lundi 4 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401452 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | JACQUEZ DUBOIS LAURE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 6 et 26 février 2024, Mme A B, représentée par Me Créach, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé pendant deux mois par le maire de Villecresnes sur la demande dont elle a saisi celui-ci par une lettre datée du 4 octobre 2023 et reçue en mairie le 6 octobre suivant, ainsi que de la décision expresse de rejet de cette demande, en date du 8 décembre 2023 ;
2°) d'enjoindre au maire de Villecresnes de faire usage des pouvoirs de police qu'il tient de l'article L. 541-3 du code de l'environnement, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard, pour faire cesser, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité des décisions en litige, le danger grave et imminent qui résulte de la présence de déchets dangereux sur les parcelles cadastrales
AS 43 et AS 45 lui appartenant ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villecresnes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-sa requête est recevable ;
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, dès lors que : il existe un danger grave et imminent pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement en raison des déchets déposés sur sa propriété, notamment de bonbonnes de gaz qui risquent d'exploser et de causer ainsi des dégâts humains, matériels et environnementaux ; elle craint, outre la détérioration de ses biens, que sa responsabilité soit recherchée ; elle n'a pas tardé à agir ;
-il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige pour les raisons suivantes :
*ces décisions méconnaissent les dispositions du II de l'article L. 541-3 du code de l'environnement, dès lors que les bonbonnes de gaz déposées sur les parcelles lui appartenant constituent bien des déchets pour l'application de ces dispositions et représentent un danger grave et imminent pour la santé, la sécurité publique et l'environnement ;
*elles méconnaissent les dispositions du I du même article, dès lors que le maire de Villecresnes a connaissance depuis 2021 du dépôt de déchets sur les parcelles lui appartenant ainsi que de l'identité des producteurs ou détenteurs de ces déchets et qu'il ne peut légalement subordonner l'usage des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions à l'exercice d'une action en expulsion de l'occupant de son bien.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2024, la commune de Villecresnes, représentée par Me Jacquez Dubois, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la requête est irrecevable, dès lors qu'elle est assortie de conclusions à fin d'injonction portant sur des déchets dangereux dont l'élimination n'a pas été demandée dans la demande que la décision en litige a pour objet de rejeter ;
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie ;
-aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
Vu :
-la requête n° 2401440 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'environnement ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Au cours de cette audience, tenue le 27 février 2024 à 10h00 en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience, ont été entendus :
-le rapport de M. Zanella, juge des référés ;
-les observations de Me Créach, représentant Mme B, présente, qui a conclu aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
-les observations de Mme B ;
-et les observations de Me Jacquez Dubois, représentant la commune de Villecresnes, qui a conclu aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes motifs.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
2. Mme B a demandé au maire de Villecresnes (Val-de-Marne), par une lettre datée du 4 octobre 2023 et reçue en mairie le 6 octobre suivant, de faire usage des pouvoirs de police spéciale qu'il tient de l'article L. 541-3 du code de l'environnement à l'égard du ou des producteurs ou détenteurs des déchets présents sur les parcelles non contiguës dont elle est propriétaire dans cette commune, cadastrées section AS nos 43 et 45. Sa requête doit être regardée comme tendant, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, de la décision du 8 décembre 2023 par laquelle le maire de Villecresnes a expressément rejeté cette demande et qui s'est substituée à une décision implicite de rejet née antérieurement.
3. Aux termes de l'article L. 541-3 du code de l'environnement : " I. - Lorsque des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du présent chapitre et des règlements pris pour leur application, à l'exception des prescriptions prévues au I de l'article L. 541-21-2-3 et de celles prévues à la section 4 du présent chapitre, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente avise le producteur ou détenteur de déchets des faits qui lui sont reprochés ainsi que des sanctions qu'il encourt et, après l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations, écrites ou orales, dans un délai de dix jours, le cas échéant assisté par un conseil ou représenté par un mandataire de son choix, peut lui ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 15 000 € et le mettre en demeure d'effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé. / Au terme de cette procédure, si la personne concernée n'a pas obtempéré à cette injonction dans le délai imparti par la mise en demeure, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente peut, par une décision motivée qui indique les voies et délais de recours : / 1° L'obliger à consigner entre les mains d'un comptable public une somme correspondant au montant des mesures prescrites, laquelle est restituée au fur et à mesure de l'exécution de ces mesures []. / 2° Faire procéder d'office, en lieu et place de la personne mise en demeure et à ses frais, à l'exécution des mesures prescrites [] ; 3° Suspendre le fonctionnement des installations et ouvrages, la réalisation des travaux et des opérations, ou l'exercice des activités qui sont à l'origine des infractions constatées jusqu'à l'exécution complète des mesures imposées et prendre les mesures conservatoires nécessaires, aux frais de la personne mise en demeure ; / 4° Ordonner le versement d'une astreinte journalière au plus égale à 1 500 € courant à compter d'une date fixée par la décision jusqu'à ce qu'il ait été satisfait aux mesures prescrites par la mise en demeure [] ; / 5° Ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 150 000 € []. / II. - En cas d'urgence, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente fixe les mesures nécessaires pour prévenir les dangers graves et imminents pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement. ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'elles n'obligent l'autorité compétente à mettre en œuvre les pouvoirs de police spéciale qu'elles lui confèrent que lorsque des déchets, au sens du chapitre Ier du titre IV du livre V du code de l'environnement, sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du même chapitre et des règlements pris pour leur application et présentent ainsi des dangers pour la santé, la sécurité publique ou l'environnement. À cet égard, l'article L. 541-1-1 du code de l'environnement précise qu'au sens du chapitre Ier du titre IV du livre V de ce code, un déchet désigne " toute substance ou tout objet, ou plus généralement tout bien meuble, dont le détenteur se défait ou dont il a l'intention ou l'obligation de se défaire ".
5. En l'état de l'instruction, dont il résulte, en particulier, que les bonbonnes de gaz dont la présence a été constatée sur les parcelles appartenant à Mme B sont utilisées par leur détenteur dans le cadre de l'exercice d'une activité professionnelle, les moyens tirés de ce que le maire de Villecresnes aurait fait une inexacte application des dispositions du I ou du II de l'article L. 541-3 du code de l'environnement en refusant de faire usage du pouvoir de police spéciale qu'il tient de ces dispositions ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de ce refus.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Villecresnes, ni de se prononcer sur la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles relatives aux frais liés au litige.
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a par ailleurs pas lieu de mettre à la charge de la requérante la somme que la commune de Villecresnes demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 :Les conclusions présentées par la commune de Villecresnes au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Villecresnes.
Fait à Melun, le 4 mars 2024.
Le juge des référés,La greffière,
Signé : P. ZanellaSigné : O. Dusautois
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026