jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405046 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 avril 2024, M. B A, représenté par le cabinet ASCE Avocat, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) avant dire droit, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne et / ou au directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui communiquer l'avis et l'entier dossier de son rapport médical, au vu duquel le collège des médecins de l'Office s'est prononcé ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui communiquer l'original de la décision contestée ;
3°) de suspendre l'exécution de la décision du 22 mars 2024 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de titre et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction, dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que le recours formé à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français n'est pas suspensif et qu'elle peut être mise en œuvre à tout moment ;
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur du refus de titre en litige ;
- cette décision est illégale en conséquence du défaut de communication de l'original de l'arrêté ;
- elle est illégale en conséquence du défaut de communication de l'avis émis le
22 janvier 2024 par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de cet avis ;
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de cet avis ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est contraires aux dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et est contraire aux stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la mesure d'éloignement est dépourvue de base légale ;
- elle méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence () le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code précise que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision relative au séjour en France d'un étranger, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe remplie dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour de ce dernier. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi ".
4. M. A, ressortissant sénégalais né le 22 octobre 2002 à Banjul (Gambie), entré en France le 3 mars 2020 sous couvert d'un visa de courte durée, a saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne d'une demande de délivrance d'un titre de séjour fondée sur les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 mars 2024, la préfète du Val-de-Marne a rejeté cette demande et a obligé le requérant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. M. A demande la suspension de l'exécution de ces décisions.
5. Toutefois, M. A ne peut valablement se fonder sur la menace de mise en œuvre de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre pour caractériser l'atteinte grave et immédiate portée à sa situation personnelle, alors qu'il ressort des termes précités de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'enregistrement du recours en excès de pouvoir, par lequel il conteste la légalité de l'arrêté du 22 mars 2024, a pour effet de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français qui l'assortit. Dès lors, la circonstance invoquée n'est pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension immédiate de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. A, unique décision susceptible d'entrer dans le champ d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, que les conclusions présentées par
M. A sur le fondement de cet article doivent être rejetées. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
La juge des référés,
Signé : C. Letort
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026