mercredi 18 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2403329 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Formation | 14ème chambre, DALO |
| Avocat requérant | PONCET |
Vu la procédure suivante :
Par une lettre enregistrée le 18 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Poncet, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 2204515 du 27 avril 2023 du tribunal administratif de Melun en tant qu'il enjoignait à l'administration de réexaminer sa demande de logement.
Il soutient que le jugement n'a pas été exécuté.
La demande de M. A a été communiquée les 4 octobre et 30 novembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne.
Par une lettre enregistrée le 11 janvier 2024, la préfète du Val-de-Marne indique que le jugement a été exécuté, la commission de médiation ayant réexaminé sa situation par une décision du 29 juin 2023.
Par un courrier du 30 janvier 2024, la présidente du tribunal administratif de Melun informe M. A du classement administratif de sa demande.
Par courrier enregistré le 29 février 2024, M. A, représenté par Me Poncet, conteste la décision de classement.
Il soutient que si la commission a réexaminé sa situation le 29 juin 2023, elle s'est prononcée sans attendre les pièces demandées à M. A, pourtant communiquées dans le délai qui lui a été fixé.
Par une ordonnance du 15 mars 2024 a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution du jugement du 27 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a donné délégation à M. C D, premier
vice-président, en application de l'article R. 222-21-1 du code de justice administrative, pour exercer les attributions que la présidente du tribunal tient des dispositions figurant aux titres IV et V du livre III, au titre II du livre VI, à la section 4 du titre IV et au titre VI du livre VII et au titre II du livre IX du présent code.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L. 732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. D, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.
L'instruction a été clôturée après appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".
2. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de définition, par le jugement dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'implique nécessairement cette décision, il appartient au juge, saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'y procéder lui-même en tenant compte des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà de telles mesures en application de l'article L. 911-1 du même code, il peut, dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité, en préciser la portée. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites, ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée.
3. Pour annuler la décision du 20 janvier 2022 par laquelle la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne a rejeté son recours gracieux formé contre la décision initiale du 2 septembre 2021 rejetant son recours amiable tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue comme prioritaire et urgente, le jugement n° 2204515 du 27 avril 2023 s'est fondé sur l'inexacte application, par la commission, des dispositions de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation. Toutefois, le jugement a considéré que l'annulation de cette décision n'impliquait pas, en l'espèce, de prendre une mesure d'exécution déterminée, mais uniquement que la commission se prononce de nouveau sur cette demande. Il est constant que par une décision
du 29 juin 2023, la commission de médiation a procédé à ce réexamen. A supposer que cette décision soit elle-même entachée d'un vice de procédure, faute pour la commission d'avoir respecté le délai fixé à M. A pour produire des pièces devant obligatoirement être jointes à sa demande, cette circonstance soulève un litige distinct de celui qui a été tranché par le jugement n° 2204515
du 27 avril 2023. Ainsi, la commission de médiation du droit au logement opposable a satisfait à
son obligation d'exécution de ce jugement. Il s'ensuit que la demande tendant à l'exécution
du jugement doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-de-Marne.
Le premier vice-président, Le greffier,
O. D S. BONINE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026