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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2406560

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406560

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406560
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationChambre Éloignement 12
Avocat requérantSTOYANOVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 mai 2024, M. A B, représenté par Me Stoyanova, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 mai 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de circulation pour une durée de un an ;

M. B soutient que les décisions :

- sont entachées d'incompétence ;

- sont insuffisamment motivées ;

- sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas présenté de mémoire en défense mais qui a fait savoir que la requête n'appelait aucune observation particulière de sa part et a communiqué des pièces enregistrées le 20 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binet, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Binet ;

- les observations de Me Stoyanova, représentante M. B, absent.

Le préfet des Hauts-de-Seine n'était ni présent ni représenté.

Aux termes de l'article R.922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'instruction est close soit après que les parties ont formulé leurs observations orales, soit, si ces parties sont absentes ou ne sont pas représentées, après appel de leur affaire à l'audience. "

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant roumain, a été interpellé le 11 mai 2024 pour des faits de vol aggravé commis sur la commune de Gennevilliers. Par arrêté du 11 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a obligé l'intéressé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an. M. B demande au tribunal d'annuler les décisions contenues dans cet arrêté du 11 mai 2024.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-27 du 7 mai 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine, le préfet de ce département a donné à Mme C, attachée, adjointe au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, délégation à l'effet de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté contesté doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté du 11 mai 2024 du préfet des Hauts-de-Seine mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme manquant en fait.

4. En troisième et dernier lie, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / ()/ 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; /()./ L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. (). ". En application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, qui ne saurait se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence d'un citoyen de l'Union européenne autre que la France sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française, ces conditions étant appréciées en fonction de sa situation individuelle, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique et de son intégration.

5. Pour justifier la mesure d'éloignement, le préfet des Hauts-de-Seine retient que le comportement de l'intéressé constitue, du point de vue de l'ordre public et de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française au motif que l'intéressé a été interpelé à vingt-deux reprises pour des faits de vol, et alors même qu'ils n'ont donné lieu à aucune condamnation ni même poursuite, sont constitutifs par leur réitération et leur gravité d'un comportement entrant dans le champ d'application des dispositions citées au point précédent. Il ressort du procès-verbal d'interpellation produit en défense que les forces de police sont intervenues alors que M. B tentait de prendre la fuite à la suite d'un vol par effraction dans un entrepôt. Eu égard à l'ensemble des éléments, le comportement de l'intéressé doit être analysé comme entrant dans les prévisions des dispositions précitées du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. M. B fait valoir, sans aucun justificatif, que sa vie privée et familiale se trouve en France dès lors qu'il vit sur le territoire français avec son épouse, gravement malade, et ses trois enfants âgés de 8, 6 et 3 ans dont deux sont suivis pour des problèmes médicaux, et qu'il travaille depuis six mois dans un garage. Toutefois, aucune circonstance n'empêche la cellule familiale de se reconstituer hors de France et les enfants de suivre une scolarité en Roumanie et d'y recevoir, comme leur mère, des soins adaptés à leur état de santé. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressé.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté du 11 mai 2024.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : D. BINET

La greffière,

Signé : MD. ADELON

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

MD. ADELON

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