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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2405517

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405517

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405517
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET HUG & ABOUKHATER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 mai 2024, M. A C, représenté par Me Hug, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) de suspendre la décision implicite de rejet de sa demande de carte de résident prise par le préfet de Seine-et-Marne ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui remettre une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans un délai de 24 heures sous astreinte de

150 euros par jour de retard dans l'attente de la fabrication de sa carte de séjour et enjoindre à la préfecture de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de 15 jours à compter de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète de Seine-et-Marne) la somme de 2 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil qui sera autorisée à en poursuivre directement le recouvrement. En cas de non-admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, cette somme lui sera accordée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que, de nationalité malienne, il est le père d'un enfant qui a été reconnu réfugié, qu'il a donc déposé le 5 octobre 2022 une demande de carte de résident, que le préfet de Seine-et-Marne lui a demandé des documents complémentaires en novembre 2022 et qu'il n'a plus eu aucune nouvelle depuis.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il est le père d'un enfant reconnu réfugié, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est illégale car le préfet ne dispose d'aucune marge d'appréciation en la matière et ne peut refuser un titre de séjour à un parent de réfugié.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le 23 mai 2024 pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, un récépissé de demande de titre de séjour lui étant délivré ce jour-là.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 4 mai 2024 sous le n° 2405509, M. C a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 22 mai 2024, tenue en présence de

Mme Dusautois, greffière d'audience, présenté son rapport en l'absence du requérant et du préfet de Seine-et-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant malien né le 12 décembre 1982, à Kirane (Région de Kayes), est le père d'un enfant, né en mars 2020, auquel le directeur général de l'Office français de protection et apatrides a reconnu la qualité de réfugié. Il a sollicité le 5 octobre 2022 du préfet de Seine-et-Marne la délivrance d'une carte de résident en qualité de parent de réfugié. Il n'a reçu aucune réponse. Il a donc considéré s'être vu opposer une décision implicite de rejet, dont il a demandé l'annulation au présent tribunal par une requête enregistrée le 4 mai 2024, assortie d'une requête en référé-suspension. Postérieurement à sa requête, soit le 7 mai 2024, le préfet de Seine-et-Marne a convoqué l'intéressé pour le 23 mai en préfecture pour le dépôt de sa demande et a indiqué qu'un récépissé lui serait délivré à cette occasion.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

5. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, le préfet de Seine-et-Marne a convoqué M. C pour le 23 mai 2024 en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour en qualité de parent de personne bénéficiaire de la protection internationale et a indiqué qu'à cette occasion, un récépissé de demande de titre de séjour allait lui être délivré. L'intéressé ne contestant ni la réalité de cette convocation ni cette délivrance, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur les frais irrépétibles :

6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

7. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à celle-ci () ".

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme de 2 000 euros qui sera versée à Me Hug, conseil de M. C, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Article 3 : L'Etat (préfet de Seine-et-Marne) versera une somme de 2 000 euros à Me Hug, conseil de M. C, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Me Hug et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.

Le juge des référés,La greffière,

B : M. AymardB : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2405517

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