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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2407164

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407164

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407164
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationChambre Éloignement 12
Avocat requérantTOURKI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mai 2024, M. B, représenté par Me Tourki, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour pour une durée de cinq ans ;

2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2024, le préfet de Seine-et-Marne, conclut au rejet de la requête.

Il soutient, à titre principal, que la requête de M. A est irrecevable en ce que qu'elle est tardive, et à titre subsidiaire qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binet, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Binet,

- et les observations de Me Tourki, représentant M. A, absent, qui soutient que la situation de M. A, et notamment le fait qu'il soit entré sur le territoire français alors qu'il était âgé d'un an et qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance à partir de l'âge de 15 mois, a fait tout sa scolarité en France et y possède ses attaches familiales, le protège de tout éloignement, qu'en outre le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office ne peut pas être Haïti, compte tenu de son instabilité politique et des risques encourus par M. A en cas de retour dans ce pays où il ne possède aucune attache ; que le tribunal doit annuler l'arrêté contesté et enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer la situation de M. A.

Le préfet de Seine-et-Marne n'était ni présent ni représenté.

Aux termes de l'article R.922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'instruction est close soit après que les parties ont formulé leurs observations orales, soit, si ces parties sont absentes ou ne sont pas représentées, après appel de leur affaire à l'audience. "

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant haïtien, demande l'annulation l'arrêté du 23 mai 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour pour une durée de cinq ans

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". M. A a bénéficié à l'audience de l'assistance d'un avocat commis d'office. Il n'y a donc pas lieu de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure ". Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " () II.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification par voie administrative d'une obligation de quitter sans délai le territoire français fait courir un délai de quarante-huit heures pour contester cette obligation et les décisions relatives au séjour, à la suppression du délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ". Enfin, aux termes du II de l'article R. 776-5 du même code : " II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 () ne sont susceptibles d'aucune prorogation. () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne a pris, le 23 mai 2024, un arrêté portant obligation à M. A de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans et que la requête de M. A a été enregistrée le 29 mai 2024. Il ressort des mentions et signatures apposées sur l'arrêté, revêtu de la mention des voies et délais de recours, que celui-ci a été notifié à l'intéressé le 23 mai 2024. La circonstance que M. A n'a pas pu rencontrer de juriste est sans incidence sur le délai de quarante-huit heures au cours duquel il devait former un recours, soit le 25 mai 2024 au plus tard. Par suite, les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables en raison de leur tardiveté.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au préfet de Seine-et-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : D. BINET

La greffière,

Signé : MD. ADELON

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

MD. ADELON

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