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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2405138

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405138

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405138
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande de M. A, ressortissant camerounais, qui sollicitait qu’il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour retirer sa carte de séjour temporaire « recherche d’emploi/création d’entreprise ». Le juge a estimé qu’une telle injonction ne relevait pas de l’office du juge des référés, les mesures prises devant être provisoires, et que la demande était dépourvue d’utilité dès lors que le dossier de l’intéressé semblait avoir été clos. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 avril 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour le retrait de sa carte de séjour temporaire " Recherche d'emploi - Création d'entreprise ", dans les plus brefs délais.

Il soutient que :

- malgré ses multiples tentatives de contact, il se trouve dans l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous avec les services de la préfecture du Val-de-Marne pour la remise de sa carte de séjour mention " recherche d'emploi/création d'entreprise ", alors que sa messagerie a été désactivée ;

- aucun employeur ne voudra l'embaucher alors qu'il dispose simplement d'un récépissé d'une validité de deux mois, tandis que la détention de ce titre de séjour est indispensable à la réalisation de ses démarches administratives.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant camerounais né le 25 mars 1998 à Douala (Cameroun), titulaire d'une carte de séjour mention " étudiant " jusqu'au 16 décembre 2023, a saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne le 8 janvier 2024 d'une demande de délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " recherche d'emploi/création d'entreprise ". Si M. A demande, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du

Val-de-Marne de lui remettre le titre de séjour sollicité, il n'entre pas dans l'office du juge des référés de prononcer une telle injonction, alors que les mesures qu'il prend sont de nature provisoire. De plus, il ressort des différents sms adressés par le requérant à la préfecture du Val-de-Marne pour s'informer de l'état de sa demande, que cette dernière pourrait avoir fait l'objet d'une clôture. Dans un tel contexte, les conclusions tendant à ce que M. A soit convoqué pour la remise du titre de séjour sollicité sont dépourvues d'utilité.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. A doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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