Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403329

mercredi 18 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2403329
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationC
Formation14ème chambre, DALO
Avocat requérantPONCET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la demande de M. A visant à obtenir l'exécution du jugement du 27 avril 2023, qui enjoignait à la commission de médiation du droit au logement opposable (DALO) de réexaminer sa demande de logement. La juridiction a constaté que la commission avait procédé à ce réexamen par une décision du 29 juin 2023, satisfaisant ainsi à l'obligation d'exécution. Le tribunal a estimé que l'éventuel vice de procédure soulevé par M. A concernant cette nouvelle décision constituait un litige distinct, ne relevant pas de la présente procédure d'exécution. La solution retenue s'appuie sur l'article L. 911-4 du code de justice administrative et les dispositions du code de la construction et de l'habitation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une lettre enregistrée le 18 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Poncet, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande tendant à obtenir l'exécution du jugement n° 2204515 du 27 avril 2023 du tribunal administratif de Melun en tant qu'il enjoignait à l'administration de réexaminer sa demande de logement.

Il soutient que le jugement n'a pas été exécuté.

La demande de M. A a été communiquée les 4 octobre et 30 novembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne.

Par une lettre enregistrée le 11 janvier 2024, la préfète du Val-de-Marne indique que le jugement a été exécuté, la commission de médiation ayant réexaminé sa situation par une décision du 29 juin 2023.

Par un courrier du 30 janvier 2024, la présidente du tribunal administratif de Melun informe M. A du classement administratif de sa demande.

Par courrier enregistré le 29 février 2024, M. A, représenté par Me Poncet, conteste la décision de classement.

Il soutient que si la commission a réexaminé sa situation le 29 juin 2023, elle s'est prononcée sans attendre les pièces demandées à M. A, pourtant communiquées dans le délai qui lui a été fixé.

Par une ordonnance du 15 mars 2024 a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution du jugement du 27 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a donné délégation à M. C D, premier

vice-président, en application de l'article R. 222-21-1 du code de justice administrative, pour exercer les attributions que la présidente du tribunal tient des dispositions figurant aux titres IV et V du livre III, au titre II du livre VI, à la section 4 du titre IV et au titre VI du livre VII et au titre II du livre IX du présent code.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L. 732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. D, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.

L'instruction a été clôturée après appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de définition, par le jugement dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'implique nécessairement cette décision, il appartient au juge, saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'y procéder lui-même en tenant compte des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà de telles mesures en application de l'article L. 911-1 du même code, il peut, dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité, en préciser la portée. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites, ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée.

3. Pour annuler la décision du 20 janvier 2022 par laquelle la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne a rejeté son recours gracieux formé contre la décision initiale du 2 septembre 2021 rejetant son recours amiable tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue comme prioritaire et urgente, le jugement n° 2204515 du 27 avril 2023 s'est fondé sur l'inexacte application, par la commission, des dispositions de l'article R. 441-14-1 du code de la construction et de l'habitation. Toutefois, le jugement a considéré que l'annulation de cette décision n'impliquait pas, en l'espèce, de prendre une mesure d'exécution déterminée, mais uniquement que la commission se prononce de nouveau sur cette demande. Il est constant que par une décision

du 29 juin 2023, la commission de médiation a procédé à ce réexamen. A supposer que cette décision soit elle-même entachée d'un vice de procédure, faute pour la commission d'avoir respecté le délai fixé à M. A pour produire des pièces devant obligatoirement être jointes à sa demande, cette circonstance soulève un litige distinct de celui qui a été tranché par le jugement n° 2204515

du 27 avril 2023. Ainsi, la commission de médiation du droit au logement opposable a satisfait à

son obligation d'exécution de ce jugement. Il s'ensuit que la demande tendant à l'exécution

du jugement doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-de-Marne.

Le premier vice-président, Le greffier,

O. D S. BONINE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,