jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401706 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CLAIRANCE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 février 2024, M. B A, représenté par Me Renaudin, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution des arrêtés en date du 6 octobre 2023 par lesquels le maire de la commune de Villejuif a retiré les permis de construire délivrés les 4 août 2005 et 19 mars 2012 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villejuif la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique qu'il a obtenu en 2005 un permis de construire un bâtiment neuf de deux logements à Villejuif (Val-de-Marne), que ce chantier a fait l'objet d'une déclaration d'achèvement de travaux du 5 mars 2009, qu'il a bénéficié d'un autre permis de construire en mars 2012 pour la construction d'une maison individuelle et la pose de quatre fenêtres sur le bâtiment existant autorisé en 2005, que les travaux ont été déclarés terminés le 6 mai 2015, qu'il a été destinataire le 22 octobre 2021 d'un procès-verbal d'infraction au code de l'urbanisme lui reprochant le nombre insuffisant de places de stationnement dans ces bâtiments, qu'il a répondu le 9 février 2022 que les infractions étaient prescrites, et que, par deux arrêtés du 6 octobre 2023, la commune de Villejuif a procédé au retrait des deux permis de construire accordés en 2005 et 2012.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car les deux arrêtés de retrait ont des conséquences irréversibles sur les conditions de légalité d'édification et d'occupation du bien immobilier concerné et la pérennité des baux d'habitations en cours et, sur le doute sérieux, que l'intention frauduleuse qui lui est prêtée n'est pas démontrée.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 février 2024, la commune de Villejuif, représentée par Me Moghrani, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle oppose une fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de la requête au fond, pour tardiveté.
Elle soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite car elle résulte de sa propre négligence à respecter les règles d'urbanisme et que les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire en réplique enregistré le 26 février 2024, M. B A, représenté par Me Renaudin, conclut aux mêmes fins.
Vu :
- les décisions contestées,
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 8 février 2024 sous le numéro 2401538, M. A a demandé l'annulation des décisions contestées.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 27 février 2024, tenue en présence de Mme Keli, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Barthalais, représentant M. A, requérant, absent, qui rappelle qu'il a obtenu deux permis de construire en 2005 et 2012 dont les travaux ont été déclarés terminés en 2009 et 2015, que le procès-verbal d'infraction a été établi en 2021, qui maintient que la prescription était acquise pour ces infractions qui lui sont reprochées, que le juge civil a été saisi pour les manœuvres frauduleuses, que son recours n'est pas tardif, que la condition d'urgence est satisfaite et qu'il n'y a eu aucune intention frauduleuse de sa part ;
- les observations de Me Reis, représentant la commune de Villejuif, qui maintient que la requête est tardive car la notification a été faite le 10 octobre 2023, que la deuxième notification n'a pas de conséquences sur cette tardiveté, que la condition d'urgence n'est pas satisfaite car l'intéressé n'a pas respecté les permis de construire qu'il a déposés, que la fraude est manifeste et incontestable car les demandes de permis comportaient des informations erronées qui ont conduit la ville à délivrer les permis en cause, que la division en plusieurs logements n'était pas prévue au départ et que la prescription de l'infraction pénale n'est pas applicable en cas de fraude.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux arrêtés en date du 6 octobre 2023, le maire de la commune de Villejuif (Val-de-Marne) a procédé au retrait d'une part d'un permis de construire accordé à M. B A, le 4 août 2005, pour une construction neuve à usage d'habitation 12 rue des Guipons et d'autre part d'un second permis de construire accordé à M. B A le 19 mars 2012 en vue de la construction d'une maison individuelle et la pose de quatre fenêtres en toiture d'un bâtiment situé 10 rue des Guipons. Ces arrêtés faisaient suite à un procès-verbal de constat d'infraction établi le 22 octobre 2021 par les services de la commune ayant relevé la présence de neuf appartements distincts en lieu et place des deux permis de construire déposés en vue de construire des maisons individuelles, l'existence de deux chambres en sous-sol et le nombre insuffisant de places de stationnement. Une procédure contradictoire avait été diligentée le 31 juillet 2023. Les lettres recommandées contenant ces arrêtés ont été retournées le 30 octobre 2023 à la commune de Villejuif avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Les arrêtés en cause ont été remis en main propre à M. A le 12 décembre 2023. Par une requête enregistrée le 8 février 2024, M. B A a demandé l'annulation de ces deux décisions de retrait et sollicite du juge des référés, par sa requête du 12 février 2024, la suspension de leur exécution.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Lorsque la requête en annulation d'une décision administrative faisant l'objet d'une demande de suspension présentée au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est irrecevable, cette demande de suspension doit être rejetée comme non fondée.
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que, par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Lorsque le pli contenant une décision n'a pas été retiré pendant son délai de garde par les services postaux, la notification est considérée comme ayant été effectuée dès le jour de la première présentation de ce pli au domicile de l'administré.
5. Il ressort des pièces du dossier que les lettres recommandées, référencées " 2C 176 960 1212 5 " et " 2C 176 960 0920 0 " contenant les décisions en litige ont été présentées au domicile du requérant le 10 octobre 2023 et ont été retournées à la commune de Villejuif le 30 octobre 2023 avec la mention " pli avisé et non distribué ". Par suite, elles doivent être réputées avoir été régulièrement notifiées à M. A à la date de leur première présentation, soit le 10 octobre 2023, la circonstance qu'elles aient fait l'objet d'une seconde notification le 12 décembre 2023 étant sans incidence sur l'opposabilité de la date de première présentation comme point de départ du délai de recours contentieux au sens de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
6. Dans ces conditions, la requête au fond présentée par M. A le 8 février 2024 étant tardive, il y a lieu de faire droit à la fin de non-recevoir opposée par la commune de Villejuif et de rejeter la requête formée le 12 février 2024 sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative comme non fondée, en toutes ses composantes.
Sur les frais du litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme à verser à la commune de Villejuif sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Villejuif présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune de Villejuif.
Fait à Melun, le 21 mars 2024.
Le juge des référés,
M. AYMARDLa greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2401706
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026