LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2407551

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407551

mardi 25 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407551
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSERRE et BOULEBSOL AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Zennou, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'attestation de fin de prise en charge par l'aide sociale à l'enfance de Seine-et-Marne qui lui a été délivrée le 19 juin 2024 ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne de procéder au réexamen de sa demande d'aide provisoire " jeune majeur " dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne de la reprendre en charge et, à défaut, de lui assurer une solution d'hébergement et une prise en charge de ses besoins alimentaires et sanitaires adaptés à ses besoins en matière éducative, sociale, de santé, de logement, de formation, d'emploi et de ressources afin de lui permettre la poursuite de sa scolarité dans le délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne de mettre en place une prise en charge socioéducative adaptée à ses besoins en matière éducative, sociale, de santé, de logement, de formation, d'emploi et de ressources et d'élaborer un projet d'accès à l'autonomie ;

5°) de mettre à la charge de " l'Etat " la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, et à défaut à elle-même.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, est remplie dès lors que la décision attaquée la place dans une situation de grande précarité puisqu'elle se trouve démunie de logement et de ressources ainsi que d'une prise en charge socioéducative et est dans l'impossibilité de pouvoir subvenir à ses besoins primaires et de poursuivre ses études ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à l'éducation et à son droit ne pas subir des traitements inhumains et dégradants.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, présenté par Me Boulebsol, le président du conseil départemental de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la demande de Mme A ne présente pas de caractère d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative dès lors que l'intéressée s'est elle-même placée dans une situation d'urgence en s'abstenant de demander le renouvellement de son contrat " jeune majeur " ;

- aucune atteinte grave et manifestement illégale n'a été portée à une liberté fondamentale de Mme A dès lors que le comportement de cette dernière s'est dégradé au cours des derniers mois et a donné lieu à de nombreuses plaintes de la part des propriétaires de l'immeuble dans lequel elle vivait en raison d'importantes nuisances sonores et troubles à l'ordre public, ainsi qu'à l'alerte du service d'aide sociale à l'enfance à plusieurs reprises, que l'intéressée n'a pas entamé de démarches en vu d'obtenir le statut de réfugiée, qu'elle doit se voir remettre un titre de séjour le 27 juin 2024 et qu'elle dispose de moyens financiers pour se loger.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Billandon, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, Mme Billandon a lu son rapport et entendu les observations :

- de Me Zennou, pour Mme A, qui produit à la barre une pièce, remise contradictoirement au conseil du président du conseil départemental de Seine-et-Marne, et qui conclut aux mêmes fins que dans sa requête introductive d'instance ; elle soutient en outre que : Mme A s'est vu remettre un titre de séjour la veille ; elle est actuellement dépourvue d'hébergement et dort dans un " squatt " où elle est la seule femme ; elle se trouve sans ressources et sans soutien, souffre de problèmes de santé et n'a pas achevé sa scolarité ; les objectifs de son contrat " jeune majeur " ne sont pas atteints dès lors qu'elle n'est pas encore capable d'affronter le monde extérieur ; son comportement n'est pas un élément à prendre en compte pour l'obtention d'un contrat " jeune majeur " ; elle a présenté une demande de prolongation de son contrat par l'intermédiaire de sa référente de l'aide sociale à l'enfance ;

- les observations de Mme A qui produit à la barre le titre de séjour qui lui a été remis le 24 juin 2024, à savoir une carte de séjour temporaire d'un an mention " travailleur temporaire " valable jusqu'au 21 juin 2025 ; elle confirme qu'elle n'a pas présenté de demande personnelle écrite au président du conseil départemental de Seine-et-Marne en vue de la prolongation de son contrat " jeune majeur " et s'est bornée à manifester cette demande à sa référente de l'aide sociale à l'enfance ;

- les observations de Me Boulebsol pour le président du conseil départemental de Seine-et-Marne qui persiste dans ses observations écrites.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A ressortissante ivoirienne née en 2006, a été placée auprès de l'aide sociale à l'enfance de Seine-et-Marne par décision du 17 mai 2022 du juge des enfants près le tribunal judiciaire de Meaux. Le 19 mars 2024, date de sa majorité, elle a signé un contrat " jeune majeur " pour une durée de trois mois avec le président du conseil départemental de Seine-et-Marne. Le 19 juin 2024, les services de l'aide sociale à l'enfance de Seine-et-Marne lui ont délivré une attestation de fin de prise en charge. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette attestation de fin de prise en charge et d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne de procéder au réexamen de sa demande d'aide provisoire " jeune majeur ", de la reprendre en charge et, à défaut, de lui assurer une solution d'hébergement et une prise en charge de ses besoins alimentaires et sanitaires adaptés à ses besoins en matière éducative, sociale, de santé, de logement, de formation, d'emploi et de ressources afin de lui permettre la poursuite de sa scolarité et de mettre en place une prise en charge socioéducative adaptée à ses besoins en matière éducative, sociale, de santé, de logement, de formation, d'emploi et de ressources et d'élaborer un projet d'accès à l'autonomie.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

4. Aux termes de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () 5° Les majeurs âgés de moins de vingt et un ans () qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants, lorsqu'ils ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance avant leur majorité, () ". Et aux termes de l'article R. 221-2 du même code : " () S'agissant de mineurs émancipés ou de majeurs âgés de moins de vingt et un ans, le président du conseil départemental ne peut agir que sur demande des intéressés et lorsque ces derniers éprouvent des difficultés d'insertion sociale faute de ressources ou d'un soutien familial suffisants. ".

5. Pour établir l'existence d'une urgence particulière caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à très bref délai de la mesure d'injonction qu'elle demande, Mme A fait valoir qu'elle se trouve dépourvue de logement, de soutien, de ressources financières et présente des problèmes de santé alors que sa scolarité n'est pas achevée. Toutefois, il ressort des déclarations mêmes de l'intéressée à la barre que celle-ci n'a pas sollicité personnellement la prolongation de son contrat " jeune majeur " en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 221-2 du code de l'action sociale et des familles et qu'elle s'est ainsi placée elle-même dans la situation d'urgence qu'elle invoque. Dans ces circonstances, l'existence d'une situation d'urgence particulière, au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative justifiant que le juge des référés prenne une mesure dans le délai de quarante-huit heures, n'est pas caractérisée.

6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner si le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale de Mme A, il y a lieu de rejeter la requête dans son ensemble pour défaut d'urgence.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au président du conseil départemental de Seine-et-Marne.

Fait à Melun, le 25 juin 2024.

La juge des référés,

Signé : I. BillandonLa greffière,

Signé : S. Aubret

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions