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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2408118

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408118

jeudi 2 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408118
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, ressortissant turc, qui demandait qu'il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne d'analyser sa demande de titre de séjour déposée le 17 mai 2023. Le juge constate que le silence de l'administration pendant quatre mois a fait naître une décision implicite de rejet le 24 septembre 2023, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La demande est jugée dépourvue d'utilité et de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative, le requérant étant invité à contester cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir, éventuellement assorti d'un référé-suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Karimi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de faire une analyse de sa demande dans un délai de 3 mois après la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité turque, il a déposé une demande de titre de séjour en qualité de salarié le 17 mai 2023 et qu'il n'a reçu aucune réponse, malgré plusieurs relances du service, que la condition d'urgence est satisfaite car il remplit les conditions pour une admission exceptionnelle au séjour comme salarié et que la mesure sollicitée est donc utile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 M. A, ressortissant turc né le 1er janvier 1997 à Eleskirt, entré en France le

24 novembre 2017 pour y solliciter l'asile, a vu sa demande rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 17 octobre 2018. Une demande de réexamen de cette demande d'asile a également été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 25 août 2021. M. A n'a pas quitté le territoire après cette décision. Il a déposé le 17 mai 2023 en préfecture de

Seine-et-Marne une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié et n'a obtenu aucune réponse, malgré plusieurs relances auprès de ce service. Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative d'ordonner au préfet de Seine-et-Marne de " faire une analyse de sa demande ".

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3 Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code :

" La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de

quatre mois. () ".

5 Outre qu'il n'entre pas dans les compétences du juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à une autorité administrative de " faire une analyse " d'une demande de titre de séjour d'un étranger, le défaut de réponse du préfet de Seine-et-Marne dans un délai de quatre mois a fait naître, le

24 septembre 2023 une décision opposée à la demande d'admission exceptionnelle au séjour de M. A.

6 Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

7 Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de Seine-et-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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