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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2403590

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2403590

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2403590
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour étudiant présentée par un ressortissant algérien. Le juge a estimé que la requête était mal fondée, car la décision contestée était inexistante, le requérant n'ayant pas démontré avoir déposé une demande de renouvellement auprès de la préfecture. En conséquence, la condition d'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision n'ont pas été examinées au fond. La décision est fondée sur l'article L. 522-3 du code de justice administrative, permettant le rejet d'une requête manifestement mal fondée sans audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 mars 2024, M. B A, représenté par Me Loghlam, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du

Val-de-Marne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour mention " étudiant " ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation administrative et de le recevoir afin de lui remettre un titre provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que le refus implicite de renouveler son titre de séjour le place en situation irrégulière, alors qu'il est un étudiant assidu et qu'il a entrepris toutes les démarches nécessaires pour l'obtenir ;

- cette situation l'empêche de réaliser le stage nécessaire à la poursuite de ses études et de retourner en Algérie voir sa famille ;

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision litigieuse ;

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien, dont il remplit toutes les conditions pour le renouvellement de son certificat de résidence ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. M. A, ressortissant algérien né le 28 mai 2001 à Blida (Algérie), entré en France le 4 septembre 2019 sous couvert d'un visa long séjour mention " étudiant ", a bénéficié de certificats de résidence portant la même mention, renouvelés jusqu'à la perte de son dernier titre de séjour, le 11 février 2022. Le 19 avril suivant, le requérant a reçu une première décision favorable à la délivrance d'un nouveau certificat de résidence, puis le

14 juin 2023, une nouvelle décision favorable au renouvellement de ce titre de séjour, valable jusqu'au 17 février 2024, dont il indique ne pas avoir obtenu la remise effective. M. A demande la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du

Val-de-Marne a refusé de renouveler ce dernier certificat de résidence.

3. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que M. A aurait saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne d'une demande de renouvellement du certificat de résidence, valable du 18 février 2023 au 17 février 2024 dont la remise effective n'a pas eu lieu, alors à l'inverse qu'il ressort des messages reçus de l'agence nationale des titres sécurisés que le dépôt d'une telle demande sur la plateforme " Administration Numérique des Etrangers en France " a été rendu impossible par l'ignorance de la date de remise de ce dernier titre de séjour. Dans ce contexte, M. A n'allègue pas ni ne démontre avoir contacté les services de la préfecture, ainsi qu'il y a été invité, afin de débloquer son dossier. Dès lors, en l'état de l'instruction, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour, présentées dans le cadre du recours en excès de pouvoir formé contre cette décision, doivent être regardées comme dirigées contre une décision inexistante. Il s'ensuit que les conclusions de la présente requête, par laquelle

M. A demande la suspension de l'exécution d'une telle demande, sont mal fondées.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction assorties d'une astreinte, ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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