mardi 6 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 12ème chambre, éloignement |
| Avocat requérant | TOURKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juin 2024, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, au besoin sous astreinte.
M. A soutient que :
- la mesure d'éloignement prise à son encontre est injustifiée et abusive ;
- elle a été prise sans tenir compte de sa situation personnelle ;
- elle résulte uniquement du rejet de ses demandes d'asile ;
- elle intervient alors que son recours a été enregistré à la Cour nationale du droit d'asile ;
- il ne représente pas une menace pour l'ordre public, n'a fait l'objet d'aucune condamnation judiciaire et a un comportement exemplaire ;
- il a dû quitter son pays d'origine de force et non de son plein gré ;
- l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas respecté.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 août 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu, en cours de l'audience publique du 29 avril 2025 :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Tourki, représentant M. A, absent, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et fait plus particulièrement valoir que M. A est militant kurde, qu'il fait l'objet de harcèlement de la part des autorités turques, qu'il est visé par une procédure pénale qui est en cours dans son pays d'origine, que si sa dernière demande d'asile a été rejetée en mai 2024, il attend de nouveaux éléments pour présenter une demande de réexamen, que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen, d'un défaut de motivation et méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet de Seine-et-Marne n'étant ni présent ni représenté.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant turc, serait entré en France le 28 mars 2022. La demande d'asile qu'il a présentée le 2 mai 2022 a été rejetée par une décision du 21 octobre 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision du 22 août 2023 de la Cour nationale du droit d'asile. Sa demande de réexamen de sa demande d'asile a été rejetée par une décision d'irrecevabilité de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 3 mai 2024. Par un arrêté du 22 mai 2024, le préfet de Seine-et-Marne a fait obligation à M. A de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté contesté que le préfet de Seine-et-Marne n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. A ou se serait cru en situation de compétence liée au regard des décisions par lesquelles l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ont rejeté les demandes d'asile de l'intéressé.
3. En deuxième lieu, il résulte des dispositions combinées des dispositions des articles L. 541-1, L. 542-1, du 1° de l'article L. 542-2 et du 2° de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction en vigueur à la date de l'arrêté attaqué, que le droit de se maintenir sur le territoire français d'un demandeur d'asile prend fin à la date de la décision par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté une demande de réexamen au motif de son irrecevabilité.
4. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile du requérant a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 21 octobre 2022, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 22 août 2023 et que sa demande de réexamen a été rejetée comme étant irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 3 mai 2024. Par conséquent, en vertu des dispositions rappelées au point précédent du présent jugement, le droit de M. A de se maintenir en France a cessé à cette dernière date, malgré le recours formé contre cette décision d'irrecevabilité formé devant la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, l'arrêté du 22 mai 2024, n'est pas dépourvu de base légale.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A serait entré en France moins de deux ans avant l'arrêté contesté. S'il soutient qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public, qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation judiciaire et a un comportement exemplaire, l'intéressé n'apporte toutefois aucune précision sur ses conditions de séjour en France ni sur son éventuelle intégration sociale ou professionnelle. Il ne conteste pas être célibataire et sans charge de famille en France. Il ne soutient ni n'établit avoir des liens familiaux stables et intenses sur le territoire français et ne démontre pas être dépourvu de tout lien familial dans son pays d'origine, dans lequel il a vécu, selon ses déclarations, jusqu'à l'âge de vingt-huit ans. Il ne fait état d'aucun élément qui ferait obstacle à ce qu'il quitte le territoire français. Par suite les moyens tirés d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant ou de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent qu'être écartés.
6. Enfin, si M. A soutient avoir dû quitter son pays d'origine par force, il n'apporte aucune précision à cette affirmation et ne démontre pas qu'il encourrait des risques de traitements inhumains et dégradants dans son pays d'origine, alors que ses demandes d'asile ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2025.
La présidente,
Signé : C. C
La greffière,
Signé : N. Riellant
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026