jeudi 9 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2403901 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 13ème chambre, référés |
| Avocat requérant | DANA YAEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mars 2024 au greffe du tribunal administratif de Versailles et le 28 mars 2024 au greffe du présent tribunal, M. B C, représenté par Me Dana, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 12 mars 2024 par lequel le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de sa situation individuelle, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision en cause est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, en raison de son intégration professionnelle et de ses liens familiaux puisqu'il travaille sous un contrat à durée indéterminée depuis le 14 avril 2021 et réside avec son épouse et ses deux enfants qui sont scolarisés en France depuis 3 ans.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2024, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'ordonnance de la première vice-présidente du tribunal administratif de Versailles du 28 mars 2024 transmettant au tribunal administratif de Melun la requête de M. C au motif de sa résidence déclarée à Villeparisis (Seine-et-Marne) ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative, dans leur rédaction applicable.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique du 9 décembre 2024, tenue en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience, présenté son rapport, et entendu les observations de
Me Nataf substituant Me Dana, représentant M. C, présent, qui maintient sa requête en faisant valoir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale et de sa stabilité professionnelle puisqu'il vit avec ses deux enfants et son épouse sur le territoire français et qu'il travaille sous contrat à durée indéterminée depuis 2021.
Le préfet de l'Essonne, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 1er août 1980 à Akbou, entré dans l'espace Schengen le 17 décembre 2019 muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires espagnoles à Alger, a été interpellé le 11 mars 2024 pour conduite d'un véhicule sans permis et a été placé en garde à vue. Par un arrêté du 12 mars 2024, le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par une requête enregistrée le 26 mars 2024 au greffe du tribunal administratif de Versailles, il a demandé l'annulation de cette décision. Sa requête a été transmise au présent tribunal au motif de la résidence déclarée de l'intéressé à Villeparisis (Seine-et-Marne), 20 rue de l'Ile-de-France.
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; () 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. ()". Aux termes de l'article L. 612-1 du même code : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter tout élément permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
4. Si le requérant soutient que la décision contestée méconnaîtrait ces stipulations car il vit en France avec son épouse et leurs deux enfants qui sont scolarisés depuis plus de 3 ans, il ne produit aucune pièce à l'appui de ces allégations et il ne démontre pas non plus le caractère régulier du séjour en France de son épouse. Il n'établit donc pas l'impossibilité de poursuivre sa vie privée et familiale dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de l'Essonne n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations citées au point précédent.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien susvisé : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord () b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi [ministre chargé des travailleurs immigrés], un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française ; () ". Si le requérant fait valoir son intégration professionnelle depuis son arrivée en France résultant de son contrat de travail avec la société " Jumel Déménagement " de
Chilly-Mazarin (Essonne), il n'établit pas disposer d'un contrat de travail vié par les autorités compétentes.
5. Dans ces conditions, la requête de M. C ne pourra qu'être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.
D E C I
D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M B C, au préfet de l'Essonne et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2025.
Le magistrat désigné,La greffière,
A : M. AymardA : O. Dusautois
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026