vendredi 10 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401783 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SIDIBE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 février 2024, M. B A, représenté par Me Sidibe, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 décembre 2023 par laquelle le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France lui a indiqué que son inscription à l'examen du baccalauréat technologique pour la session 2024 est irrecevable ;
2°) d'enjoindre au directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France de rouvrir son dossier, de l'inviter à le compléter et d'enregistrer sa candidature dans un délai de 24 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte qu'il conviendra au tribunal de fixer ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de décider que le jugement sera exécutoire.
Il soutient que :
- il risque de perdre encore une année de baccalauréat et cela pourra compromettre son parcours académique ;
- il est victime de la dématérialisation du service public et d'un système de gestion informatisé et automatisé d'inscription dont il n'a pas été informé et il n'a pas été informé que des messages pouvaient arriver dans ses spams ;
- son inscription a été regardée comme irrecevable le 12 décembre 2023 alors que l'administration pouvait encore recevoir des pièces justificatives jusqu'au 20 décembre 2023 ;
- il aurait pu être invité à fournir les pièces par courrier et non pas par voie électronique uniquement.
La requête a été communiquée au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 15 février 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 25 mars 2024.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 9 avril 2024.
Par lettre du 19 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'exécution provisoire du jugement dans la mesure où les jugements des tribunaux administratifs sont exécutoires de plein droit en vertu de l'article L. 11 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- l'arrêté du 10 octobre 2023 portant ouverture des registres d'inscription aux épreuves finales et évaluations de contrôle continu du baccalauréat général et technologique session 2024 des académies de Créteil, Paris et Versailles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- et les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 8 décembre 2023, le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France a informé M. A que son inscription au baccalauréat au titre de la session 2024 est irrecevable au motif qu'il n'a pas produit les pièces justificatives avant le 1er décembre 2023. Par une décision du 22 décembre 2023, le directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France a rejeté le recours gracieux qu'il a formé. Par le présent recours, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 8 décembre 2023 du directeur du service interacadémique des examens et des concours d'Ile-de-France.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article D. 336-15 du code de l'éducation : " Une session d'examen du baccalauréat technologique est organisée au titre de chaque année scolaire aux dates et selon des modalités fixées par le ministre chargé de l'éducation nationale. / La liste des centres d'examen et les modalités d'inscription sont arrêtées par les recteurs d'académie. / () ". Aux termes de l'article D. 222-9 du code de l'éducation : " Sous réserve des dispositions de l'article D. 222-10, le directeur du service interacadémique des examens et concours exerce les compétences propres des recteurs d'académie relatives à l'organisation des concours et examens telles qu'elles sont définies par les règlements de ces concours et examens. / () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 10 octobre 2023 portant ouvertures des registres d'inscription aux épreuves finales et évaluations de contrôle continu du baccalauréat général et technologique session 2024 des académies de Créteil, Paris et Versailles : " Les registres d'inscription aux épreuves finales et évaluations de contrôle continu du baccalauréat général et technologique session 2024, sont ouverts du lundi 30 octobre 2023 au vendredi 24 novembre 2023. La préinscription s'effectue en ligne sur l'application CYCLADES ". Aux termes de l'article 2 de cet arrêté : " A l'issue de sa préinscription en ligne, chaque candidat individuel doit déposer au plus tard le vendredi 1er décembre 2023 sa confirmation d'inscription datée et signée sur son espace candidat CYCLADES ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 112-9 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration met en place un ou plusieurs téléservices, dans le respect des dispositions de loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique et aux libertés et des règles de sécurité et d'interopérabilité prévues aux chapitres IV et V de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives. / Lorsqu'elle met en place un ou plusieurs téléservices, l'administration rend accessibles leurs modalités d'utilisation, notamment les modes de communication possibles. Ces modalités s'imposent au public. / Lorsqu'elle a mis en place un téléservice réservé à l'accomplissement de certaines démarches administratives, une administration n'est régulièrement saisie par voie électronique que par l'usage de ce téléservice. / Un décret en Conseil d'État détermine les conditions d'application du présent article ". Aux termes de l'article R. 112-9-1 de ce code : " Pour exercer son droit de saisir une administration par voie électronique, toute personne s'identifie auprès de cette administration dans le respect des modalités d'utilisation des téléservices définies en application du deuxième alinéa de l'article L. 112-9. / A cet effet, elle indique dans son envoi, s'il s'agit d'une entreprise, son numéro d'inscription au répertoire des entreprises et de leurs établissements, s'il s'agit d'une association, son numéro d'inscription au répertoire national des associations et, dans les autres cas, ses nom et prénom et ses adresses postale et électronique. / Les modalités peuvent également permettre l'utilisation d'un identifiant propre à la personne qui s'adresse à l'administration ou celle d'autres moyens d'identification électronique dès lors que ceux-ci sont acceptés par l'administration ". Aux termes de l'article R. 112-9-2 de ce code : " L'administration informe le public des téléservices qu'elle met en place afin que le droit pour celui-ci de saisir l'administration par voie électronique puisse s'exercer. Cette information figure dans les modalités d'utilisation mentionnées au deuxième alinéa de l'article L. 112-9 et peut en outre être portée à la connaissance du public par tout moyen. / A défaut d'information sur le ou les téléservices, le public peut saisir l'administration par tout type d'envoi électronique. / Les téléservices peuvent prendre la forme d'une téléprocédure ou d'une procédure de saisine électronique, soit par formulaire de contact, soit par une adresse électronique destinée à recevoir les envois du public ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'ensemble des informations relatives à l'inscription sollicitée étaient disponibles sur le site internet du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France, que le requérant a été destinataire d'au moins un courriel afin de lui rappeler de déposer le récapitulatif d'inscription daté et signé et les pièces justificatives demandées sur la plateforme Cyclades avant le 24 novembre 2023 à 17 h 00 et qu'il n'a pas fourni ces documents dans un délai expirant au plus tard le 1er décembre 2023 concernant la confirmation de son inscription. En outre, contrairement à ce qu'invoque le requérant, ce service n'était tenu ni d'informer le requérant de ce que la consultation de ses courriels indésirables pouvait être nécessaire, ni de transmettre cette demande de pièces complémentaires par voie postale. Enfin, la circonstance que la décision attaquée risque de compromettre la suite de son parcours est sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le directeur du service interacadémique des examens et des concours d'Ile-de-France a considéré que sa demande d'inscription au titre de la session 2024 du baccalauréat technologique est irrecevable.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a également lieu de rejeter ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les conclusions tendant au caractère exécutoire du jugement :
6. Aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires ". Par suite, les conclusions tendant à ce le tribunal ordonne l'exécution du présent jugement sont irrecevables.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme de M. A demande au titre des frais liés au litige et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 3 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2024.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026