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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2403269

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403269

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2403269
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de la décision implicite de rejet de la préfète du Val-de-Marne refusant la délivrance d'un titre de séjour "étudiant" à Mme B, ressortissante vietnamienne. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car la demande de renouvellement du titre, déposée le 2 août 2023, est tardive au regard des délais prévus par l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et doit être regardée comme une première demande. En conséquence, la requête est rejetée comme manifestement mal fondée, sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 mars 2024, Mme A C B, représentée par Me Darmon, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne lui a implicitement refusé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour provisoire valable jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision en litige et de réexaminer sa situation en vue du renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article

R. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Mme B, qui, de nationalité vietnamienne, était titulaire, en dernier lieu, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable du 28 août 2020 au 24 août 2021, a déposé plusieurs demandes de renouvellement de ce titre de séjour, la première, le 7 juillet 2021, au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ", la dernière, le 2 août 2023, par voie postale. Sa requête doit être regardée comme tendant, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions, citées au point précédent, de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant quatre mois par la préfète du Val-de-Marne sur cette dernière demande.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision relative au séjour en France d'un étranger, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe remplie dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour de ce dernier. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.

4. D'une part, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire []. ". Une demande de renouvellement d'un titre de séjour présentée après l'expiration du délai ainsi prévu doit être regardée comme tendant à la première délivrance d'un titre de séjour de même nature.

5. En vertu de l'article 1er de l'arrêté du 27 avril 2021 visé ci-dessus, la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " prévue à l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile figure sur la liste mentionnée à l'article R. 431-2 du même code depuis le 1er mai 2021. Il appartenait dès lors à Mme B de solliciter le renouvellement de son titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui ont précédé l'expiration de ce titre, soit entre le 26 avril et le 25 juin 2021. Or il résulte de ce qui acété dit au point 2 que la requérante n'a déposé l'ensemble de ses demandes en ce sens qu'ultérieurement. Il s'ensuit que ces demandes doivent toutes être regardées comme tendant non pas au renouvellement mais à la première délivrance d'un titre de séjour et que l'intéressée ne peut par conséquent bénéficier en l'espèce de la présomption mentionnée au point 3.

6. D'autre part, pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet en litige, Mme B fait d'abord valoir qu'elle essaie vainement d'obtenir un nouveau titre de séjour depuis le 7 juillet 2021, que son compte personnel sur l'ANEF est bloqué au motif que son dernier titre de séjour est expiré depuis plus de neuf mois et que, ne pouvant quitter le territoire français du fait de sa situation administrative, elle n'a pas vu ses parents et les autres membres de sa famille depuis près de quatre ans. Toutefois, ces circonstances ne sont pas de nature à caractériser une urgence particulière au sens indiqué au point 3. Si la requérante fait également valoir qu'à défaut de pouvoir justifier d'un titre de séjour en cours de validité, l'école de commerce au sein de laquelle elle est actuellement inscrite en troisième année de " bachelor administration des entreprises " ne sera pas en mesure de valider son inscription en master, elle n'apporte aucun élément à l'appui de cette allégation. Par suite, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie en l'état de l'instruction.

7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme B, y compris ses conclusions accessoires aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C B.

Fait à Melun, le 18 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. Zanella

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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