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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2405794

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405794

lundi 25 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405794
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour. Le juge des référés a rappelé qu'il ne peut ordonner la délivrance d'un titre de séjour, une telle mesure n'étant pas provisoire. En l'absence de décision favorable de l'administration, la demande de M. A a été considérée comme implicitement rejetée, rendant sa requête mal fondée. La condition d'urgence n'a pas été examinée, la demande étant irrecevable sur le fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 mai 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer son titre de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 900 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Depuis le 8 novembre 2023, il se connecte régulièrement au site de la préfecture pour tenter de savoir où en est la création de sa carte de séjour pluriannuelle dont il a demandé le renouvellement et dont la période de validité a expiré le 26 janvier 2024 ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est dans l'impossibilité de continuer à vivre avec ses trois enfants, qu'il s'endette ;

- la mesure sollicitée est utile eu égard aux dysfonctionnements auxquels il se heurte ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. En vertu des articles L. 511-1 et L. 521-3 du code de justice administrative, dont il résulte qu'il ne peut ordonner que des mesures provisoires, le juge des référés ne saurait enjoindre à l'autorité préfectorale de délivrer un titre de séjour à un ressortissant étranger.

3. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que M. A a pu effectivement présenter sa demande d'admission au séjour le 8 novembre 2023 ainsi qu'il résulte de l'attestation de dépôt d'une demande de titre de séjour versée au dossier. M. A ne se prévaut d'aucune décision favorable qui aurait été prise sur sa demande par l'autorité préfectorale. Dès lors, et alors qu'en vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à défaut de décision explicite prise dans un délai maximal de quatre mois, une demande de titre de séjour doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A en vue de la délivrance d'un titre de séjour ne peuvent être rejetées.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A.

Fait à Melun, le 25 novembre 2024.

La juge des référés,

Signé : C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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