mardi 13 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2402859 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | KONATE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 mars 2024, M. B A, représenté par Me Konaté, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 29 février 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour au préfet de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2.000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision en cause est insuffisamment motivée et qu'elle est entachée d'une erreur de fait car il dispose d'une autorisation de travail ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juin 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la note du ministre de l'intérieur et du ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion du 12 juillet 2021 relative aux modalités d'application des dispositions du code du travail pour les travailleurs étrangers ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 26 juin 2024, tenue en présence de Mme Adelon, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de Me Konate, représentant M. A, requérant, absent, qui maintient que la décision en cause est entachée d'un défaut de motivation car il est arrivé mineur en France et a été placé à l'aide sociale à l'enfance, et qui indique qu'il a été interpellé sur son lieu de travail alors qu'il dispose d'une autorisation de travail.
Le préfet de Seine-et-Marne, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant pakistanais né le 17 mars 2003 à Gujrat, entré en France le 20 août 2019, a été placé à l'aide sociale à l'enfance par une ordonnance provisoire de placement du procureur de la République du tribunal judiciaire de Melun (Seine-et-Marne) du 30 août 2019, confirmée par une ordonnance du juge des enfants du même tribunal du 3 septembre 2019 et confié au président du conseil départemental de Seine-et-Marne. Celui-ci lui a fait bénéficier d'un contrat " jeune majeur " à compter du 2 juin 2021. D'abord employé comme agent de restauration sous contrat à durée déterminée, il a conclu un contrat de travail à durée indéterminée le 2 septembre 2021 avec la société " Jump Pneus Meaux " de Meaux (Seine-et-Marne), qui a demandé et obtenu à son profit, le 29 juin 2022, du ministre de l'intérieur et des outre-mer une autorisation de travail. Le 16 juin 2022, il avait sollicité du préfet de Seine-et-Marne son admission au séjour en qualité de " salarié " sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui lui a été refusé par un arrêté du 26 août 2022 lui faisant également obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La légalité de cette décision a été confirmée par un jugement du présent tribunal du 9 février 2024. Le 29 février 2024, il a été interpellé sur son lieu de travail, et placé en retenue administrative. Il a fait l'objet, le même jour, par le préfet de Seine-et-Marne, d'une obligation de quitter sans délai le territoire français assortie d'une interdiction de retour pour une durée de un an. Par une requête enregistrée le 2 mars 2024, il a demandé l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation
2. Aux termes de l'article L.421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ".
3. La décision querellée du 29 février 2024 est motivée notamment par le fait qu'il avait été interpellé en position de travail " alors qu'il n'a pas obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2 du code du travail ". Or, il ressort des pièces du dossier que, le 29 juin 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer avait délivré à la société " Jump Pneus Meaux " ladite autorisation de travail au profit de M. B A pour occuper un emploi de garagiste-mécanicien. Celui-ci disposait donc du droit de se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " au regard du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ladite autorisation de travail étant délivrée dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail selon les termes de la note susvisée du 12 juillet 2021.
4. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que la décision contestée est entachée d'une erreur de fait caractérisant un défaut d'examen sérieux de sa situation et à en demander l'annulation en toutes ses dispositions.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes d'une part de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ".
6. Aux termes d'autre part de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
7. Compte tenu du motif d'annulation retenu ci-dessus, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de procéder au réexamen de la situation de M. A et de prendre une nouvelle décision, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu'à ce réexamen, sans qu'il soit besoin de fixer à ce stade une astreinte.
Sur les frais du litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme de 2000 euros qui sera versée à M. A en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté en date du 29 février 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a fait obligation à M. A de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de la reconduite, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de un an est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer la situation de M. A, de prendre une nouvelle décision, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui remettre sans délai une autorisation provisoire de séjour, valant autorisation de travail, valable jusqu'à ce réexamen.
Article 3 : L'Etat (préfet de Seine-et-Marne) versera une somme de 2000 euros à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 août 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : M. Aymard
La greffière,
Signé : MD. Adelon La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
MD. Adelon
2402859
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026