jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401336 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | TOURKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 février 2024, M. B A, retenu au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2, représenté par Me Tourki, demande au tribunal d'annuler la décision du préfet de l'Essonne en date du 15 juillet 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, portant pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français de trois ans, et de mettre fin à son signalement sur le système d'information Schengen.
Il soutient que l'arrêté litigieux :
- a été signé par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;
- est entaché d'une erreur de droit ;
- méconnait le principe du contradictoire garanti par l'article 41-2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- méconnait les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas produit d'observations en défense mais a communiqué des pièces enregistrées le 16 février 2024.
Le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 a communiqué des pièces enregistrées le 19 février 2024.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 15h18.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Pradalié, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Pradalié a été entendu au cours de l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pradalié,
- les observations de Me Tourki représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et soutient en outre que le principe du contradictoire n'a pas été respecté car il n'avait pas d'interprète. Les décisions attaquées n'ont pas été lues par un interprète au moment de la notification, alors qu'il avait un interprète à d'autres moments de la procédure. Il a refusé le 10 juillet 2023 de répondre aux questions de la police de l'air et des frontières mais en fait il ne comprenait pas les questions, notamment les mots d'ordre juridique. Lors de son audition l'essentiel des réponses est par oui ou par non, ce qui donne l'impression qu'il n'a pas tout compris faute de présence d'un interprète. Me Tourki parle arabe et a ainsi pu s'entretenir avec lui mais ce défaut d'interprète a empêché qu'il comprenne la décision préfectorale qui lui a été notifié. La pièce 6 produite par la préfecture montre que lors de la procédure concernant l'obligation de quitter le territoire français en date du 28 juin 2022 M. A a bénéficié d'un interprète en langue arabe. Il a toujours bénéficié d'un interprète sauf pour la notification de la décision. Sur le défaut de motivation, on met quelques extraits du casier pour nous dire qu'il représente une menace réelle et actuelle à l'ordre public. Mais alors pourquoi le juge pénal n'a-t-il pas décidé d'une interdiction du territoire français ' C'est parce qu'il a estimé qu'il ne représentait pas une menace réelle et actuelle pour l'ordre public. Certes il a été condamné, y compris à de la prison, mais il ne représente pas une menace à l'ordre public. Il ne s'agit que de délits de faible importance, car il était précaire et n'avait ni revenu fixe ni domicile fixe, il s'agit de délits pour survivre.
- les observations de Me Rahmouni, représentant le préfet de l'Essonne, qui soutient que la requête est tardive, le recours étant introduit plusieurs mois après la notification. Le requérant a signé les éléments qui ont lui été notifiés, il indique comprendre le français. Lors de l'entretien il n'a pas répondu que par des oui et des non mais il a donné des réponses circonstanciées. A la question de savoir s'il a de la famille en France, il répond des oncles et des tantes. Ses réponses aux questions qui lui ont été adressées démontrent sa maitrise de la langue française. Sur le fond, l'arrêté est motivé, le préfet produit une fiche pénale. Il a dissimulé son identité par de nombreux alias. Sa volonté de dissimulation justifie l'interdiction de retour sur le territoire français. Une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans est parfaitement proportionnée.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 17 septembre 1994 à Tizi-Ouzou en Algérie est entré en France en 2019 par bateau selon ses déclarations. Par un arrêté du 15 juillet 2023, le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son égard une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de l'arrêté précité du 15 juillet 2023.
2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 et de la décision d'assignation à résidence contestée en application de l'article L. 732-8. ". Aux termes de l'article L. 614-6 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. / Il est statué sur ce recours selon la procédure et dans les délais prévus, selon le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français, aux articles L. 614-4 ou L. 614-5. ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour être recevables, les requêtes tendant à l'annulation de telles décisions doivent être présentées au greffe du tribunal administratif, pour y être enregistrées, dans un délai de 48 heures suivant la notification de l'arrêté comportant ces décisions et que ce délai spécial de 48 heures, qui n'est pas un délai franc et n'obéit pas aux règles définies à l'article 642 du code de procédure civile, se décompte d'heure à heure et ne saurait recevoir aucune prorogation.
4. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que les décisions obligeant M. A à quitter le territoire français sans délai et fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office contenues dans l'arrêté en litige du préfet de l'Essonne en date du 15 juillet 2023 ont été notifiées simultanément à l'intéressé par voie administrative le même jour à 9 heures 15 et comportaient la mention des voies et délais de recours ouverts à leur encontre dont il est réputé avoir compris le sens en apposant sa signature sans réserve au bas de l'exemplaire de notification. En outre, il ressort des termes du procès-verbal d'audition administrative établi le 25 septembre 2023 à 09h38 par l'agent de police judiciaire en résidence à Evry que M. A a répondu clairement et précisément à toutes les questions qui lui ont été posées sans recourir au service d'un interprète. Enfin, M. A ne justifie d'aucune difficulté particulière ayant pu retarder sa saisine effective de la juridiction. Dans ces conditions, M. A doit être considéré comme ayant reçu notification de cet arrêté ainsi que celle des voies et délais de recours. Cette notification régulière a fait courir à son encontre les délais de recours contentieux à l'égard de ces décisions. Toutefois, la requête susvisée de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, et lui a infligé une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans, n'a été enregistrée au greffe du tribunal administratif que le 2 février 2024 à 11 heures 06 minutes, soit après l'expiration du délai de quarante-huit heures qui lui était imparti à cette fin. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A sont tardives et, par suite, irrecevables.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Essonne.
Lu en audience publique le 22 février 2024 à 16H21.
Le magistrat désigné,
Signé : G. Pradalié
La greffière,
Signé : MD. Adelon
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
MD. Adelon
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026