mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2402878 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Chambre Reconduite à la frontière 12 |
| Avocat requérant | CHICHEPORTICHE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2401864 du 6 mars 2024, la présidente du tribunal administratif de Versailles a renvoyé au tribunal, sur le fondement des articles R. 221-3, R. 312-8 et
R. 351-3 du code de justice administrative, la requête de M. B C enregistrée au greffe de ce tribunal le 1er mars 2024.
Par une requête, enregistrée le 6 mars 2024, M. B C, représenté par
Me Chicheportiche, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 20 février 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée de
cinq ans ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler ledit arrêté en tant qu'il lui fait interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée supérieure à un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les dispositions de l'articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur d'appréciation dès lors que sa présence en France ne représente pas une menace pour l'ordre public.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'il justifie de circonstances humanitaires et que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente du tribunal a désigné M. Bourgau en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur.
Le rapport de M. Bourgau, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain né le 1er novembre 1990 à Amizmiz (Maroc), est entré régulièrement en France le 4 mars 2019 sous couvert d'un visa de long séjour. Par arrêté du 28 février 2020, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 20 février 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée de
cinq ans.
Sur les moyens communs soulevés contre l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 5 février 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, la préfète de l'Essonne a donné délégation à Mme D A, adjointe au chef du bureau de l'éloignement du territoire et signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions contestées manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre et public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ".
4. L'arrêté contesté mentionne les nom, prénom, qualité de la signataire et comporte sa signature manuscrite. Par suite, le moyen manque en fait et doit être écarté.
5. En troisième lieu, l'arrêté contesté, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation du requérant, énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde de manière suffisamment circonstanciée pour mettre utilement M. C en mesure d'en discuter les motifs et le juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle du requérant avant de prendre les arrêtés attaqués. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur les autres moyens soulevés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant est père d'un enfant né en 2022, la seule attestation établie par la mère de l'enfant, ex-compagne du requérant, indiquant, dans des termes généraux, qu'il a fait l'acquisition de vêtements pour son fils, d'une poussette, d'un transat et de jouets ne suffit pas à établir que son fils est à sa charge. De plus, si le requérant soutient qu'il dispose d'un logement, il n'en justifie pas. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée, qui mentionne l'absence d'enfant à charge et de domicile fixe, reposerait sur des faits matériellement inexacts. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. C, régulièrement entré en France le 4 mars 2019 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 5 février 2020. Toutefois, alors que ce visa lui a été délivré en raison de son mariage, le 31 octobre 2018, avec une ressortissante française, cette relation a pris fin en raison des violences commises à l'encontre de sa conjointe entre mars 2019 et le 24 juin 2020, pour lesquelles il a été condamné par jugement du tribunal correctionnel de Bobigny du 4 novembre 2020 à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement, dont six mois avec sursis, avec mandat de dépôt, assortie d'un sursis probatoire de deux ans, de mesures de contrôle, d'une obligation de soins, d'une interdiction d'entrer en contact avec la victime et de paraître à son domicile. Célibataire et père d'un enfant, né le 6 octobre 2022 d'une nouvelle relation, la seule attestation établie par la mère de l'enfant, ex-compagne du requérant, indiquant qu'il était présent lors de l'accouchement et qu'il participe à l'entretien de l'enfant dans les conditions rappelées au point 7 ne suffit pas à établir l'existence de liens familiaux avec ce dernier. De plus, en dépit de la durée de sa présence sur le territoire français, le requérant ne produit aucune pièce de nature à établir l'existence de liens privés ou familiaux d'une particulière ancienneté, stabilité et intensité. Il ne justifie pas davantage d'une quelconque insertion professionnelle en France. Enfin, le requérant, qui a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de vingt-huit ans, n'établit ni y être dépourvu de liens ni être dans l'impossibilité de s'y réinsérer socialement et professionnellement. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale du requérant une atteinte disproportionnée par rapport aux objectifs pour lesquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
11. Le requérant ne produit aucune pièce ou photographie permettant d'établir l'existence de liens ni même de contacts avec son fils. Si, ainsi qu'il a été dit au point 9, il ressort de l'attestation établie par la mère de l'enfant, ex-compagne du requérant, que M. C a été présent lors de l'accouchement et a pris à sa charge certaines dépenses consécutives à la naissance de son fils, ces éléments sont insuffisants pour justifier d'un lien avec son fils ou de sa contribution effective à l'entretien et à l'éducation de ce dernier. De plus, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été condamné pour les violences commises à l'encontre de son ex-conjointe entre mars 2019 et le 24 juin 2020 à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement, dont six mois avec sursis, avec mandat de dépôt, assortie d'un sursis probatoire de deux ans, de mesures de contrôle, d'une obligation de soins, d'une interdiction d'entrer en contact avec la victime et de paraître à son domicile. Par ailleurs, le requérant, qui ne conteste sérieusement ni la matérialité des faits ni en être l'auteur, d'une part, a été signalé par les services de police pour non-respect d'une obligation ou interdiction imposée par le juge aux affaires familiales dans une ordonnance de protection d'une victime de violences familiales commis le 1er septembre 2020 et, d'autre part, a été interpellé puis placé en garde à vue pour des faits de blessures involontaires par conducteur de véhicule à moteur avec incapacité temporaire de travail supérieure à trois mois et délit de fuite après accident commis le 28 février 2024. Dans ces conditions, la décision contestée ne porte pas atteinte à l'intérêt supérieur du fils du requérant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Sur les autres moyens soulevés contre la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 12 que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (). ".
15. Il ressort des termes de la décision attaquée qu'elle est fondée sur le double motif tiré de la menace à l'ordre public que constitue la présence en France du requérant et du risque que le requérant se soustraie à exécution de la décision d'éloignement en raison de son maintien sur le territoire français malgré le rejet de sa demande de titre de séjour, de la circonstance qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et de l'absence de garanties de représentation suffisantes faute de disposer d'un document d'identité ou de voyage en cours de validité ainsi que d'une résidence effective et permanente dans un local à usage d'habitation.
16. Compte tenu de la gravité des faits rappelés au point 11 et de leur caractère récent, la préfète de l'Essonne n'a pas fait une inexacte appréciation des dispositions citées au point 14 en considérant que la présence en France du requérant constitue une menace pour l'ordre public. Au demeurant, la préfète aurait pris la même décision en se fondant uniquement sur le risque que le requérant se soustraie à l'exécution de la mesure d'éloignement en raison de la soustraction à l'exécution de la précédente mesure d'éloignement édictée à son encontre en 2022 et de l'absence de garanties de représentation suffisantes, le requérant ne contestant pas sérieusement l'absence de document de voyage ou d'identité en cours de validité et de résidence effective et permanente dans un local à usage d'habitation à la date de la décision attaquée. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
17. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire.
Sur l'autre moyen soulevé contre la décision fixant le pays de destination :
18. Il résulte de ce qui a été dit au point 12 que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
19. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 12 que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
22. D'une part, M. C, qui se borne à se prévaloir de la présence en France de son fils, de la circonstance qu'il travaille irrégulièrement et de sa prochaine admissibilité à la régularisation par le travail de son droit au séjour, ne justifie pas ce faisant de l'existence de circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français au sens de l'article L. 612-6. D'autre part, compte tenu de ce qui a été dit aux points 9 et 11, la préfète de l'Essonne n'a pas fait une inexacte appréciation des dispositions de l'article L. 612-10 en fixant à cinq ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français eu égard à l'absence de liens du requérant avec la France, au fait qu'il se soit soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans et à la menace pour l'ordre public que constitue sa présence en France. Par suite, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
23. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
24. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
25. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
26. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
Le magistrat,
T. BOURGAULa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2402878
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026