mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408336 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | HABIBI ALAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juillet 2024, M. C A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision portant exécution d'office de l'arrêté du 22 mai 2022 ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il indique que, de nationalité algérienne, il est entré en France en 2019 muni d'un visa d'étudiant, que, le 22 mai 2022, le préfet de Police lui a notifié une obligation de quitter le territoire français, qu'il a eu un enfant le 15 septembre 2022 de sa relation avec une ressortissante française, qu'il a sollicité du préfet des Hauts-de-Seine un titre de séjour en qualité de parent d'enfant française, qu'il a bénéficié d'une première attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 4 mars 2024, qu'il a épousé la mère de son enfant le 25 mai 2024 et que, le 19 juin 2024, il a été placé en centre de rétention administrative en application de l'arrêté du 22 mai 2022.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il risque une reconduite dans son pays d'origine et que cette décision porte atteinte à son droit de mener à une vie privée et familiale normale dès lors qu'il est fondé à faire valoir une circonstance nouvelle depuis l'arrêté du 22 mai 2022 à savoir son mariage avec une ressortissante française et la naissance de son enfant.
La requête a été communiquée le 9 juillet 2024 au préfet de police de Paris.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 10 juillet 2024, tenue en présence de Madame Nodin, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de Me Matouandou Massengo, représentant M. A, requérant, présent, qui rappelle qu'il fait valoir des circonstances nouvelles depuis l'édiction de l'arrêté du 22 mai 2024 sur le fondement duquel il a été placé en rétention, car il est le père d'un enfant français, il a sollicité un titre de séjour et a bénéficié d'une attestation de prolongation d'instruction et que la décision de mise en œuvre de la reconduite porte une atteinte grave et manifeste illégale à son droit à mener une vie privée et familiale normale.
Le préfet de police de Paris n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant algérien né le 28 juillet 1993 à Kherrata (wilaya de Béjaïa) a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours prononcée par le préfet de police de Paris le 22 mai 2022, qui n'a pas été contestée. Il est le père, depuis le 15 septembre 2022, d'un enfant né de sa relation avec une ressortissante française, épousée le 25 mai 2024 en mairie de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), et a sollicité du préfet des Hauts-de-Seine le 28 septembre 2023 un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale ". Une attestation de prolongation d'instruction lui a été délivrée, valable jusqu'au 4 mars 2024, qui n'a toutefois pas été renouvelée et le couple réside dans un logement commun à Villeneuve-la-Garenne, 3 square Paul Claudel. M. A a été placé en rétention le 19 juin 2024 par le préfet des Hauts-de-Seine à la suite de son placement en garde à vue pour des faits de violences par conjoint, non poursuivis en raison d'une infraction insuffisamment caractérisée. Son placement en rétention a été prolongé par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine), confirmée par la cour d'appel de Versailles le 23 juin 2024, qui a relevé que l'intéressé avait déclaré être entré en France en 2019 après avoir vécu deux ans en Ukraine pour ses études, qu'il ne disposait pas de passeport et qu'il n'avait pas contesté son placement en rétention.
Sur l'office du juge des référés
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement. Enfin, la condition d'urgence s'apprécie à la date de la présente ordonnance.
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. ". Aux termes de l'article L. 614-6 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. ".
5. Il ressort de ces dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu organiser une procédure spéciale afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l'éloignement des étrangers, hors la décision refusant le séjour et les mesures d'expulsion, lorsque ces derniers sont placés en rétention ou assignés à résidence. Cette procédure est applicable quelle que soit la mesure d'éloignement, autre qu'un arrêté d'expulsion, en vue de l'exécution de laquelle le placement en rétention ou l'assignation à résidence ont été pris, y compris en l'absence de contestation de cette mesure. Il en résulte qu'il appartient à l'étranger qui entend contester une obligation de quitter le territoire français lorsqu'elle est accompagnée d'un placement en rétention administrative ou d'une mesure d'assignation à résidence, de saisir le juge administratif sur le fondement des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'une demande tendant à leur annulation, assortie le cas échéant de conclusions à fin d'injonction. Cette procédure particulière est exclusive de celles prévues par le livre V du code de justice administrative. Il n'en va autrement que dans le cas où les modalités selon lesquelles il est procédé à l'exécution d'une telle mesure relative à l'éloignement forcé d'un étranger emportent des effets qui, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure et après que le juge, saisi sur le fondement des articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a statué ou que le délai prévu pour le saisir a expiré, excèdent ceux qui
6. Enfin, il résulte du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le ressortissant étranger qui fait l'objet d'une décision administrative de placement en rétention, quel qu'en soit le motif, est recevable à la contester devant le juge des libertés de la détention, seul compétent pour apprécier la légalité de cette mesure privative de liberté dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
7. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit au point 1, que M. A s'est vu notifier le 22 mai 2022 un arrêté portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par suite, en application des dispositions précitées des articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il avait jusqu'au 8 juin 2022 pour introduire une requête à fin d'annulation d'une telle mesure d'éloignement, ce qu'il s'est abstenu de faire. Par la suite, le requérant a été placé en rétention par arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 19 juin 2024.
8. Ainsi qu'il a été dit au point 5, la requête en référé-liberté de M. A n'est recevable contre une mesure d'éloignement assortie d'un placement en rétention qu'à la condition que les modalités d'exécution de cette mesure d'éloignement emportent des effets qui excèdent ceux qui s'attachent normalement à sa mise à exécution en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait survenus depuis l'intervention de cette mesure. Pour justifier de ces changements de circonstances, M. A fait valoir qu'il est le conjoint d'une ressortissante française avec qui il a eu un enfant en septembre 2022 et que cette circonstance de droit ou de fait nouvelle est de nature à justifier la saisine du juge des référés en sauvegarde d'une liberté fondamentale.
9. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'exécution de la décision contestée soit envisagée dans un délai de quarante-huit heures, l'intéressé ne disposant pas de passeport et ne soutenant pas que les autorités consulaires algériennes, qui ont été saisies par les autorités françaises lui aient délivré un sauf-conduit.
10. Par suite, la condition d'extrême urgence de l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est pas satisfaite, M. A ne justifiant d'aucune circonstance caractérisant une situation d'urgence qui implique, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doit être prise dans les quarante-huit heures.
11. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées par le requérant, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il convient également de rejeter les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1erer : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A, au préfet de police de Paris et au préfet des Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Melun le 16 juillet 2024.
Le juge des référés,La greffière
Signé : M. B : M. NODIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2408378
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026