lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407227 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | VAN ELSLANDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2024, le maire de la commune de Voisenon, représenté par Me Van Elslande, demande au tribunal :
1°) de déclarer M. D B démissionnaire de ses fonctions de conseiller municipal ;
2°) de mettre à la charge de M. B la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- M. B a expressément refusé d'assurer la fonction d'assesseur du bureau de vote unique de Voisenon pour le scrutin des élections européennes qui se sont tenues le 9 juin 2024 en dépit de sa convocation à cet effet par le maire de la commune de Voisenon ;
- en application des dispositions des articles L. 2121-5 et R. 2121-5 du code général des collectivités territoriales et de l'article R. 44 du code électoral, la fonction d'assesseur d'un bureau de vote, qui peut être confiée par le maire à des membres du conseil municipal, compte parmi les fonctions qui leur sont dévolues par les lois ;
- M. B ne justifie d'aucune excuse valable pour refuser d'exercer ces fonctions.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 juin 2024, M. B doit être regardé comme concluant au rejet de la requête et à ce que l'État (maire de la commune de Voisenon) soit condamné à lui verser la somme d'un euro symbolique.
Il fait valoir que :
- il était à l'étranger lors du scrutin et n'a pas réussi à revenir pour celui-ci ; il disposait donc d'une excuse valable au sens de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales ;
- il n'a jamais refusé d'exercer la fonction d'assesseur à laquelle il a été convoqué mais s'est borné à indiquer qu'il n'était pas disponible à la date du scrutin ;
- il a informé le maire de son absence dès le 29 mai 2024 et a indiqué que Mme E, électrice résidant sur le territoire de la commune de Voisenon, était disposée à le remplacer ;
- la composition et la tenue du bureau de vote sont irrégulières dans la mesure où la feuille de composition du bureau de vote n'a pas été affichée sur place le 9 juin 2024, la présence de Mme E en tant qu'assesseure a été refusée et le maire ne justifie pas avoir respecté l'ordre du tableau pour la désignation des assesseurs.
Le maire de la commune de Voisenon et M. B ont produit des mémoires, tous deux enregistrés le 1er juillet 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, et qui n'ont pas été communiqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lalande,
- les conclusions de M. Allègre, rapporteur public,
- les observations de Me Van Elslande, représentant le maire de la commune de Voisenon, et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite des élections européennes qui se sont tenues le 9 juin 2024, le maire de la commune de Voisenon demande au tribunal de déclarer M. B démissionnaire d'office de ses fonctions de conseiller municipal.
Sur les conclusions tendant au prononcé de la démission d'office de M. B :
2. Aux termes de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre d'un conseil municipal qui, sans excuse valable, a refusé de remplir une des fonctions qui lui sont dévolues par les lois, est déclaré démissionnaire par le tribunal administratif. / Le refus résulte soit d'une déclaration expresse adressée à qui de droit ou rendue publique par son auteur, soit de l'abstention persistante après avertissement de l'autorité chargée de la convocation. / Le membre ainsi démissionnaire ne peut être réélu avant le délai d'un an ". Aux termes de l'article R. 42 du code électoral : " Chaque bureau de vote est composé d'un président, d'au moins deux assesseurs et d'un secrétaire choisi par eux parmi les électeurs de la commune. () Deux membres du bureau au mois doivent être présents pendant tout le cours des opérations électorales () ". L'article R. 44 du même code dispose que : " Les assesseurs de chaque bureau sont désignés conformément aux dispositions ci-après : / - chaque candidat, binôme de candidats ou chaque liste en présence a le droit de désigner un assesseur et un seul pris parmi les électeurs du département ; / - des assesseurs supplémentaires peuvent être désignés par le maire parmi les conseillers municipaux dans l'ordre du tableau puis, le cas échéant, parmi les électeurs de la commune. / Le jour du scrutin, si, pour une cause quelconque, le nombre des assesseurs se trouve être inférieur à deux, les assesseurs manquants sont pris parmi les électeurs présents sachant lire et écrire le français, selon l'ordre de priorité suivant : l'électeur le plus jeune, puis l'électeur le plus âgé. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que la fonction d'assesseur de bureau de vote qui, en vertu de l'article R. 44 du code électoral, peut être confiée par le maire à des membres du conseil municipal, compte parmi les fonctions qui leur sont dévolues par les lois au sens de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales. Un membre du conseil municipal ne peut se soustraire à cette obligation que s'il est en mesure, sous le contrôle du juge administratif, de présenter une excuse valable. Peut, le cas échéant, être regardé comme excipant d'une telle excuse un conseiller municipal qui établit l'existence de manœuvres consistant en des décisions ou comportements d'un maire destinés à provoquer un refus de l'intéressé d'exercer ses fonctions, susceptible de le faire regarder comme s'étant de lui-même placé dans la situation où il peut être déclaré démissionnaire d'office.
4. Pour demander de déclarer M. B démissionnaire d'office de ses fonctions de conseiller municipal, le maire de la commune de Voisenon soutient que M. B a expressément refusé d'assurer la fonction d'assesseur du bureau de vote unique de Voisenon, et qu'il ne présente aucune excuse valable. Il résulte toutefois de l'instruction, d'une part, que le maire de la commune de Voisenon ne justifie pas avoir respecté l'ordre du tableau dans la désignation des assesseurs au bureau de vote, et n'indique notamment pas, alors qu'il ressort du courriel du 2 juin 2024 de Mme C, adjointe au maire, déléguée à l'espace public, que " plusieurs personnes [étaient] en attente ", s'il a finalement désigné la totalité des membres du conseil municipal, ni dans quel ordre. D'autre part, il résulte également de l'instruction qu'alors que M. B avait informé le maire qu'une électrice de la commune était disposée à exercer les fonctions d'assesseure en son absence, le maire n'a pas signalé qu'il refusait que cette électrice siège comme assesseure, Mme C indiquant au contraire par son courriel du 2 juin 2014 avoir " refait le tableau " des permanences du bureau de vote pour tenir compte des personnes qui étaient " en attente ". Or, le maire de la commune de Voisenon a néanmoins adressé à
M. B un courrier daté du 3 juin 2024 pour le désigner comme assesseur, courrier comportant l'avertissement prévu à l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales, et dont M. B n'a pris connaissance que le 4 juin 2024, soit quelques heures avant le vol qu'il avait réservé, le 5 juin suivant à 10 h, pour un séjour de deux semaines à l'étranger avec sa conjointe. Dans ces circonstances, M. B ne peut être regardé comme ayant refusé d'exercer ses fonctions dans des conditions justifiant qu'il soit déclaré démissionnaire d'office en application des dispositions précitées de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales et la requête du maire de la commune de Voisenon doit donc être rejetée, en toutes ses conclusions.
Sur les conclusions indemnitaires présentées par M. B :
5. M. B ne justifiant pas du préjudice moral invoqué dans son mémoire en défense, ses conclusions reconventionnelles tendant au versement de la somme d'un euro symbolique doivent, en tout état de cause, être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : La requête présentée par le maire de la commune de Voisenon est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au ministre de l'intérieur et des outre-mer, au maire de la commune de Voisenon et à M. D B.
Copie en sera adressée pour information au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
Le président-rapporteur,
D. LALANDE L'assesseur le plus ancien,
M. A
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2407227
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026