mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407919 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MALLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, Madame B A, représentée par Me Mallet, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de la préfète du Val-de-Marne portant refus de délivrance d'une carte de résident en qualité de conjointe de réfugié ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de résident " vie privée et familiale " ou à tout le moins une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail et ce, dans le délai de huit jours à compter de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de manière définitive dans un délai de 15 jours et de lui délivrer à ce titre une autorisation provisoire avec autorisation de travail, et ce sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article 31 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle indique que, de nationalité guinéenne, elle est entrée en France le 4 juin 2022 munie d'un visa en qualité de conjointe de réfugié, au titre de la réunification familiale, qu'elle a déposé une demande de titre de séjour le 15 juin 2022 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, que sa demande a été clôturée le 14 avril 2023, qu'elle n'a eu connaissance de cette décision que le 12 juin 2023 en raison de ses difficultés avec l'outil informatique, que son compte sur la plateforme s'est trouvé bloqué ce qui l'a empêchée de déposer une nouvelle demande, qu'elle a saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne à plusieurs reprises sans recevoir de réponse, et qu'une décision implicite de rejet doit donc être considérée comme lui avoir été opposée.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle a déposé une demande de titre de séjour comme conjoint de réfugié, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est illégale car il n'a pas été répondu à sa demande de communication de ses motifs et qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressée étant convoquée le 12 juillet 2024 pour le dépôt de sa demande de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 28 juin 2024 sous le numéro 2407958, Madame A a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 10 juillet 2024, présenté son rapport en présence de Madame Nodin, greffière d'audience et entendu les observations de Me Rahmouni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu.
La requérante, dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Madame B A, ressortissante guinéenne née le 2 janvier 1990 à Pita, est entrée en France le 4 juin 2022 munie d'un visa en qualité de conjoint de réfugié délivré par les autorités consulaires françaises à Conakry. Son conjoint a été reconnu réfugié par la Cour nationale du droit d'asile le 14 novembre 2019. Elle a déposé le 15 juin 2022 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de carte de résident. Sa demande a été clôturée le 14 avril 2023 au motif qu'elle n'avait pas répondu à une demande de pièces complémentaires, soit son acte de naissance, formulée un mois plus tôt. Elle n'a pris connaissance de ces deux messages de la préfecture du Val-de-Marne que le 16 juin 2023. Elle a alors essayé de déposer une nouvelle demande, mais son compte s'est révélé bloqué sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, son visa étant expiré depuis plus de neuf mois. Elle a saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne de ses difficultés à plusieurs reprises mais n'a reçu aucune réponse. Elle a donc considéré qu'une décision implicite de rejet à sa demande lui avait été opposée par la préfète du Val-de-Marne, dont elle a demandé la communication des motifs le 3 mai 2024. Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, elle a demandé au tribunal d'annuler cette décision implicite de rejet et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, soit le 12 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne a convoqué Madame A pour qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision "
3. Ainsi qu'il a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué Madame A le 12 juillet 2024 à 9 heures pour qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête Madame A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les frais irrépétibles :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
5. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à celle-ci () ".
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à Me Mallet, conseil de Madame A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Madame A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à Me Mallet, conseil de Madame A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B A, à Me Mallet et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun le 16 juillet 2024.
Le juge des référés,La greffière
Signé : M. C : M. NODIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2407919
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026