vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2404972 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET TAITHE PANASSAC ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I. - Par une requête enregistrée sous le n° 2306955 le 5 juillet 2023 et un mémoire enregistré le 21 avril 2024, M. B A, représenté par Me Philippot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2023 du maire de la commune de Nanteuil-lès-Meaux portant refus d'un permis d'aménager un lotissement à vocation d'habitat individuel de quatre lots à bâtir comprenant un lot bâti sur un terrain situé au 102 avenue François de Tessan à Nanteuil-lès-Meaux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune, à titre principal de lui délivrer le permis d'aménager dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de reprendre l'instruction de la demande de permis d'aménager et de statuer sur ce permis dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le maire n'a pas qualité pour agir au nom de la commune ;
- l'arrêté du 3 mai 2023 a illégalement retiré le permis d'aménager tacite né le 6 avril 2023 ;
- l'arrêté a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été invité à présenter ses observations écrites sur le retrait envisagé ;
- le projet ne méconnait pas les dispositions des articles R. 111-2 du code de l'urbanisme et UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le projet ne méconnait pas les dispositions de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2024, la commune de Nanteuil-lès-Meaux, représentée par Me Taithe, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 3 mai 2023 n'a pas retiré un permis tacite d'aménager ;
- le maire est en situation de compétence liée pour refuser le permis d'aménager litigieux pour des raisons de sécurité et n'avait pas à respecter une procédure contradictoire ;
- elle sollicite une substitution de motifs tirée de la fraude ;
- le projet méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de du défaut de production de la délibération qui délègue au maire le droit de représenter la commune.
Des observations ont été enregistrées et communiquées le 18 novembre 2024 pour la commune.
En application des articles R. 613-1 et R. 613-4 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 novembre 2024 à 17h00.
II. - Par une requête enregistrée sous le n° 2404972 le 21 avril 2024 et un mémoire enregistré le 22 octobre 2024, M. A, représenté par Me Philippot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2024 par lequel le maire de Nanteuil-lès-Meaux lui a refusé la délivrance du permis de construire huit maisons individuelles jumelées en R+1 et de démolir un abri de jardin sur le même terrain ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune, à titre principal de lui délivrer le permis de construire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de reprendre l'instruction de la demande de permis de construire et de statuer sur ce permis dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et ce, sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 19 février 2024 a illégalement retiré le permis tacite né le 26 janvier 2024 ;
- l'arrêté a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été invité à présenter ses observations écrites sur le retrait envisagé ;
- le projet ne méconnait pas les dispositions des articles R. 111-2 du code de l'urbanisme et UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- le projet ne méconnait pas les dispositions de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2024, la commune de Nanteuil-lès-Meaux, représentée par Me Taithe, conclut à l'irrecevabilité de la requête et à son rejet au fond, ainsi qu'à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête a été introduite tardivement ;
- l'arrêté du 19 février 2024 n'a pas retiré un permis de construite tacite ;
- le maire est en situation de compétence liée pour refuser le permis de construire litigieux pour des raisons de sécurité et n'avait pas à respecter une procédure contradictoire ;
- elle sollicite une substitution de motifs tirée de la fraude ;
- le projet méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnait les dispositions de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme.
En application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue 3 jours francs avant l'audience.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
- les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique,
- et les observations de Me Philippot, représentant M. A, et de Me Taithe, représentant la commune.
Dans le dossier 2404972, une note en délibéré a été enregistrée le 22 novembre 2024 pour la commune de Nanteuil-lès-Meaux, par Me Taithe. Elle n'a pas été communiquée.
Dans le dossier 2404972, une note en délibéré a été enregistrée le 23 novembre 2024 pour le requérant, par Me Philippot. Elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé le 6 janvier 2023 une demande de permis d'aménager en vue de la réalisation d'un lotissement à vocation d'habitat individuel composé de quatre lots à bâtir et d'un lot bâti à conserver sur la parcelle cadastrée section ZA n°47 située 102 avenue François de Tessan à Nanteuil-lès-Meaux, dont il est propriétaire. Le maire de Nanteuil-lès-Meaux a refusé de lui délivrer le permis d'aménager sollicité par un arrêté du 3 mai 2023. Le 18 octobre 2023, il a sollicité un permis de construire en vue de construire huit maisons individuelles jumelées en R+1 et de démolir un abri de jardin sur ce terrain. Par un arrêté du 19 février 2024, le maire de la commune a refusé de lui délivrer ce permis. Par les requêtes susvisées, M. A demande au tribunal l'annulation des arrêtés du 3 mai 2023 et du 19 février 2024.
2. Les requêtes présentées par M. A et enregistrées sous le n° 2306955 et n° 2404972 concernent le même terrain et le même projet de construction et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense dans le dossier n° 2306955 :
3. Si M. A conteste la qualité pour agir en justice du maire au nom de la commune, il ressort des pièces du dossier que, par une délibération du 16 décembre 2020, le conseil municipal a délégué au maire la faculté de défendre la commune dans les actions intentées contre elle. Par suite, cette fin de non-recevoir ne peut qu'être écartée.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense dans le dossier n° 2404972 :
4. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article R. 424-10 du code de l'urbanisme : " La décision accordant ou refusant le permis ou s'opposant au projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal. () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 112-15 du code des relations entre le public et l'administration : " () Lorsque l'administration doit notifier un document à une personne par lettre recommandée, cette formalité peut être accomplie par l'utilisation d'un envoi recommandé électronique au sens du même article L. 100 ou d'un procédé électronique permettant de désigner l'expéditeur, de garantir l'identité du destinataire et d'établir si le document a été remis. L'accord exprès de l'intéressé doit être préalablement recueilli ". Enfin, aux termes du II de l'article R. 474-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'en application du présent livre et des articles L. 112-14 et L. 112-15 du code des relations entre le public et l'administration, l'autorité compétente notifie un document par voie électronique à un usager, l'intéressé est réputé en avoir reçu notification : / 1° En cas d'utilisation d'un envoi recommandé électronique, le lendemain de la date d'envoi de l'information prévue au I de l'article R. 53-3 du code des postes et communications électroniques ; / 2° En cas d'utilisation d'un procédé électronique tel que mentionné à l'article R. 112-17 du code des relations entre le public et l'administration, par dérogation à l'article R. 112-20 du même code, le lendemain de la date d'envoi de l'avis de dépôt à l'usager ".
5. La commune de Nanteuil-lès-Meaux fait valoir en défense que la requête serait irrecevable dès lors que M. A, qui a reçu notification de l'arrêté attaqué le 20 février 2024, a formé un recours contentieux après l'expiration du délai de recours contentieux de deux mois. Il ressort des pièces du dossier que, conformément aux dispositions précitées, le pétitionnaire a accepté de recevoir les réponses de l'administration par lettre recommandée électronique ou par un autre procédé électronique équivalent à l'adresse " jrp4k04@gmail.com ". Toutefois, le courriel de notification a été adressé à l'adresse " jeanrobert.philipsin@cic.fr ". Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté du 19 février 2024 aurait été notifié à M. A le 20 février 2024. En tout état de cause, si la date de notification retenue était le 20 février 2024, le délai de recours contentieux expirait le 21 avril 2024, date à laquelle le recours a été introduit par le requérant. Dans ces conditions, cette fin de non-recevoir ne pourra qu'être également écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 3 mai 2023 :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction ". Aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () / b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; / c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager ". Aux termes de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet ". Enfin, aux termes de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : () / b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite ". Il résulte de ces dispositions qu'à l'expiration du délai d'instruction tel qu'il résulte de l'application des dispositions du chapitre III du titre II du livre IV du code de l'urbanisme relatives à l'instruction des déclarations préalables, des demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir, naît une décision de non-opposition à déclaration préalable ou un permis tacite. En application de ces dispositions, le délai d'instruction n'est ni interrompu, ni modifié par une demande, illégale, tendant à compléter le dossier par une pièce qui n'est pas exigée en application du livre IV de la partie réglementaire du code de l'urbanisme. Dans ce cas, une décision de non-opposition à déclaration préalable ou un permis tacite naît à l'expiration du délai d'instruction, sans qu'une telle demande puisse y faire obstacle.
7. L'article R. 441-4 du code de l'urbanisme précise que : " Le projet d'aménagement comprend également : () 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaitre la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ".
8. M. A a déposé son dossier de permis d'aménager le 6 janvier 2023 et s'est vu délivrer le même jour un récépissé précisant que le délai d'instruction de son dossier était de trois mois. Une demande de pièces complémentaires lui a été adressée le 24 janvier 2023 tendant à compléter le plan de masse " PA4 " en précisant " les côtes de l'aire de contournement notamment la diagonale, les dimensions de la voie piétonne (largeur) et la largeur de la voie de circulation véhicule (sans voie piétonne) ". Il ressort des pièces du dossier que le plan de masse initial transmis au dossier le 6 janvier 2023 était coté dans les trois dimensions, faisait apparaitre la composition d'ensemble du projet et informait le service instructeur de ce que la largeur totale de la voie d'accès était d'au moins 5 mètres et que l'aire de retournement mesurait 9 mètres de long sur 10 mètres de large. Un plan de masse PA4 daté du 6 février 2024 est venu compléter le dossier en ajoutant les éléments sollicités par la mairie. Toutefois, l'article R. 441-4 du code de l'urbanisme précité n'impose pas ce niveau de détails, la dimension de la diagonale pouvant d'ailleurs être déduite des autres dimensions déjà données. Ainsi, la commune n'était pas fondée à demander au requérant de matérialiser sur ce plan de masse déjà transmis les dimensions de l'aire de retournement, de la voie piétonne et de la voie de circulation. Dans ces conditions, le dossier de demande de permis d'aménager était réputé complet le 6 janvier 2023 et la commune avait jusqu'au 6 avril 2023 pour notifier une éventuelle décision de refus de permis d'aménager. L'arrêté portant refus de permis d'aménager ayant été pris le 3 mai 2023 et notifié postérieurement à la naissance d'une décision implicite d'autorisation, l'arrêté du 3 mai 2024 doit être regardé comme portant retrait de l'autorisation tacite dont M. A était titulaire.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
10. La décision portant retrait d'un permis d'aménager est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire de cette décision d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, afin qu'il bénéficie d'un délai suffisant pour présenter ses observations.
11. Toutefois, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. Le respect, par l'autorité administrative compétente, de la procédure par les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, constitue une garantie pour le titulaire de l'autorisation d'urbanisme que le maire envisage de retirer. La décision de retrait prise par le maire est ainsi illégale s'il ressort de l'ensemble des circonstances de l'espèce que le titulaire de l'autorisation d'urbanisme a été effectivement privé de cette garantie.
12. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle procédure contradictoire aurait été mise en place préalablement à l'édiction de l'arrêté attaqué. Par suite, ce moyen sera accueilli.
13. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. / () ". Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
14. D'autre part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Aux termes de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme : " - Pour être constructible un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fonds voisins ou éventuellement obtenu par application de l'article 682 du Code Civil qui permet à un propriétaire d'obtenir des accès adaptés à l'utilisation de son terrain. / - Les caractéristiques des accès doivent permettre de satisfaire aux règles minimales de desserte : défense contre l'incendie, protection civile, brancardage, ramassage des ordures ménagères, et de façon plus générale respecter les dispositions de l'article R 111.5 du Code de l'Urbanisme. / Les accès sur les voies publiques doivent être aménagés en fonction de l'importance du trafic sur celles-ci de façon à assurer la sécurité de la circulation générale, et celle des usagers des accès, et avoir une largeur minimale de 3,50 m () ".
15. L'arrêté attaqué est fondé sur la circonstance que " le projet de voirie n'est pas suffisant pour permettre le retournement des véhicules de secours et de lutte contre l'incendie dans toutes circonstances et qu'il est de nature à créer une situation dangereuse contraire aux dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ". La demande de permis d'aménager porte sur la création d'un lotissement à vocation d'habitat individuel de quatre lots à bâtir comprenant un lot bâti conservé sur un terrain d'une surface de 3 841 m². Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse et de la notice contenus dans la demande de permis d'aménager, que chaque lot sera desservi par une voie privée à créer, qui sera accessible par l'avenue François de Tessan, d'une largeur de 4,50 mètres et bordée par un chemin piétonnier d'une largeur d'un mètre, conformément aux dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme qui impose une largeur de 3,50 mètres. De plus, une aire de retournement de 10 mètres sur 9 mètres, représentant une diagonale de 13,50 mètres, est prévue au droit du lot C et des chemins d'accès aux lots D et E qui sont les plus éloignés de l'avenue François de Tessan. Par ailleurs, l'avenue François de Tessan est une départementale à double sens limitée à 50 km/h et qui présente, proche de l'entrée du terrain, un dos d'âne ainsi qu'un passage piéton. Dans ces conditions, il n'est pas établi que, au regard des dimensions de l'aire de retournement, tant les véhicules particuliers que les véhicules de secours ne puissent pas effectuer un retournement. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de lotissement permettrait l'implantation des constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises. Il suit de là que les moyens tirés de ce que le maire de Nanteuil-lès-Meaux a méconnu des dispositions des articles R. 111- 2 du code de l'urbanisme et UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme doivent être accueillis.
16. En quatrième lieu, aux termes de l'article UB 12 de ce même règlement : " Lors de toute opération de construction ou de transformation de locaux, des aires de stationnement devront être réalisées en dehors des voies publiques. / Les normes minimales et les caractéristiques de ces aires de stationnement sont définies dans le présent article. / () Dimensions minimales des places de stationnement : Places normales : 5,00 m x 2,50 m / () / Surface de stationnement / () Pour les constructions individuelles à usage d'habitation : 2 places de stationnement dans la propriété () ".
17. Il ressort des motifs de l'arrêté attaqué que le maire de la commune a également considéré que le projet de voirie et la configuration des lots envisagée empêchent également tout retournement des véhicules individuels tant sur ladite voirie que sur les lots en cause, ce qui est de nature à priver de tout effet les places qui seraient créées sur les différents lots et à limiter l'accès des lots à la voirie en projet et à créer une situation dangereuse sur la voirie publique notamment par des véhicules en marche arrière ou attendant que d'autres aient fini leurs manœuvres. Il ressort des pièces du dossier que chaque lot disposera de deux places de stationnement de 5,00 mètres sur 2,50 mètres conformément aux dispositions de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme précité. Si la commune remet en cause le caractère effectif des places de stationnement, il ressort des pièces du dossier que, concernant le lot A et B, les places de stationnement sont accessibles depuis la voirie interne du lotissement, et, concernant les lots C, D et E, les places de stationnement sont des places en enfilades, qui ne sont pas interdites par le règlement du plan local d'urbanisme. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de lotissement permettrait l'implantation des constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises. Par suite, le moyen tiré de ce que c'est à tort que le maire de Nanteuil-les-Meaux a considéré que le projet de M. A méconnaît les dispositions de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être accueilli.
18. Il résulte de ce qui précède que les motifs tirés de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et des articles UB 3 et UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme sont entachés d'une erreur de droit.
19. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
20. La commune de Nanteuil-lès-Meaux demande que soit substitué à ceux de la décision attaquée le motif tiré de la fraude.
21. La commue se prévaut de ce que la demande de M. A est entachée de fraude, dès lors que les pièces du dossier font référence à quatre maisons pour une surface de 360 m² alors que le requérant souhaite réaliser un projet de 1 500 m² avec une quinzaine de maisons ainsi qu'en témoigne la demande de permis de construire déposée par le pétitionnaire le 18 octobre 2023. Toutefois, le permis d'aménager n'ayant d'autre objet que d'autoriser le projet conformément aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, la commune n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joints à la demande, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude. Ainsi, contrairement à ce que soutient la commune, la seule circonstance que M. A ait déposé une demande de permis de construire dont le plan de masse ne correspond pas aux hypothèses d'implantation retenue dans le dossier de permis d'aménager n'est pas de nature à établir une intention frauduleuse de la part de M. A. Par suite, la substitution de motifs opposée en défense ne peut qu'être écartée.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 mai 2023 par lequel le maire de Nanteuil-lès-Meaux a refusé de lui délivrer un permis d'aménager doivent être accueillies.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 19 février 2024 :
23. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé un permis de construire le 18 octobre 2023 et qu'il s'est vu délivrer un récépissé le même jour précisant que le délai d'instruction de son dossier était de trois mois. Une demande de pièces complémentaires lui a été adressée le 27 octobre 2023 afin de fournir des pièces manquantes et de compléter certains documents. Il ressort des pièces du dossier que le récépissé des pièces complémentaires produites le 23 novembre 2023 mentionnait à tort un délai d'instruction de deux mois. Toutefois, cette circonstance n'a pas été de nature à modifier le délai d'instruction légalement applicable à la demande de M. A qui est de trois mois en application de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, le requérant ne conteste pas l'incomplétude du dossier de permis de construire tel que déposé le 18 octobre 2023, et il ressort des pièces du dossier que la demande de pièces complémentaires formulée par le maire de Nanteuil-les-Meaux le 27 octobre 2023 était fondée. Dans ces conditions, le délai d'instruction a commencé à courir le 23 novembre 2023, en application de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme, et un refus express pouvait être notifié jusqu'au 23 février 2024. Il ressort des pièces du dossier que la présentation du pli a eu lieu le 22 février 2024. Dans ces conditions, la notification de l'arrêté attaqué portant refus de permis de construire a eu lieu avant la naissance d'une éventuelle autorisation tacite. Ainsi, l'arrêté attaqué ne peut être analysé comme une décision portant retrait d'une autorisation tacite.
24. En deuxième lieu, l'arrêté du 19 février 2024 notifié le 22 févier 2024 n'ayant pas retiré une décision implicite d'acceptation, la commune n'était pas tenue de respecter une procédure contradictoire. Par suite, ce moyen sera écarté.
25. En troisième lieu, le maire de la commune a considéré que " le positionnement de l'aire de retournement en fin de voirie ne permet pas le retournement des véhicules de secours et de lutte contre l'incendie dans toutes les circonstances et qu'il est de nature à créer une situation dangereuse contraire aux dispositions de l'article R. 111-2, R. 111-5 du code de l'urbanisme et de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme ". Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire tend en la création de huit maisons jumelées en R+1 pour une surface habitable de 748 m² avec 18 places de stationnement. La voie d'accès, qui permet l'entrée des véhicules, a une largeur de 5,50 mètres avec un cheminement piéton d'un mètre, tandis que la voie interne, qui permet aux véhicules de circuler et de rejoindre les logements, a une largeur de 4,50 mètres. Par ailleurs, le projet comprend un espace de retournement en fond de parcelle, dont il n'est pas contesté que les dimensions sont les mêmes que celles concernant le projet relatif au permis d'aménager. Dans ces conditions, dès lors que la largeur de la voie interne permet à deux voitures de se croiser, eu égard à la configuration de l'avenue François de Tessan tel qu'indiqué au point 15 du présent jugement, et des dimensions de l'aire de retournement, c'est à tort que le maire de Nanteuil-les-Meaux a considéré que le projet litigieux constitue un risque pour la sécurité publique au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et méconnaît les dispositions de l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme. Il suit de là que les moyens tirés de ce que le maire de Nanteuil-lès-Meaux a méconnu des dispositions des articles R. 111- 2 du code de l'urbanisme et UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme doivent être accueillis.
26. En quatrième et dernier lieu, l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques prévoit que : " Les constructions nouvelles à usage d'habitation, les extensions, les annexes, les garages et les abris de jardins devront être implantées en retrait d'au moins 5 m de l'alignement de la voirie. Pour les terrains situés à l'angle de deux rues, cette distance doit être respectée par rapport à l'une des voies et en retrait minimum de 2.50 m par rapport à la deuxième. Une partie de la zone est concernée par la servitude d'alignement le long de la RD 2228 ".
27. Il ressort du lexique du règlement du plan local d'urbanisme que l'alignement est défini comme la limite entre une propriété privée et une voie ouverte à la circulation publique ou privée. En l'absence de mention expresse dans le règlement ou le lexique de ce que les dispositions de l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme s'appliquent aux voies à créer, le maire de la commune ne pouvait prendre en compte la voie interne à créer pour déterminer la marge de recul et considérer que le projet méconnaissait l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme.
28. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y'a lieu d'annuler l'arrêté du 19 février 2023 par lequel le maire de Nanteuil-lès-Meaux a refusé de délivrer un permis de construire au requérant.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
29. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
Dans l'instance n° 2306955 :
30. Aux termes de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme : " En cas de permis tacite ou de non-opposition à un projet ayant fait l'objet d'une déclaration, l'autorité compétente en délivre certificat sur simple demande du demandeur, du déclarant ou de ses ayants droit. () ". Aux termes de son article R. 424-17 : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. Les dispositions du présent article sont applicables à la décision de non-opposition à une déclaration préalable lorsque cette déclaration porte sur une opération comportant des travaux ".
31. Comme il a été vu précédemment, la décision contestée a emporté irrégulièrement retrait du permis d'aménager tacite dont M. A s'est trouvé titulaire à compter du 6 avril 2023. Il y a dès lors lieu, dans ces conditions, alors qu'est expiré le délai de trois mois prévu à l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme pendant lequel ce permis pouvait être retiré, d'enjoindre au maire de la commune de Nanteuil-lès-Meaux de délivrer à l'intéressé, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, le certificat prévu par les dispositions de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, qui mentionnera la date de notification de cet acte comme point de départ du délai de caducité de l'autorisation d'urbanisme fixé par l'article R. 424-17 du même code, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Dans l'instance n° 2404972 :
32. Aux termes de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un refus opposé à une demande d'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol ou l'opposition à une déclaration de travaux régies par le présent code a fait l'objet d'une annulation juridictionnelle, la demande d'autorisation ou la déclaration confirmée par l'intéressé ne peut faire l'objet d'un nouveau refus ou être assortie de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme intervenues postérieurement à la date d'intervention de la décision annulée sous réserve que l'annulation soit devenue définitive et que la confirmation de la demande ou de la déclaration soit effectuée dans les six mois suivant la notification de l'annulation au pétitionnaire ".
33. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol délivrée dans ces conditions peut être contestée par les tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes du jugement.
34. Il y a lieu, en application du principe rappelé au point 33 du présent jugement, d'enjoindre au maire de Nanteuil-lès-Meaux de délivrer à M. A le permis de construire sollicité le 18 octobre 2023, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
35. Dans les deux instances, d'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante, les sommes demandées par la commune de Nanteuil-lès-Meaux au titre de ces dispositions. En revanche, il y a lieu, au titre des deux instances, de mettre à la charge de la commune de Nanteuil-lès-Meaux la somme totale de 3 000 euros à verser à M. A au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Dans l'instance n° 2306955, l'arrêté du 3 mai 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Nanteuil-lès-Meaux de délivrer à M. A le certificat de permis d'aménager prévu par les dispositions de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Nanteuil-lès-Meaux versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la commune présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Dans l'instance n° 2404972, l'arrêté du 19 février 2023 est annulé.
Article 7 : Il est enjoint au maire de la commune de Nanteuil-lès-Meaux de délivrer à M. A le permis de construire sollicité le 18 octobre 2023 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 8 : La commune de Nanteuil-lès-Meaux versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 9 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 10 : Les conclusions de la commune présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 11 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Nanteuil-lès-Meaux.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
M. Collen-Renaux, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.
La rapporteure,
J. SENICHAULT DE IZAGUIRRELa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Nos 2306955
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026