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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2401833

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401833

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2401833
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B qui demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de statuer sur la demande de renouvellement du titre de séjour de son épouse. Le juge a constaté que l'administration avait opposé une décision implicite de rejet à cette demande, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, la demande en référé a été jugée dépourvue d'utilité et de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative. La solution retenue est le rejet de la requête, le requérant étant invité à contester la légalité de la décision implicite par un recours en excès de pouvoir.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 février 2024, M. D C B doit être entendu comme demandant au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de traiter la demande de renouvellement du titre de séjour de son épouse, Mme A F C E épouse B.

Il indique que, de nationalité togolaise, il a déposé une demande de renouvellement du titre de séjour de son épouse le 8 novembre 2023, mais qu'il n'a pas eu de retour depuis lors, que la condition d'urgence est satisfaite car le visa de long séjour de son épouse est arrivé à expiration et elle risque d'être en situation irrégulière.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Madame A F C E, ressortissante togolaise née le 17 juillet 1975 à Lomé, a déposé sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sans obtenir de réponse de la préfète du Val-de-Marne. Par une requête enregistrée le 14 février 2024, son conjoint, m ; D C B, son conjoint, doit être entendu comme demandant au juge des référés qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de statuer sur sa demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne n'a pas répondu, dans le délai de quatre mois, à la demande de renouvellement du titre de séjour de madame C E déposée le 8 novembre 2023, délivré d'attestation de prolongation d'instruction à l'échéance de son visa de long séjour. Elle doit donc être réputée avoir opposé une décision implicite de rejet à cette demande à la date du 9 mars 2024.

5. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée pour Madame C E sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

6. Dans ces conditions, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,La greffière,

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