mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2404540 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GRAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 avril 2024, M. A C, représenté par Me Lucien-Baugas, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre en tous ses effets la délibération prise le 21 mars 2024 par laquelle le conseil municipal de la commune de Faremoutiers a préempté la parcelle cadastrée A n° 937 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Faremoutiers la somme de 1.000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique qu'il est propriétaire de terrains sur le territoire de la commune de Faremoutiers et qu'il a conclu une promesse de vente sur la parcelle cadastrée A n° 937, qu'une déclaration d'intention d'aliéner a été communiquée en mairie de Faremoutiers et que, par une délibération du 21 mars 2024, le conseil municipal de cette commune a décidé de préempter cette parcelle.
Il soutient que son intérêt à agir est établi car il est titulaire d'une promesse de vente sur ce terrain, que la condition d'urgence est satisfaite car il a le statut d'acquéreur évincé, et, sur le doute sérieux, que la délibération ne fait pas apparaître la nature du projet envisagé sur ce terrain en cause et que la commune n'a pas de projet préexistant.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2024, la commune de Faremoutiers, représentée par Me Grau, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. C d'une somme de 3.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite puisque la promesse de vente est arrivée à échéance le 26 avril 2024 et n'a pas été prolongée
Par un mémoire en réplique enregistré le 5 mai 2024, M. A C, représenté par Me Lucien-Baugas, conclut aux mêmes fins.
Vu
- la délibération contestée,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 12 avril 2024 sous le numéro 2404530, M. C a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 6 mai 2024, tenue en présence de Madame Nodin, greffière d'audience, M. Aymard a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Lucien-Baugas, représentant M. C, requérant, présent, qui maintient qu'il n'y a pas d'éléments dans la délibération sur le projet destiné au terrain objet de la préemption, que le projet a été abordé le 4 mars 2024 lors d'un conseil restreint, que la condition d'urgence est présumée, qui indique que la promesse de vente n'est pas caduque, que l'acquéreur évincé dispose toujours d'un intérêt à agir, et que la commune ne dispose d'aucun besoin rapide et immédiat à réaliser son projet ;
- les observations de Me Grau, représentant la commune de Faremoutiers, qui maintient que l'intérêt pour la commune existe, que la condition d'urgence doit être contrebalancée par l'intérêt public consistant à aménager un point de collecte des ordures ménagères, qui constate que la date du 26 avril 2024 n'a fait l'objet d'aucune prolongation et que la matérialité du projet est établie.
Le 14 mai 2024, la commune de Faremoutiers, représentée par Me Grau, a présenté une note en délibéré.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 21 mars 2024, le conseil municipal de la commune de Faremoutiers (Seine-et-Marne) a décidé d'exercer son droit de préemption en vue d'acquérir la parcelle cadastrée A 937, rue B, d'une superficie de 172 m², au prix de 10.000 euros. Cette parcelle faisait l'objet d'une promesse de vente, en date du 26 février 2024, valable deux mois, au profit de M. A C, par ailleurs propriétaire de deux parcelles voisines, pour le même prix, hors les frais annexes. Par une requête enregistrée le 12 avril 2024 sous le numéro 2404530, M. C a demandé au tribunal l'annulation de cette délibération et sollicite du juge des référés, par sa requête enregistrée le 12 avril 2024, la suspension de son exécution.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau et à permettre l'adaptation des territoires au recul du trait de côte, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. (). Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé. Toutefois, lorsque le droit de préemption est exercé à des fins de réserves foncières dans le cadre d'une zone d'aménagement différé, la décision peut se référer aux motivations générales mentionnées dans l'acte créant la zone. () ". Aux termes de l'article L. 300-1 du même code : " Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser la mutation, le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le recyclage foncier ou le renouvellement urbain, de sauvegarder, de restaurer ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels, de renaturer ou de désartificialiser des sols, notamment en recherchant l'optimisation de l'utilisation des espaces urbanisés et à urbaniser. L'aménagement, au sens du présent livre, désigne l'ensemble des actes des collectivités locales ou des établissements publics de coopération intercommunale qui visent, dans le cadre de leurs compétences, d'une part, à conduire ou à autoriser des actions ou des opérations définies dans l'alinéa précédent et, d'autre part, à assurer l'harmonisation de ces actions ou de ces opérations ".
4. Il résulte de ces dispositions que les collectivités titulaires du droit de préemption urbain peuvent légalement exercer ce droit, d'une part, si elles justifient, à la date à laquelle elles l'exercent, de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement répondant aux objets mentionnés à l'article L. 300-1 du code de l'urbanisme, alors même que les caractéristiques précises de ce projet n'auraient pas été définies à cette date, et, d'autre part, si elles font apparaître la nature de ce projet dans la décision de préemption. En outre, la mise en œuvre de ce droit doit, eu égard notamment aux caractéristiques du bien faisant l'objet de l'opération ou au coût prévisible de cette dernière, répondre à un intérêt général suffisant.
5. En l'espèce, l'acquisition de la parcelle en cause, au demeurant d'une superficie réduite, a pour but l'installation d'un point d'apport volontaire des déchets à destination des habitants de cette partie de la commune qui n'en possède pas, avec éventuellement l'aménagement d'un espace suffisant pour que les camions en charge de la collecte puissent se retourner sans manœuvres excessives, le chemin rural dit B étant étroit et, à partir de cet endroit, difficilement carrossable pour les véhicules poids-lourds. Le projet s'inscrit ainsi dans un cadre plus large de rationalisation de la collecte des ordures ménagères par le syndicat intercommunal responsable, sur la base d'un projet dont l'étude a été lancée depuis plusieurs mois, et sert donc l'intérêt général.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'en l'état de l'instruction, et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence, aucun doute sérieux n'est susceptible d'entacher la légalité de la délibération attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de son exécution doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Ces dispositions font obstacle aux conclusions du requérant dirigées contre la commune de Faremoutiers, qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune présentées sur le même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Faremoutiers présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à la commune de Faremoutiers.
Melun, le 3 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2404540
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026