Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2401969
lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2401969 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET LARA |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 février 2024, M. B D demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Il soutient qu'un retour dans son pays d'origine mettrait gravement sa vie en danger/
Le 24 mai 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, a communiqué des pièces mais n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
-la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la décision de la Cour nationale du droit d'asile (2ème section, 2ème chambre) en date du 29 novembre 2023 rejetant le recours formé le 22 mars 2023 par M. D contre la décision du 15 février 2023 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait rejeté sa demande d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 29 mai 2024, tenue en présence de Mme Aït Moussa, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me A représentant M. D, requérant, présent, assisté de M. C, interprète, qui indique que sa propre sœur a été protégée mais pas lui, qu'il dispose d'éléments supplémentaires à faire valoir pour sa demande de protection, qu'il ne peut rentrer dans son pays d'origine, qu'il a un mandat d'arrêt au Sri-Lanka et que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation familiale ;
- les observations de Me Rahmouni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au rejet.
Le 29 mai 2024, M. D, représenté par M. A, a présenté une note en délibéré.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant sri-lankais né le 23 août 1994 à Vavuniya, entré en France le 29 septembre 2022 pour y solliciter l'asile, a vu sa demande rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 29 novembre 2023. Par une décision en date du 11 janvier 2024, la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par une requête enregistrée le 7 février 2024, elle a demandé l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". Aux termes de l'article L. 614-5 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. (). ".
3. Aux termes de l'article L. 614-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ".Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
4. M. D soutient que sa vie serait gravement en danger en cas de retour au Sri-Lanka et produit des éléments complémentaires qui démontreraient qu'il ferait toujours l'objet de poursuites dans son pays d'origine. Toutefois, les craintes exprimées par l'intéressé n'ont pas été tenues pour établies par la Cour nationale du droit d'asile, qui a considéré ses propos " sommaires " et son récit " schématique " et qui a relevé qu'il avait " " relaté ses arrestations et ses détentions alléguées, ainsi que les interrogatoires subis, en des termes lacunaires et dénués de sentiment de vécu ". Dans la mesure où le requérant n'apporte dans le cadre de sa requête pas d'éléments plus probants, en particulier avec sa note en délibéré, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions et stipulations citées au point précédent ne pourra qu'être également écarté, la circonstance que sa propre sœur ait fait l'objet d'une protection en 2012, pour des craintes qui lui sont propres, étant sans incidence.
5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. D ne pourra qu'être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B D et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : M. Aymard
La greffière,
Signé : S. Aït Moussa
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. Aït Moussa