LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2405922

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405922

vendredi 17 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2405922
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBERTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 15 mai 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil a transmis au présent tribunal la requête de M. B, enregistrée le 14 mai 2024 sous le n° 2406289, en vertu des articles R. 312-1 et R. 221-3 du code de justice administrative.

Par cette requête, M. A B, représenté par Me Berte, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de mettre fin sans délai à son placement en zone d'attente et de l'autoriser à entrer sur le territoire français ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le tribunal administratif de Montreuil est compétent pour connaître de son recours, en vertu de l'article R. 312-8 du code de justice administrative, dès lors que la décision en litige constitue une mesure de police administrative ;

- la décision litigieuse porte une atteinte manifestement grave et illégale à son droit d'aller et venir, protégé par l'article 20 du Traité de Fonctionnement de l'Union européenne, alors qu'il est citoyen français et qu'il a présenté aux autorités frontalières un passeport et une carte d'identité en cours de validité ;

- l'administration n'apporte pas la preuve que ces documents d'identité auraient été retirés ou, à supposer qu'une décision de justice aurait été prise dans ce sens, que cette dernière aurait été régulièrement notifiée ;

- la décision en litige porte également atteinte à son droit en tant que ressortissant français d'entrer sur le territoire français ;

- elle méconnaît son droit à la liberté individuelle consacré par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors qu'il ressort du site internet du ministère des affaires étrangères que la situation du Mali présente des risques de sécurité ;

- elle porte atteinte à son droit à un recours effectif dès lors qu'elle le prive de la possibilité d'exercer un recours contre la décision par laquelle ses documents d'identité ont été retirés, ainsi qu'à l'encontre de la mesure d'éloignement éventuellement prise à son encontre ;

- l'urgence de sa demande est constituée, alors qu'il aurait dû reprendre son travail le lundi 13 mai, dans le cadre d'un contrat d'intérim.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 et le 17 mai 2024 à 14h08, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut, à titre principal à l'incompétence de la juridiction administrative, à l'incompétence territoriale du tribunal administratif de Montreuil et, et à titre subsidiaire au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- en matière de refus d'entrée sur le territoire français, la règle de compétence territoriale des tribunaux administratifs est définie par l'article R. 312-1 du code de justice administrative, selon lequel est compétent le tribunal dans le ressort duquel siège l'autorité qui a pris la décision attaquée, à savoir ici la police des frontières de l'aéroport de Paris-Orly, par conséquent la requête relève du tribunal administratif de Melun ;

- la décision prise le 11 mai 2024 par la police des frontières a cessé de produire ses effets, en conséquence de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du 14 mai ayant autorisé son maintien en zone d'attente, alors qu'en vertu de l'article L. 342-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la contestation d'une telle ordonnance relève du seul contrôle de l'autorité judiciaire ;

- en matière de refus d'entrée sur le territoire français, l'urgence extrême de la demande de M. B n'est pas démontrée, alors que le contrat d'intérim dont le requérant se prévaut porte sur une mission temporaire datant de février 2024 et que la situation résulte du propre comportement du requérant ;

- la liberté d'aller et venir d'une personne se présentant à la frontière ne comporte pas le droit d'entrer sur le territoire français et est conditionnée par le respect des lois et règlements en vigueur, ainsi que de l'ordre public ;

- M. B ne remplit pas les conditions légales pour entrer sur le territoire français, dès lors que les documents français en sa possession ont été obtenus indûment, en conséquence de l'arrêt du 19 novembre 2019 par lequel la cour d'appel de Paris a prononcé son extranéité et a annulé l'enregistrement de sa déclaration en vue de réclamer la nationalité française, régulièrement notifié en vertu de l'article 659 du code de procédure civile ;

- par un courrier recommandé envoyé à la dernière adresse connue de M. B, le préfet d'Eure-et-Loir a informé le requérant qu'il envisageait de prononcer le retrait de sa carte d'identité et de son passeport et l'a invité à se présenter le 6 avril 2022 auprès de ses services, et que ces documents étaient susceptibles de faire l'objet d'une invalidation, intervenue le 8 juin 2022 ;

- en conséquence, lors de sa présentation au contrôle aux frontières, le seul document valide présenté par M. B était son passeport malien, dépourvu de visa ou de permis de séjour en cours de validité, situation justifiant que l'entrée sur le territoire français lui soit refusée ;

- n'étant pas de nationalité française, M. B ne peut pas se prévaloir de l'article 20 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union européenne ni du droit des ressortissants français d'entrer sur ce territoire ;

- M. B n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'un retour au Mali l'exposerait personnellement à un risque de traitement inhumain ou dégradant ;

- la décision ayant prononcé le retrait de ses documents français a été régulièrement notifiée à M. B, par conséquent aucune atteinte n'a été portée à son droit à un recours effectif.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le Traité sur le Fonctionnement de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure civile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 17 mai 2024 à 14h00 en présence de

Mme Aubret, greffière d'audience, ont été entendus :

- le rapport de Mme Letort ;

- et les observations de Me Berte, représentant M. B, présent, qui soutient en outre qu'il a informé l'administration de l'ensemble de ses changements d'adresse, qu'il appartient à cette dernière d'apporter la preuve de la notification régulière de la décision ayant prononcé le retrait de ses documents d'identité français et qu'à défaut, il n'est pas en mesure de former un recours contre cette décision, qu'il a été domicilié à Aubervilliers de 2016 à 2020, et depuis à Gagny, qu'il est parti au Mali en février dernier pour des vacances et ne comprend pas que sa nationalité française soit contestée alors qu'il a été accompagné dans ses démarches pour l'obtenir par les services de l'aide sociale à l'enfance, que les documents d'état civil qu'il a présentés à cette occasion sont authentiques et que l'administration pourrait vérifier son état civil en se fondant sur les documents qu'il avait fournis à l'appui de sa demande de visa.

Le ministre de l'intérieur et des outre-mer n'était pas représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré présentée pour M. B a été enregistrée le 17 mai 2024 à 16h34.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 341-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui arrive en France par la voie ferroviaire, maritime ou aérienne et qui n'est pas autorisé à entrer sur le territoire français peut être placé dans une zone d'attente située dans une gare ferroviaire ouverte au trafic international figurant sur une liste définie par voie réglementaire, dans un port ou à proximité du lieu de débarquement ou dans un aéroport, pendant le temps strictement nécessaire à son départ ". Selon l'article L. 341-2 de ce code : " Le placement en zone d'attente est prononcé pour une durée qui ne peut excéder quatre jours par une décision écrite et motivée d'un agent relevant d'une catégorie fixée par voie réglementaire () ". L'article L. 342-1 de ce code dispose que " Le maintien en zone d'attente au-delà de quatre jours à compter de la décision de placement initiale peut être autorisé, par le juge des libertés et de la détention statuant sur l'exercice effectif des droits reconnus à l'étranger, pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours ". Enfin, aux termes de l'article L. 342-12 du même code : " Les ordonnances du juge des libertés et de la détention mentionnées à la présente section sont susceptibles d'appel devant le premier président de la cour d'appel ou son délégué () ".

4. M. B, se déclarant ressortissant français, né le 15 mars 1998 à Bamako (Mali), entré en France en septembre 2012, a fait l'objet le 10 septembre suivant d'une ordonnance de placement provisoire auprès des services de l'aide sociale à l'enfance d'Eure-et-Loir du procureur de la République du tribunal judiciaire de Bobigny, confirmée par un jugement en assistance éducative du juge des enfants du même tribunal, en date du 20 septembre de la même année. Le 30 juin 2016, le requérant a sollicité une souscription de la nationalité française auprès du greffe judiciaire du tribunal judiciaire de Chartres, et au cours du mois d'août 2016, s'est vu délivrer un passeport et une carte d'identité française. Le 11 mai 2024, alors qu'il descendait d'un vol en provenance de Bamako, M. B s'est vu refuser l'entrée sur le territoire français et placé en zone d'attente par les services de la police aux frontières de l'aéroport de Paris-Orly. M. B demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de mettre fin à son placement en zone d'attente et de l'autoriser à entrer sur le territoire français.

5. Toutefois, le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir que par une ordonnance du 14 mai 2024, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Créteil a autorisé le maintien de M. B en zone d'attente pour une durée de huit jours. Il en résulte que la décision contestée par le requérant a cessé de produire ses effets. Dès lors, la décision prise par le juge des libertés et de la détention qui s'y est substituée relève du seul contrôle de l'autorité judiciaire. Il s'ensuit que les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ont été portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. B doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

La juge des référés,

Signé : C. LetortLe greffier,

Signé : S. Aubret

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions