lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407192 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | D'AVOCATS SALESSE ET ASSOCIES |
Vu
- la décision attaquée
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir présenté son rapport au cours de l'audience du 28 juin 2024, en présence de Mme Starzynski, greffière d'audience, et entendu :
- les observations de Me de la Marque, représentant la société " Mathou Créations ", qui relève que la société requérante est arrivée troisième sur le marché, que celle arrivée deuxième n'a pas contesté, que les différences de notes sont importantes, et qui indique que tous les articles du bordereau de prix unitaires ont été présentés et que, sur ceux-ci, seuls trois d'entre eux ressemblent à des produits de son catalogue,
- les observations de Madame A, représentant la commune de Créteil.
La société " Bessière ", dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Créteil (Val-de-Marne), a lancé, le 6 mai 2024, par la voie d'un marché à procédure adaptée, une procédure d'attribution d'un accord-cadre à bons de commande mono attributaire, visant à " la fourniture, livraison, et montage de mobilier pour le réaménagement de la crèche de la Brêche ". La sélection des candidats s'effectuait selon quatre critères, soit la valeur technique des offres (45%), le prix (45%), la performance en matière de développement durable (5%) et les délais de livraison et du montage du mobilier (5%). A l'issue de la procédure de consultation des entreprises, l'offre de la société " Mathou Créations " de Baraqueville (Aveyron) était retenue comme arrivant en première position avec une note pondérée de 18,5/20. La société " Bessière " de Méré (Yvelines) a été informée, le 10 juin 2024, que son offre était classée en troisième et dernière position avec une note finale pondérée de 1712/20. Par une requête enregistrée le 13 juin 2024, elle a saisi le juge des référés précontractuels en demandant l'annulation de la procédure de passation de ce lot.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, ou la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique ()./ Le juge est saisi avant la conclusion du contrat ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'opérateur économique qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésé ou risquent de le léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant un opérateur économique concurrent.
4. Aux termes de l'article L. 3 du code de la commande publique : " Les acheteurs et les autorités concédantes respectent le principe d'égalité de traitement des candidats à l'attribution d'un contrat de la commande publique. Ils mettent en œuvre les principes de liberté d'accès et de transparence des procédures, dans les conditions définies dans le présent code.
Ces principes permettent d'assurer l'efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics ".
5. Pour demander l'annulation de la procédure contestée, la société requérante soutient qu'un grand nombre, voire la totalité des produits mentionnés sur le bordereau de prix unitaires, et sur lesquels les sociétés candidates devaient faire des propositions, correspondait à des éléments figurant sur le catalogue de la société " Mathou Créations " et que celle-ci a nécessairement été favorisée dans l'attribution du marché, en plus du fait qu'elle était la précédente attributaire.
6. Il ressort toutefois, des pièces du dossier, d'une part, que le matériel en cause, destiné à la très petite enfance, doit répondre à des normes précises en particulier pour leur fonction, leur taille et leur objet, ne laissant que peu de marge de choix aux collectivités, et, d'autre part que, si la commune avait inscrit dans le bordereau de prix unitaires des tailles pour les produits qui y étaient mentionnés, celles-ci n'étaient qu'indicatives et une latitude était laissée aux sociétés candidates pour proposer des matériels comportant des différences de taille de dix centimètres, et, enfin, il n'est pas établi ni même soutenu qu'un éventuel écart de taille par rapport aux tailles indicatives mentionnées dans le bordereau de prix unitaires aurait entraîné une pénalisation sur la valeur technique de la part du pouvoir adjudicateur.
7. Par suite, le moyen tiré de ce que le marché en litige aurait été attribué en méconnaissance de l'obligation de d'égalité de traitement mentionné à l'article L.3 du code de la commande publique ne pourra qu'être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société " Bessière " ne pourra qu'être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des motifs tirés des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société " Bessière " une somme de 1.000 euros à verser à la société " Mathou Créations ".
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société " Bessière " est rejetée.
Article 2 : La société " Bessière " versera à à la société " Mathou Créations " une somme de 1.000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Créteil, et aux sociétés " Bessière " et " Mathou Créations ".
Fait à Melun le 22 juillet 2024.
Le juge des référés,La greffière
M. B
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°240719
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026