mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2406493 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL LAZARE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mai 2024, complété le 17 juin 2024, la société " Cenelec ", représentée par Me Bidault, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 17 avril 2024 par laquelle " Valophis Habitat " a résilié pour faute le marché n° 4070/CB97-CB98 ;
2°) d'enjoindre à Valophis Habitat de reprendre les relations contractuelles avec elle dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de Valophis Habitat une somme de 5.000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique qu'elle a été titulaire de deux lots dans une opération de travaux portant sur la construction d'un ensemble d'immeubles de logements et de maison individuelles, soit les lots A4 et A6 concernant les travaux d'électricité, conclus pour le prix global et forfaitaire de 704.653,20 euros, qu'un avenant a été signé le portant à 792.661,70 euros toutes taxes comprises, que le délai initial était fixé à 24 mois avec une réception prévisionnelle en mars 2023, que le démarrage tardif, des opérations a été occasionné par les retards des entreprises intervenant avant elle sur les chantiers, que la réception de ses travaux a été faite le 21 mars 2024 de manière partielle pour le lot A4, qu'elle a reçu le 30 mars 2024 une mise en demeure d'achever les travaux, sur le lot A6, qu'elle a répondu le 4 avril 2024 et que, par une décision du 17 avril 2024, Valophis Habitat a prononcé la résiliation pour faute du marché.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car cette décision impacte gravement sa situation financière puisque lui est due la somme de 261.894,66 euros, soit le tiers du marché, et sur le doute sérieux, que la décision a été prise par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière, qu'elle n'est pas motivée, que la procédure suivie est irrégulière car aucune procédure contradictoire n'a été suivie, qu'elle est aussi infondée et injustifiée car les retards constatés ne lui sont pas imputables mais ont été causés par la défaillance de Valophis Habitat dans la conduite de l'opération.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2024, l'établissement public local à caractère industriel et commercial " Valophis Habitat ", représenté par Me Gomez, conclu au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société " Cenelec " d'une somme de 2.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés, la condition d'urgence n'étant pas satisfaite.
Vu
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 30 avril 2024 sous le numéro 2405307, la société " Cenelec " a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 18 juin 2024, tenue en présence de
Madame Aubret, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Bidault, représentant la société " Cenelec " , qui rappelle qu'elle est l'entreprise titulaire de deux lots sur des travaux de construction de logements pour Valophis Habitat, que l'acte d'engagement date de mars 2021 et portait sur des travaux sur deux ans mais que le chantier n'est toujours pas livré en juin 2024, qu'il y a eu une défaillance sur le gros œuvre et la menuiserie ce qui l'a empêchée d'intervenir, qu'elle est aussi titulaire d'autres marchés pour Valophis Habitat qui ont aussi du retard, que, le 19 mars 2024, elle a eu une mise en demeure de participer aux réunions de chanter et que la résiliation est intervenue le 17 avril 2024, qui maintient que la condition d'urgence est satisfaite car le marché est toujours en cours d'exécution avec encore 15 % à réaliser, qu'une des opérations est même arrêtée en raison d'un dégât des eaux, que des travaux complémentaires ont été faits qui n'ont pas été réglés, que la résiliation va faire obstacle au paiement de ce qui lui est dû et impactera sa situation financière, qu'aucune surfacturation ne peut lui être reprochée et qu'elle n'est pas la seule responsable du retard des travaux, que la reprise des relations contractuelles est possible de même que sur les autres marchés en cours qui se poursuivent malgré les mauvaises relations invoquées, qu'elle n'a reçu aucune mise en demeure réglementaire, que la lettre du 19 mars n'est pas une véritable mise en demeure et que le cahier des clauses administratives générales de travaux n'a pas été respecté, que la résiliation a été effectuée sur un autre motif, qu'elle a obtempéré à la mise en demeure et les réserves sur les autres lots sont sans rapport, que les retards sur le chantier sont dus aux autres intervenants ce qui est reconnu notamment par Enedis ;
- les observations de Me Creach, représentant " Valophis Habitat ", qui rappelle que les délais du marché ont été fixés à la fin de 2023, que la société a eu plusieurs mises en demeure qui ont abouti à la lettre du 19 mars 2024, qu'il lui était demandé d'affecter des moyens, que la condition d'urgence n'est pas satisfaite au vu des pièces produites car il reste environ 80.000 euros à régler, que la société n'est pas mise en péril, qu'il y aurait une atteinte excessive à l'intérêt général en raison des rapports délétères entre la société et la maîtrise d'ouvrage de Valophis, que lors des réunions des 15 et 17 avril, des moyens n'ont pas été augmentés, que le marché ne peut être finalisé ce qui rend les relations difficiles, que la décision de résiliation rappelle l'ensemble de la situation et de mise en demeure du 19 mars 2024, qu'il y a plusieurs comptes-rendus de chantier démontrant l'absence de finalisation de celui-ci, que la société a toujours mis 2 personnes sur place au lieu des 6 à 10 prévues, que les renvois en janvier et mars sont directement liés à l'inertie de la société et que les relations se sont détériorées avec la maître d'œuvre ;
- les observations complémentaires de M. A, gérant de la société, qui indique que la présence de ses personnels sur place est adaptée à l'état d'avancement du chantier.
Considérant ce qui suit :
1 Par une décision du 17 avril 2024, l'établissement public local à caractère industriel et commercial " Valophis Habitat " a prononcé la résiliation pour faute du marché confié à la société " Cenelec " pour le lot 7a (Electricité du marché de travaux ayant pour objet la construction de
88 logements à Rungis - Agroquartier Montjean - lots A4 et A6) en raison du retard observé à la réception des travaux qui n'a été effectué que le 20 février 2024 avec réserve importantes, au lieu du 28 novembre 2023 et non encore effectué pour le lot A6, et des malfaçons constatées. Cette résiliation faisait suite à une mise en demeure réceptionnée le 19 mars 2024 par la société demandant notamment à celle-ci d'affecter au chantier les moyens humains et matériels nécessaires à l'achèvement des tâches prévues au marché, ce que la société n'avait pas fait. Par une requête enregistrée le 30 avril 2024, la société " Cenelec " a demandé l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête enregistrée le 28 mai 2024, la suspension de son exécution et qu'il soit enjoint à " Valophis Habitat " de reprendre les relations contractuelles.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3 Il incombe au juge des référés saisi, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de conclusions tendant à la suspension d'une mesure de résiliation, après avoir vérifié que l'exécution du contrat n'est pas devenue sans objet, de prendre en compte, pour apprécier la condition d'urgence, d'une part, les atteintes graves et immédiates que la résiliation litigieuse est susceptible de porter à un intérêt public ou aux intérêts du requérant, notamment à la situation financière de ce dernier ou à l'exercice même de son activité, d'autre part, l'intérêt général ou l'intérêt de tiers, notamment du titulaire d'un nouveau contrat dont la conclusion aurait été rendue nécessaire par la résiliation litigieuse, qui peut s'attacher à l'exécution immédiate de la mesure de résiliation.
4 Pour justifier de la condition d'urgence, la société requérante indique que la résiliation du marché dont elle était titulaire a été prononcée alors que de nombreuses situations n'ont pas été réglées par " Valophis Habitat ", comme elle indique l'avoir démontré dans le décompte de résiliation du marché, que ces retards de paiement dont elle n'a pas l'assurance d'être réglée dans l'immédiat en raison de la résiliation du marché, lui causent un préjudice important, que de très nombreux travaux supplémentaires ne lui ont pas été réglés à hauteur de 117.176,72 euros, que toute régularisation de ces travaux sera difficile voire impossible, qu'en raison de l'allongement de l'opération, elle a subi un préjudice important de l'ordre de 144.717,94 euros et ce sont donc près de 261.894,66 euros qui lui sont dus à ce titre par " Valophis Habitat " car le total du marché qui a été résilié unilatéralement s'élève à la somme de 438.718,13 euros en sa faveur.
5 Toutefois, il ressort des écritures de " Valophis Habitat " que le solde du marché a été ramené dans le décompte de résiliation au total de 687.618,13 euros, ce qui porte à 105.043,57 euros le manque à gagner de la société requérante, au lieu de 261.894,66 euros, et que la société a d'ores-et-déjà perçu la somme de 616.985,15 euros.
6 Dans ces conditions, dans la mesure où la société " Cenelec " a perçu plus des trois quarts du total du marché après avenant, et que " Valophis Habitat " a établi son décompte à hauteur de 86,7 % de ce même total, la société requérante n'établit pas, eu égard également aux autres marchés en cours d'exécution par elle, que les difficultés financières invoquées seraient la résultante directe de la résiliation contestée.
7 Il résulte de ce qui précède que, la condition d'urgence nécessitant la reprise de ses relations contractuelles avec " Valophis Habitat " n'étant pas satisfaite, la requête de la société " Cenelec " ne pourra qu'être rejetée, dans l'ensemble de ses conclusions, sans qu'il soit besoin de statuer sur le doute sérieux dont serait entachée la légalité de la décision litigieuse.
Sur les frais du litige
8 L'établissement public local à caractère industriel et commercial " Valophis Habitat " n'étant pas dans la présente instance la partie perdante, les conclusions de la société " Cenelec " sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne pourront qu'être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions sur le même fondement présentées par l'établissement public local à caractère industriel et commercial " Valophis Habitat " seront aussi rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société " Cenelec " est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'établissement public local à caractère industriel et commercial " Valophis Habitat " sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société " Cenelec " et à l'établissement public local à caractère industriel et commercial " Valophis Habitat "
Le juge des référés,
Signé : M. AymardLa greffière,
Signé : S. Aubret
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, La greffière,
N°2406493
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026