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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2404228

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404228

jeudi 5 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2404228
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBIENFAIT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 avril 2024, Mme C B

épouse A, représentée par Me Bienfait, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'instruire sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que depuis l'expiration de son récépissé, son employeur a suspendu son contrat de travail, la privant ainsi de sa source de revenus ;

- la mesure sollicitée est utile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

" En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

3. Mme B épouse A, ressortissante malgache née le 18 août 1995 à Tamatave (Madagascar), mariée depuis le 24 décembre 2021 avec un ressortissant français, est entrée en France le 20 juin 2022 sous couvert d'un visa long séjour délivré en cette qualité. Le 20 juin 2023, la requérante a saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne d'une demande de délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", et a été mise en possession d'un récépissé arrivé à expiration le 19 décembre 2023 sans être renouvelé.

Mme B épouse A demande qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'instruire sa demande.

4. Toutefois, il ressort des dispositions précitées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la demande présentée par Mme B épouse A le 20 juin 2023 doit être regardée comme ayant fait l'objet une décision implicite de rejet, née du silence gardé par les services de la préfecture du

Val-de-Marne pendant quatre mois, et révélée par l'absence de renouvellement de son récépissé. En conséquence, les conclusions de la requérante présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite.

5. Il résulte de ce qui précède que ces conclusions doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B épouse A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B épouse A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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