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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2404917

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2404917

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2404917
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant algérien conjoint de Français, qui demandait le renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a estimé que l'absence de renouvellement du récépissé à son échéance révélait une décision implicite de rejet de la préfète du Val-de-Marne, rendant la demande sans utilité et de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative. La requête a été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, le requérant étant invité à contester la décision implicite par un recours en excès de pouvoir.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 avril 2024, M. B A, représenté par

Me Orhant, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité algérienne, il est entré en France en 2021, qu'il est le conjoint d'une ressortissante française, qu'il a sollicité le 19 juillet 2023 un certificat de résidence algérien en qualité de conjoint de français, que son récépissé est arrivé à échéance le 18 janvier 2024, qu'il n'a pas été renouvelé malgré des demandes en ce sens, que la condition d'urgence est satisfaite car il doit bénéficier d'un récépissé pour protéger ses droits à voyager et travailler, et que la mesure sollicitée ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 M. A, ressortissant algérien né le 19 août 1987 à Alger, entré en France le

11 novembre 2017, a demandé à la préfète du Val-de-Marne la délivrance d'un certificat de résidence algérien en qualité de conjoint de ressortissant français. Il s'est vu remettre le

19 juillet 2023 un récépissé valable six mois qui n'a pas été renouvelé malgré des demandes en ce sens. Par une requête enregistrée le 19 avril 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de renouveler son récépissé.

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les

deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4 En l'espèce, le récépissé de M. A n'a pas été renouvelé à son échéance le

15 janvier 2024. Cette absence de renouvellement ne peut que révéler la naissance d'une décision implicite de rejet opposée à cette date par la préfète du Val-de-Marne à la demande présentée par M. A.

5 Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

6 Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressé demeurant fondé,

s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du

Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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