vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407859 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET BARDON & DE FAY - BF2A |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Smaali, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, toutes mesures nécessaires à la sauvegarde de la sincérité du scrutin et de la libre expression du suffrage ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le maire de Meaux a refusé de lui de lui délivrer le récépissé de la déclaration de la liste des assesseurs ;
3°) d'enjoindre au maire de Meaux de lui délivrer le récépissé de la déclaration de la liste des assesseurs qu'elle a désignés ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Meaux une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soulève les moyens suivants :
- la condition de l'urgence est remplie, dès lors que la décision du 27 juin 2024 emporte refus de délivrance du récépissé de la déclaration de la liste des assesseurs pour le scrutin des élections législatives dont le premier tour aura lieu le 30 juin 2024 ;
- la décision du 27 juin 2024 emportant refus de délivrance du récépissé de la déclaration de la liste des assesseurs porte une atteinte grave et manifestement illégale à la sincérité du scrutin et à la libre expression du suffrage ;
- le refus opposé par le maire de Meaux porte atteinte au droit de la requérante, candidate aux élections législatives, de désigner librement ses assesseurs ;
- la décision du maire de Meaux est manifestement illégale, dès lors qu'elle méconnait l'article R. 46 du code électoral ; elle porte une atteinte manifestement grave et illégale dès lors qu'elle prive la requérante de la possibilité de disposer le jour scrutin de personnes désignées pour contrôler le déroulement des opérations électorales.
La requête a été communiquée à la commune de Meaux, représentée par le cabinet Bardon et De Fay, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pottier, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Aït Moussa, greffière d'audience, M. Pottier a lu son rapport, résumé les questions soulevés par le litige et entendu les observations de Me Smaali et Me De Fay, notamment sur les points suivants :
- l'interprétation de l'article R. 46 du code électoral, que Mme B interprète, à la différence de la commune de Meaux, comme ne donnant pas au maire le pouvoir de subordonner la délivrance d'un récépissé à Mme B à la condition que sa déclaration comporte la justification de la qualité d'électeur dans le département des personnes qu'elle désigne ;
- la compétence du juge des référés, compte tenu de la compétence du Conseil constitutionnel pour contrôler la régularité de l'élection des députés, que Mme B estime n'être pas exclusive, à la différence de la commune de Meaux, du contrôle du juge du référé liberté, en citant la décision du Conseil d'Etat du 9 juin 2021, n° 453237,
- l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à la sincérité du vote, que Mme B soutient être caractérisée, notamment en raison du fait que le défaut de délivrance concerne tous les bureaux de vote de la commune de Meaux où sont inscrit un tiers des électeurs du département, alors que Mme B est d'une sensibilité politique qui n'a accusé qu'un écart de 1000 voix avec le candidat du Rassemblement national aux dernières élections législatives, atteinte que la commune de Meaux estime en revanche non établie, en soulignant que la sincérité du vote est assurée par d'autres voies et n'est ainsi pas directement méconnue en l'espèce, et en ajoutant que la requérante s'est elle-même mise dans une situation d'urgence en attendant le dernier jour pour désigner des assesseurs.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Deux notes en délibéré présentées pour la commune de Meaux ont été enregistrées le
28 juin 2024 à 16h39 et à 17h40.
Trois notes en délibéré présentées pour Mme B ont été enregistrées le 28 juin 2024 à 16h52, à 17h12, et à 18h02.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le juge des référés peut, en cas d'urgence caractérisée, ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale.
2. Le juge des référés ne peut être régulièrement saisi d'une requête tendant à la mise en œuvre de l'une des procédures régies par le livre V du code de justice administrative que pour autant que le litige principal auquel se rattache ou est susceptible de se rattacher la mesure d'urgence qu'il lui est demandé de prescrire ressortit lui-même à la juridiction dont il relève.
3. D'une part, aux termes de l'article 59 de la Constitution : " Le Conseil constitutionnel statue, en cas de contestation, sur la régularité de l'élection des députés () ".
4. D'autre part, il résulte des dispositions combinées des articles L. 67 et R. 44 du code électoral que les candidats ont le droit de désigner un assesseur dans chaque bureau de vote en vue de contrôler les opérations électorales. Pour l'application de ces dispositions, qui constituent une garantie fondamentale du principe constitutionnel de sincérité du scrutin, et qui sont notamment applicables à l'élection des députés en cause en l'espèce, l'article R. 46 de ce même code dispose : " Les nom, prénoms, date et lieu de naissance et adresse des assesseurs et de leurs suppléants désignés par les candidats, binômes de candidats ou listes en présence, ainsi que l'indication du bureau de vote auquel ils sont affectés, sont notifiés au maire au plus tard à dix-huit heures le troisième jour précédant le scrutin. / Le maire délivre un récépissé de cette déclaration. Ce récépissé servira de titre et garantira les droits attachés à la qualité d'assesseur ou de suppléant. / () ".
5. La critique du refus du maire de délivrer le récépissé de la déclaration des assesseurs désignés par les candidats n'est pas détachable du contentieux des opérations électorales. Une contestation à leur sujet ne peut donc être formulée - sans préjudice des pouvoirs appartenant aux commissions de contrôle des opérations de vote instituées en application de l'article L. 85-1 du code électoral - qu'après le scrutin, devant le juge de l'élection. S'agissant des élections législatives, ce juge est le Conseil constitutionnel. Il en résulte qu'il n'appartient pas au juge administratif des référés de connaître d'une telle contestation, même par la voie du référé liberté. Toutefois, le juge des référés peut, avant le scrutin, faire usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative dans le cas où, en raison de circonstances particulières, apparaîtrait une illégalité grave et manifeste de nature à affecter la sincérité du vote.
6. En l'occurrence, d'une part, il résulte des dispositions de l'article R. 46 du code électoral citées au point 4 - sur lesquelles ne sauraient prévaloir les indications données par la circulaire ministérielle du 16 janvier 2020 - que le maire auquel est notifiée la déclaration des assesseurs désignés par les candidats est tenu d'en délivrer immédiatement récépissé, dès lors qu'elle est accompagnée de l'ensemble des informations prescrites par le premier alinéa de cet article. Il s'ensuit qu'en subordonnant la délivrance d'un tel récépissé à Mme B à la condition que sa déclaration comporte la justification de la qualité d'électeur dans le département des personnes qu'elle désigne pour être assesseurs, par la production de leur carte d'électeur ou d'une attestation de leur inscription sur les listes électorales, alors que la production de telles pièces n'est exigée par aucune disposition réglementaire, les services de la mairie de Meaux ont commis une erreur de droit. L'absence de délivrance immédiate de récépissé fondée sur un tel motif constitue une atteinte grave et manifestement illégale au droit de Mme B de désigner, en sa qualité de candidate à l'élection des députés, un assesseur dans chaque bureau de vote en vue de contrôler les opérations électorales.
7. Mais, d'autre part, si, comme il a été dit, le droit de désigner un assesseur dans chaque bureau de vote en vue de contrôler les opérations électorales constitue une garantie fondamentale du principe de sincérité du scrutin, la méconnaissance de ce droit n'est pas pour autant de nature à affecter directement, à elle seule, et avant même le déroulement du scrutin, la sincérité du vote, alors que le législateur et le pouvoir réglementaire ont prévu plusieurs autres garanties de la sincérité du vote qui ne sont pas contestées en l'espèce.
8. Ainsi, la demande présentée au juge des référés ne révèle, au cas d'espèce, l'existence d'aucune circonstance particulière faisant apparaître une illégalité grave et manifeste de nature à affecter la sincérité du vote justifiant qu'il fasse usage, avant le scrutin, des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de la requête de Mme B ne peuvent qu'être rejetées, de même que les conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à la commune de Meaux et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Le juge des référés
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026