plus possible, que sur l'article 3.3, la toiture terrasse est bien accessible et que, sur l'article 3.5 de la zone Ab, la distance doit être prises en compte par rapport à la façade sur rue et non entre deux bâtiments qui ne sont pas des façades.
- les observations de Me Bieder, représentant la commune d'Alfortville, qui maintient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite car les couvertures du réseau sont suffisantes, qu'il n'y a aucune zone blanche sur le territoire et que les travaux correspondent à une amélioration du service, que la limitation de l'impact visuel doit être approfondie, que les dispositions de l'article 3.3 ne sont pas respectées au nord-est et sur l'article 3.5, que les antennes doivent être en retrait de toutes les façades même par rapport aux immeubles mitoyens.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 octobre 2023, le maire de la commune d'Alfortville s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 17 juillet 2023, complétée le 21 septembre 2023, par la Société Française du Radiotéléphone (SFR) en vue de l'installation, sur un immeuble situé 41 rue de Seine, de six antennes relais et de leurs équipements accessoires. Cette décision a été motivée par la méconnaissance, par le projet, des articles 2.5 et 3.3 des dispositions communes du plan local d'urbanisme de la commune ainsi que de l'article 3.5 de la zone UAb du même plan. Par une requête enregistrée le 14 décembre 2023, la Société Française du Radiotéléphone (SFR) a demandé au tribunal l'annulation de cet arrêté et sollicite du juge des référés, par sa requête du 1er février 2024, la suspension de son exécution.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. En premier lieu, aux termes d'un arrêté du 5 février 2021, transmis en préfecture le même jour, le maire de la commune d'Alfortville a donné à Mme A B, directrice générale déléguée des services municipaux, à l'effet de signer " tous les documents relatifs à l'instruction des dossiers d'autorisations ou de déclarations relatives à des constructions, aménagements et démolitions ". Par suite, la décision du 16 octobre 2023 en litige a été signée par une personne disposant pas délégation régulière.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2.5 (Hauteur des constructions) de la Partie 1 (Les définitions et dispositions communes au règlement - Volumétrie et implantation des constructions) du plan local d'urbanisme de la commune d'Alfortville : " Hauteur plafond : () Ne sont pas pris en compte les édicules techniques tels que souches de cheminées ou de ventilation, machineries d'ascenseurs, climatisation, gardes corps, acrotères faisant office de gardes corps dès lors que leur superficie n'excède pas 10% de la superficie du dernier niveau de la construction et que leur localisation et leur traitement permettent de limiter leur impact visuel. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que les antennes projetées seront implantées sur un immeuble dont le dernier étage est sous une toiture faisant un angle d'environ 40 degrés par rapport à la verticale, ce qui aboutit à fortement limiter leur impact visuel depuis la voie publique, puisqu'elle seront en partie dissimulées par le retrait du toit . Si la commune soutient qu'une des façades de l'immeuble est verticale sur toute sa hauteur et qu'en conséquence les antennes seront visibles de la voie publique, il résulte des pièces du dossier que l'implantation des antennes n'est pas prévue en bordure de cette façade mais sur les deux autres, ce qui aboutira également à en limiter l'impact visuel.
6. Dans ces conditions, le maire de la commune d'Alfortville ne pouvait opposer au projet de la société requérante la méconnaissance des dispositions des dispositions de l'article 2.5 des dispositions communes du plan local d'urbanisme de la commune, lesquelles en tout état de cause ne peuvent être interprétées comme visant à supprimer tout impact visuel des " édicules techniques " mais seulement à ce que celui-ci soit le plus réduit possible en fonction de leurs caractéristiques.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3.3 (Qualité architecturale) de la Partie 1 (Les définitions et dispositions communes au règlement - Qualité urbaine, architecturale et environnementale) du plan local d'urbanisme de la commune d'Alfortville : " Balcons et garde-corps : () En outre, les gardes corps de sécurité des toitures terrasse non accessibles doivent être implantés en retrait de l'acrotère et présenter un angle d'inclinaison qui limite leur impact visuel () ".
8. La société requérante soutient que la toiture terrasse de l'immeuble d'assiette est accessible par l'un de " skydomes " installés, d'ailleurs mentionné sur sa demande comme " accès terrasse ", et que, par conséquent, cette disposition ne serait pas applicable. Toutefois, la notion de " toitures terrasse non accessibles " ne peut s'entendre qu'en tant qu'elles ne sont pas accessibles au public et non à toute personne et notamment pas à celles en charge de l'entretien de l'immeuble qui doivent pouvoir y accéder en cas de nécessité. Par suite, la circonstance, d'ailleurs contestée par la commune, qu'un des skydomes permettrait l'accès à la toiture ne rend pas pour autant inapplicable la disposition en cause de l'article 3.3 des dispositions communes du plan local d'urbanisme de la commune.
9. En l'espèce, il ressort des plans de masse et d'élévation produits dans la déclaration préalable que les garde-corps projetés comportent une inclinaison de nature à limiter leur impact visuel de la voie publique. Dans ces conditions, le maire de la commune d'Alfortville ne pouvait opposer au projet de la société requérante dispositions de l'article 3.3 des dispositions communes du plan local d'urbanisme de la commune.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article 3.5 (Qualité urbaine, architecturale et environnementale - Dispositions diverses) des dispositions du plan local d'urbanisme de la commune d'Alfortville relatives à la zone UAb : " Antennes et éléments de superstructure : Les installations techniques établies en toiture (gaines, souches, antennes, machineries, caissons, canalisations, ), doivent être dissimulées, regroupées et faire l'objet d'un traitement assurant leur meilleure intégration visuelle. Ces éléments de superstructure doivent obligatoirement être implantés en retrait* de 3 mètres minimum par rapport au plan vertical de la façade. Les antennes d'émission ou de réception (radios, téléphones, télévisions, ), y compris les paraboles, doivent être intégrées dans la conception des constructions, sauf impossibilité technique. Dans ce cas, elles doivent être implantées en partie supérieure des constructions et en retrait de 3 mètres des façades ".
11. Le maire de la commune d'Alfortville reproche au projet de la société requérante la présence d'une des antennes en bordure immédiate de la façade de l'immeuble d'assiette constituée par le mur mitoyen de l'immeuble voisin. La société requérante soutient pour sa part que ce mur mitoyen ne saurait être qualifié de " façade " au sens du plan local d'urbanisme. Toutefois, en l'absence de définition particulière de la notion de " façade " dans le règlement de ce plan d'urbanisme, c'est sans erreur de droit que le maire de la commune a considéré que le mur latéral de l'immeuble d'assiette, quand bien même il serait mitoyen à un autre immeuble, constituait la façade latérale de l'immeuble et que la disposition rappelée au point précédent ne serait pas respectée pour celle-ci.
12. Il résulte donc de l'ensemble de ce qui précède que, en l'état de l'instruction, c'est pour le seul motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 3.5 (Qualité urbaine, architecturale et environnementale - Dispositions diverses) des dispositions du plan local d'urbanisme de la commune d'Alfortville relatives à la zone UAb que le maire de la commune était fondé à s'opposer à la déclaration préalable déposée par la société requérante.
13. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de la Société Française de Radiotéléphone (SFR) dans l'ensemble de ses conclusions.
Sur les frais du litige :
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Société Française de Radiotéléphone (SFR) une somme à verser à la commune d'Alfortville sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la Société Française de Radiotéléphone (SFR) est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Alfortville présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la Société Française de Radiotéléphone (SFR) et à la commune d'Alfortville.
Fait à Melun le 25 mars 2024.
Le juge des référés,
M. AYMARDLa greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°240124
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026