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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2406758

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406758

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406758
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme A, ressortissante sénégalaise, qui sollicitait la suspension de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour « vie privée et familiale ». Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, car la requérante ne bénéficiait pas de la présomption d’urgence applicable aux refus de renouvellement de titre, et n’apportait pas de preuves suffisantes d’une atteinte grave et immédiate à sa situation. La requête a été rejetée, y compris les conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Reynolds, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé pendant quatre mois par la préfète du Val-de-Marne sur sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer, dans un délai d'une semaine, une autorisation provisoire de séjour lui permettant d'exercer une activité professionnelle jusqu'au jugement de sa requête en annulation de la décision en litige ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Mme A, qui, de nationalité sénégalaise, était titulaire, en dernier lieu, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant " valable du 26 juillet 2022 au 25 décembre 2023, a déposé, le 24 janvier 2024, non pas une demande de renouvellement de ce titre de séjour mais une demande de première délivrance d'un nouveau titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en sa qualité de conjointe d'un Français. Sa requête, tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions, citées au point précédent, de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision implicite de rejet née du silence gardée pendant quatre mois sur cette demande par la préfète du Val-de-Marne.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision relative au séjour en France d'un étranger, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe remplie dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour de ce dernier. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.

4. D'une part, eu égard à ce qui a été dit ci-dessus au point 2 de l'objet de la demande sur laquelle statue la décision implicite de rejet en litige, Mme A ne peut, contrairement à ce qu'elle prétend, bénéficier en l'espèce de la présomption mentionnée au point précédent.

5. D'autre part, pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet en litige, Mme A fait valoir que cette décision a pour effet de la placer dans une situation précaire en la privant, depuis une durée anormalement longue, des droits de séjourner en France, d'y circuler librement et d'y exercer une activité professionnelle et qu'elle la contraint ainsi à vivre dans l'anxiété, en raison de l'incertitude dans laquelle elle se trouve de pouvoir exercer à nouveau ces droits. Toutefois, et alors que la requérante, qui n'établit pas, ni même n'allègue, avoir déjà exercé une activité professionnelle avant l'intervention, le

24 juillet 2024, de ladite décision, n'apporte, en tout état de cause, aucun élément à l'appui de son allégation selon laquelle un entretien d'embauche prévu le 31 mai 2024 aurait été annulé en raison de l'irrégularité de son séjour, les circonstances ainsi invoquées ne peuvent être regardées comme suffisantes pour caractériser l'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Melun, le 8 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. Zanella

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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