mardi 30 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408333 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FALALA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2024, la SARL Sarah, représentée par Me Soublin, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension, d'une part, de la décision du préfet de la région Île-de-France de cesser d'orienter les personnes nécessitant un hébergement d'urgence vers la structure qu'elle exploite sous l'enseigne hôtel Balladin à Valenton et, d'autre part, de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne s'est engagée à retirer l'agrément dont elle bénéficie pour l'hébergement d'urgence, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;
2°) d'enjoindre à l'État de rétablir son agrément et de recourir à nouveau à l'hôtel qu'elle exploite pour l'accueil des personnes nécessitant un hébergement d'urgence, dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision contestée a engendré une baisse de son chiffre d'affaires de l'ordre de 80 à 90%, la plaçant dans une situation financière compromettant la poursuite de son activité ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige aux motifs que :
* s'agissant de la décision de cesser d'orienter les personnes nécessitant un hébergement d'urgence vers la structure qu'elle exploite, elle a été prise par une autorité incompétente, en l'occurrence le représentant de l'État dans la région Île-de-France, lequel ne peut imposer au service intégré d'accueil et d'orientation son choix en termes de structure d'hébergement d'urgence ;
* les décisions contestées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la création d'une nouvelle structure d'hébergement d'urgence sur le territoire de la commune de Valenton ne prive pas son hôtel d'utilité pour le SIAO 94 ;
* les décisions contestées sont entachées d'erreur de droit au regard des articles L. 631-11 et R. 631-12 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la création d'une nouvelle structure d'hébergement concurrente sur le territoire de la commune ne saurait fonder légalement le retrait de l'agrément prévu par ces dispositions.
Par un mémoire en défense commun, enregistré le 24 juillet 2024, le préfet de la région Île-de-France et la préfète du Val-de-Marne concluent au rejet de la requête.
Ils soutiennent que :
- les conclusions à fin de suspension des décisions en litige sont irrecevables car dirigées contre des décisions inexistantes ou ne faisant, en tout état de cause, pas grief ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à faire naître un doute sur la légalité des décisions attaquées.
Vu :
- la requête à fin d'annulation enregistrée sous le n° 2408321 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Keli, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :
- Me Lecoustumer, représentent la SARL Sarah, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- Me Gorse, représentant la préfète du Val-de-Marne et le préfet de la région Ile-de-France, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes motifs.
Par une ordonnance du 25 juillet 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 29 juillet 2024, à 17h.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Sarah exploite, sur le territoire de la commune de Valenton, un hôtel à l'enseigne Balladin. Par la présente requête, la SARL Sarah demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension, d'une part, de la décision du préfet de la région Île-de-France de cesser d'orienter les personnes nécessitant un hébergement d'urgence vers cette structure et, d'autre part, de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne s'est engagée à lui retirer l'agrément qui lui a été délivré sur le fondement des dispositions de l'article L. 631-11 du code de la construction et de l'habitation, révélées selon elle par un article paru dans le journal Le Parisien du 24 mai 2023 et par un courrier que lui a adressé la société Voyages Services Plus le 28 juillet 2023.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. L'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la décision de la préfète du Val-de-Marne :
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'État, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation, dans les conditions définies par la convention conclue avec le représentant de l'État dans le département prévue à l'article L. 345-2-4. () ". Aux termes de l'article L. 345-2-6 du même code : " Pour l'exercice de ses missions, le service intégré d'accueil et d'orientation peut passer des conventions avec : () 6o Les résidences hôtelières à vocation sociale prévues à l'article L. 631-11 du code de la construction et de l'habitation accueillant les personnes ou familles mentionnées au même premier alinéa de l'article L. 345-2-4 du présent code () ". L'article L. 631-11 du code de la construction et de l'habitation prévoit que les résidences à vocation sociale sont soumises à un agrément délivré par le représentant de l'État dans le département, dans les conditions fixées aux articles R. 631-9 et suivants du même code.
4. Il résulte de l'instruction que la SARL Sarah ne dispose pas d'un agrément délivré sur le fondement des dispositions de l'article L. 631-11 du code de la construction et de l'habitation. A supposer que l'article de presse paru dans le journal Le Parisien du 24 mai 2023 puisse être regardé, comme le soutient la requérante, comme révélant un engagement de la préfète du Val-de-Marne de procéder au retrait d'un agrément délivré à cette société, un tel engagement n'a pas, dans les circonstances de l'espèce, le caractère d'une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir. Par conséquent, les conclusions tendant à ce qu'il en soit prononcé la suspension doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne la décision du préfet de la région Île-de-France :
5. Aux termes de l'article L. 345-2-1 du code de l'action sociale et des familles : " En Île-de-France, un dispositif unique de veille sociale est mis en place à la demande et sous l'autorité du représentant de l'État dans la région ".
6. D'une part, il résulte de l'instruction, contrairement à ce que soutient l'État en défense, que les pièces produites par la requérante établissent bien l'existence d'une décision par laquelle l'administration a cessé d'orienter des personnes sans abri ou en détresse vers la structure hôtelière gérée par la société requérante. Il résulte explicitement des dispositions citées aux points 3 et 5 de la présente ordonnance que si le service d'accueil et d'orientation du Val-de-Marne est chargé de l'orientation des personnes sans abri ou en détresse vers les différentes structures disponibles, c'est le représentant de l'État dans la région Île-de-France qui a autorité sur le dispositif de veille sociale dans la région et peut, à ce titre, décider de cesser d'orienter les publics concernés vers une structure précise. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que les pièces qu'elle produit révèlent l'existence d'une décision par laquelle le préfet de la région Île-de-France a mis fin à l'orientation des personnes sans abri ou en détresse vers l'hôtel Balladin.
7. D'autre part, si la requérante soutient que cette décision serait entachée d'incompétence, d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit, aucun de ces moyens n'est, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute quant à sa légalité.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la SARL Sarah aux fins de suspension de l'exécution des décisions attaquées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 dudit code doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SARL Sarah est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL Sarah, à la préfère du Val-de-Marne et au préfet de la région Île-de-France.
Fait à Melun, le 30 juillet 2024.
Le juge des référés,
R. ALa greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026